Marc 14, 47

Or un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.

Or un de ceux qui étaient là tira son épée, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l’oreille.
Louis-Claude Fillion
Ces versets racontent le fait même de l’arrestation du Sauveur et une tentative isolée de l’un des disciples pour délivrer Jésus. — Ils mirent les mains sur Jésus. Cette formule indique des procédés violents, qui étaient d’ailleurs parfaitement dans les mœurs des hommes qu’on avait donnés pour séides à Judas. On comprend qu’en voyant ces mains brutales saisir le corps sacré de son Maître bien-aimé, saint Pierre, car c’est lui qui est désigné par les mots Un de ceux qui étaient présents (cf. Jean 18, 10), n’ait pu réprimer un mouvement d’indignation, et qu’au risque de tout perdre en voulant tout sauver, il ait blessé d’un coup d’épée le serviteur du grand-prêtre qui accompagnait Judas.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Marc tait le nom de Pierre, pour ne point paraître louer son maître d'avoir déployé cette ardeur pour Jésus-Christ. Par cette action, Pierre condamne indirectement la désobéissance et l'incrédulité des Juifs, et leur mépris pour les Écritures; car s'ils avaient eu les oreilles ouvertes et dociles aux enseignements de l'Ecriture, ils n'auraient point crucifié le Seigneur de la gloire. Pierre coupe l'oreille du serviteur du grand-prêtre, car les princes des prêtres étaient les premiers à transgresser les Écritures, comme s'ils ne les avaient jamais entendues.
Saint Bède le Vénérable
En effet, il était jeune alors, comme le prouve la longue vie qu'il vécut sur la terre, après la mort de Jésus. On peut donc très-bien supposer qu'il s'échappa pour un moment des mains de ceux qui le tenaient, et qu'il revint ensuite après avoir repris son vêtement, et qu'à la lumière douteuse de la nuit, il se mêla à la troupe de ceux qui emmenaient Notre-Seigneur, comme s'il en eût fait partie lui-même jusqu'à ce qu'on fût arrivé dans la cour du grand-prêtre, comme il le raconte lui-même dans son Évangile. Pierre, qui lave dans les larmes de la pénitence la faute de son renoncement, enseigne à ceux qui ont faibli dans l'épreuve du martyre, comment ils doivent se relever; ainsi les autres disciples qui s'enfuirent au moment de l'arrestation de leur divin Maître, apprennent à ceux qui ne se sentent pas assez forts pour affronter les supplices, à chercher prudemment leur salut dans la fuite.