Marc 4, 25
Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Car celui qui a, on lui donnera ; celui qui n’a pas, on lui enlèvera même ce qu’il a. »
Quatrième proverbe, qui appuie et développe le troisième de même que le second (v. 22) avait
prouvé et expliqué le premier (v. 21). Sa signification est claire, et justifiée par mille faits d’expérience
journalière. Voyez l’explication du premier Évangile, Matth. 13, 12. Ajoutons une réflexion très juste du
P. Patrizi : « Quand on applique des proverbes à la chose dont on parle, pour répondre à des besoins
d’enjolivement ou de rhétorique plutôt que pour la rendre plus certaine et plus indubitable, il ne faut pas
exiger une traduction littérale, mais se contenter d’un sens général qui correspond à cette chose » [253].
D’après cette règle, voici quel nous semblerait être le sens spécial du proverbe dans notre verset : Quiconque
est attentif croît chaque jour dans la connaissance des divins mystères et devient plus capable de la
communiquer aux autres ; celui qui est inattentif oublie tout, car il perd bientôt le peu qu’il possédait. Avis
aux prêtres qui seraient tentés de négliger l’étude de la parole de Dieu et de la théologie.
Afin de ne perdre aucune des paroles que je vous ai dites: «On emploiera à votre égard la même mesure dont vous vous serez servis vous-mêmes»; c'est-à-dire le fruit que produiront en vous mes paroles sera proportionné à l'application que vous aurez mise à les entendre.
Tous les actes de notre vie passée, soit bons, soit mauvais, arrivent à la connaissance du public dans le temps présent, à plus forte raison dans la vie future. Quoi de plus caché que Dieu? et cependant il s'est manifesté lui-même dans notre nature humaine.
Que celui qui a reçu l'intelligence de la parole de Dieu ne se dérobe pas à l'accomplissement de son devoir; mais qu'au lieu d'appliquer son esprit à l'étude des choses frivoles, il médite sérieusement l'enseignement de la vérité, qu'il applique ses mains à la mettre en pratique dans ses oeuvres, et sa langue à la publier par la prédication.
Ou bien encore, si vous vous appliquez à pratiquer dans toute son étendue le bien qui dépend de vous, et à en inspirer l'amour aux autres, la miséricorde divine vous donnera ici-bas une intelligence plus grande des vérités les plus hautes et une charité plus ardente pour accomplir des oeuvres plus parfaites, et dans la vie future il y ajoutera les récompenses éternelles; c'est ce que signifient ces paroles: «Et on vous le donnera par surcroît.
Il n'est pas rare de voir un esprit subtil et pénétrant perdre par sa négligence une science qu'un autre, doué d'une nature moins vive, mais appliquée, acquiert par son travail.
Ou bien autrement, l'intelligence des mystères est départie à chacun selon la mesure de sa foi, et au don d'intelligence vient se joindre celui des vertus. «A celui qui a, on donnera encore»; c'est-à-dire s'il a la foi, il recevra la vertu; s'il exerce le ministère de la parole, il recevra l'intelligence des mystères. Au contraire, celui qui n'a pas la foi n'aura point non plus la vertu; et s'il n'exerce pas le ministère de la prédication, il n'aura pas l'intelligence du mystère; et celui qui n'en a pas l'intelligence, bientôt cessera même d'entendre.
Ou bien encore: «Rien de ce qui est caché», etc., c'est-à-dire si notre vie se passe dans la pratique d'une sainte vigilance, aucune accusation ne pourra obscurcir notre lumière.
Ou bien autrement encore, on donnera à celui qui a le désir et la volonté d'entendre et de demander, mais celui qui n'a pas ce désir d'entendre la parole divine, se verra enlever le peu qu'il pouvait posséder de la loi écrite.
On peut dire que cet homme ne possède rien, parce qu'il ne possède pas la vérité. Le Sauveur dit cependant qu'il possède quelque chose, car celui dont l'intelligence est pleine d'erreurs s'imagine faussement posséder quelque chose.