Marc 6, 44
Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Ceux qui avaient mangé les pains étaient au nombre de cinq mille hommes.
Détails qui ont tous pour fin de rehausser la grandeur du
miracle. 1° v. 42. Non seulement tous mangèrent, mais tous furent rassasiés. 2° v. 43. Après que chacun eût
mangé selon son appétit, les Apôtres, sur l’ordre de Jésus, Jean 6, 42, ramassèrent douze corbeilles pleines de
restes, c’est-à-dire plus de douze fois la quantité de pain qui avait servi de matière au prodige. 3° v. 44. Les
convives étaient au nombre de cinq mille ; sans compter les femmes et les enfants, ajoute S. Matthieu, Matth.
14, 22. « C’était là l’œuvre d’une puissance surabondante… Si Moïse donnait la manne, il n’en donnait à
chacun que le nécessaire… Elie nourrissant la veuve, ne lui donnait non plus que le nécessaire. Jésus seul,
comme Seigneur, agit d’une manière surabondante ». Théophylacte. Elisée pourtant, 2R 4, 42-44, avait opéré
un jour un miracle analogue à celui du Sauveur ; mais il avait eu vingt pains à sa disposition et seulement cent hommes à nourrir.
Notre-Seigneur, après avoir donné à cette multitude ce qui est le plus utile, la nourriture de la parole de Dieu, lui distribue aussi la nourriture corporelle, et l'Évangéliste commence ainsi le récit de ce miracle: «Et comme l'heure était déjà fort avancée, ses disciples s'approchèrent de lui, et lui dirent: Ce lieu est désert», etc.
L'Évangéliste nous donne ainsi à entendre que toute cette multitude fut distribuée par groupes; car dans le texte grec, cette expression, par troupes, par sociétés, se trouve répétée, comme s'il y avait: «Par groupes et par groupes.
Cette heure avancée c'était le soir et la nuit qui approchait, comme saint Luc le dit clairement ( Lc 9): «Le jour commençait à baisser».
L'homme a cinq sens extérieurs, et ces cinq mille hommes qui suivent le Seigneur représentent ceux qui, tout en vivant encore au milieu du monde, savent cependant faire un bon usage des choses extérieures.
Les divers groupes assis sur l'herbe sont la figure des diverses Eglises du monde, qui ne font entre elles qu'une seule Eglise catholique. Le nombre cinquante a ici une signification mystérieuse: il figure le repos du jubilé, et ce nombre cinquante se trouve répété pour former le nombre cent. Ils s'assoient donc par groupes de cinquante et de cent, et ils figurent ainsi le premier repos, qui consiste à s'abstenir du mal, et le repos plus complet est où l'âme jouira de la pleine connaissance de Dieu.
Dans saint Jean, c'est Philippe qui fait cette réponse ( Jn 6), saint Marc la place dans la bouche de tous les disciples, et veut nous faire entendre que Philippe l'avait faite au nom de tous les autres, quoiqu'il ait très-bien pu employer le pluriel pour le singulier, selon l'usage fréquent de la sainte Ecriture ( Lc 22). «Et il leur demanda: «Combien avez-vous de pains? Allez et voyez». Les autres Évangélistes n'ont point fait mention de cette dernière circonstance. «Et s'en étant instruits, ils vinrent lui dire: «Cinq pains et deux poissons». La réponse que saint Jean prête à André au sujet des cinq pains et des deux poissons, est attribuée à tous les disciples par les autres Évangélistes qui emploient le pluriel pour le singulier. - «Et il leur commanda de les faire tous asseoir», etc. Saint Luc rapporte qu'on les fit asseoir par groupes de cinquante; saint Marc, par groupes de cinquante et de cent, il n'y a en cela aucune contradiction, l'un n'a mentionné qu'une partie, et l'autre le tout. Celui qui parle, des groupes de cent, a suppléé à ce que l'autre avait omis.