Marc 14, 61

Mais lui gardait le silence et ne répondait rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »

Mais lui gardait le silence et ne répondait rien. Le grand prêtre l’interrogea de nouveau : « Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? »
Catéchisme de l'Église catholique
Si Pierre a pu reconnaître le caractère transcendant de la filiation divine de Jésus Messie, c’est que celui-ci l’a nettement laissé entendre. Devant le Sanhédrin, à la demande de ses accusateurs : " Tu es donc le Fils de Dieu ", Jésus a répondu : " Vous le dites bien, je le suis " (Lc 22, 70 ; cf. Mt 26, 64 ; Mc 14, 61). Bien avant déjà, Il s’est désigné comme " le Fils " qui connaît le Père (cf. Mt 11, 27 ; 21, 37-38), qui est distinct des " serviteurs " que Dieu a auparavant envoyés à son peuple (cf. Mt 21, 34-36), supérieur aux anges eux-mêmes (cf. Mt 24, 36). Il a distingué sa filiation de celle de ses disciples en ne disant jamais " notre Père " (cf. Mt 5, 48 ; 6, 8 ; 7, 21 ; Lc 11, 13) sauf pour leur ordonner " vous donc priez ainsi : Notre Père " (Mt 6, 9) ; et il a souligné cette distinction : " Mon Père et votre Père " (Jn 20, 17).
Louis-Claude Fillion
Jésus se taisait, et il ne répondit rien. C’est là une des répétitions emphatiques et pittoresques qui sont à l’ordre au jour dans le second Évangile. Cf. Préface, § 7. Le silence du Sauveur a inspiré à saint Jérôme une belle réflexion : « Le Christ qui se tait, dit-il, absout Adam qui s’excuse ». Cf. Gn 3, 10 et ss. Qu’importe du reste aux bourreaux, dit quelque part Tacite, la défense de leur victime ? — Le grand prêtre l’interrogea de nouveau. La première question ayant été rendue vaine par le silence inattendu de l’accusé, Caïphe lui en adressa brusquement une autre : Es-tu le Christ, le Fils du Dieu béni ? Cette fois, la demande était posée sur un terrain brûlant, et le souverain-prêtre, comme nous le voyons par le récit de S. Matthieu, Matth. 26, 63, avait pris ses précautions pour qu’elle ne demeurât pas sans réponse ; il l’avait introduite en effet par une formule solennelle qui devait forcer Jésus de prendre la parole : « Je t’adjure, par le Dieu vivant, de nous dire… » L’épithète béni est propre à S. Marc. Le substantif Dieu manque dans le texte grec, où on lit simplement : « le fils du Béni par excellence ». Les Rabbins emploient de la même manière l’expression הברוך.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il se taisait, parce qu'il savait bien qu'ils ne tiendraient aucun compte de ses paroles; c'est l'observation qu'il leur fait d'après le récit de saint Luc: «Si je vous le dis, vous ne me croirez point». - «Le grand-prêtre l'interrogea de nouveau et lui dit: Etes-vous le Christ, le Fils du Dieu béni ?»Le grand-prêtre lui fait cette question, non pour s'instruire et croire, mais pour saisir dans la réponse du Sauveur matière à condamnation. Il lui demande: «Etes-vous le Christ, le Fils du Dieu béni ?» Il y avait beaucoup de christs, c'est-à-dire de personnes qui avaient reçu l'onction, comme les rois et les grands-prêtres, mais aucun d'eux n'était appelé: «Le Fils du Dieu béni», du Dieu loué à jamais.
Saint Jérôme
Mais le Dieu Sauveur qui a sauvé le monde et si puissamment secouru le genre humain par sa bonté, se laisse conduire sans dire un mot, comme une brebis que l'on conduit à la boucherie ( Is 53, 7; Ac 8, 22). «Il se tient en silence et ne dit pas le bien qu'il pouvait répondre» ( Ps 37, 3). «Mais Jésus se taisait et ne répondait rien». Le silence de Jésus expie la défense, c'est-à-dire l'excuse coupable d'Adam.