Marc 14, 62
Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
Jésus lui dit : « Je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme siéger à la droite du Tout-Puissant, et venir parmi les nuées du ciel. »
Je le suis, répond clairement Jésus. Oui,
je suis le Messie, le Fils de Dieu. Autrefois, il avait accepté la parole enflammée de saint Pierre : « Tu es le
Christ fils du Dieu vivant », Matth. 16, 46 ; naguère encore, Marc 11, 9, 10, il agréait comme un hommage
légitime les Hosanna du peuple : mais ici il y a quelque chose de plus. C’est lui-même qui proclame bien
haut, devant l’autorité suprême des Juifs en fait de religion, en réponse à une question officielle, son
caractère messianique et sa divine filiation. Écoutons-le, adorons-le ! — Et vous verrez le Fils de l’homme…
Le Sauveur complète et confirme son Je le suis de tout à l’heure. L’avenir, dit-il à ses juges, vous montrera
que j’ai parlé selon la vérité. Maintenant, je vous apparais sous un extérieur humilié, comme Fils de
l’homme ; mais un jour vous me verrez trôner comme Fils de Dieu à la droite de mon Père. Ainsi donc, Jésus
ne revendique pas seulement la dignité messianique : il promet d’en exercer les fonctions. Voyez
l’explication détaillée de ces paroles dans l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 26, 59.
C'est-à-dire, vous me verrez comme le Fils de l'homme assis à la droite du Père, car ici la puissance signifie le Père. Or le Fils de l'homme ne viendra point sans son corps, mais il apparaîtra au jour du jugement tel qu'il est apparu à ceux qui l'ont crucifié. Si donc, qui que vous soyez, païen, juif ou hérétique, le mépris, l'infirmité et la croix vous paraissent outrageantes pour le Sauveur, rappelez-vous que c'est par là que le Fils de l'homme s'est élevé jusqu'à la droite du Père, et qu'il redescendra dans sa Majesté sur les nuées du ciel.
Ils attendaient pour un avenir éloigné celui qu'ils ne voyaient point si près d'eux; de même qu'Isaac, dont les yeux obscurcis ne reconnaissaient point Jacob, que ses mains touchaient ( Gn 27, 23), tout en lui annonçant pour l'avenir de magnifiques destinées: «Jésus lui répondit: Je le suis», afin de leur ôter toute excuse.
Le grand-prêtre lui demande s'il est le Fils de Dieu; Jésus répond qu'il est le Fils de l'homme, pour nous faire comprendre que le Fils de Dieu et le Fils de l'homme sont une seule et même personne, et afin que nous ne soyons pas tentés de faire de la Trinité une quaternité, mais que nous admettions que l'homme est en Dieu et Dieu en l'homme, Jésus dit: «Assis à la droite de la puissance», c'est-à-dire, régnant au sein d'une vie éternelle et d'une puissance toute divine: «Et venant sur les nuées au ciel» il est monté au ciel sur une nuée, il en redescendra sur une nuée, c'est-à-dire, qu'il est monté au ciel revêtu de ce corps qu'il avait pris dans le sein de la Vierge, et qu'il viendra juger le monde avec l'Eglise, qui est son corps, sa plénitude, et qui est si variée dans ses membres.