Marc 6, 37
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Il leur répondit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répliquent : « Irons-nous dépenser le salaire de deux cents journées pour acheter des pains et leur donner à manger ? »
Les deux cents deniers, si on les prend pour monnaie romaine, font environ quatre-vingts francs (en 1900).
Donnez-leur vous-mêmes. « Vous » est emphatique. À quoi bon me donner ce conseil ? Vous, ne
pourriez-vous point trouver des aliments pour cette foule ? — Les voilà tout troublés par la réflexion de leur
Maître. Aussi répondent-ils avec une légère pointe d’ironie : Irons-nous donc acheter…? S. Marc et S. Jean
ont seuls conservé cette réponse des Douze, mais avec une divergence que les rationalistes se hâtent de
nommer contradiction. Saint Augustin expose en quelques mots là difficulté et la solution : « Le Sauveur
aurait jeté les yeux sur la multitude et dit à Philippe ce que nous lisons dans le seul texte de saint Jean. Quant
à la réponse que celui-ci prête à Philippe, saint Marc la présente comme ayant été faite par les disciples ;
pour faire entendre que cet Apôtre exprimait alors la pensée commune ; à moins que, comme il arrive très
fréquemment, les trois évangélistes n'aient employé le nombre pluriel pour le singulier ». [324] — Deux
cents deniers. Le denier était, comme l’on sait, la plus petite monnaie d’argent des Romains : il servait
souvent d’unité quand on avait à supputer une somme. Il avait cours dans toute la Palestine. Sa valeur
correspondait environ au coût d’une journée de travail.
Voyez le progrès des disciples dans l'amour du prochain; pleins de compassion pour cette multitude, ils s'approchent de Jésus et le prient de venir à son secours; mais le Sauveur veut les éprouver et savoir par expérience s'ils lui reconnaissent une assez grande puissance pour nourrir un si grand nombre de personnes: «Et il leur répondit: Donnez-leur vous-mêmes à manger».
L'observation que les disciples font au Sauveur, suppose qu'il ignorait la quantité de pain nécessaire pour nourrir une si grande multitude, et ils lui répondent avec une espèce de trouble: «Irons-nous donc acheter pour deux cents deniers de pain, afin de leur donner à manger».
Il presse les Apôtres de leur donner à manger, afin que l'aveu qu'ils feront de leur impuissance, rende plus éclatant le miracle qu'il doit opérer.