Marc 14, 34

Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »

Il leur dit : « Mon âme est triste à mourir. Restez ici et veillez. »
Pape Francois
45. L’Évangile ne cache pas les sentiments de Jésus à l’égard de Jérusalem, la ville bien-aimée : « Quand Il fut proche, à la vue de la ville, Il pleura sur elle » (Lc 19, 41) et exprima son plus grand regret : « Si en ce jour tu avais compris, toi aussi, le message de paix ! » (19, 42). Les évangélistes, tout en le montrant parfois puissant ou glorieux, ne manquent pas de révéler ses sentiments face à la mort et à la souffrance des amis. Avant de raconter que « Jésus pleura » (Jn 11, 35) sur le tombeau de Lazare, l’Évangile explique qu’« Il aimait Marthe et sa sœur et Lazare » (Jn 11, 5) et que, voyant Marie et ses compagnes pleurer, « Il frémit en son esprit et se troubla » (Jn 11, 33). Le récit ne laisse aucun doute sur le fait qu’il s’agit de pleurs sincères provenant d’un trouble intérieur. Enfin, l’angoisse de Jésus face à sa mort violente de la main de ceux qu’Il aime tant n’est pas non plus cachée : « Il commença à ressentir effroi et angoisse » (Mc 14, 33), au point de dire : « Mon âme est triste à en mourir » (Mc 14, 34). Ce trouble intérieur s’exprime avec toute sa force dans le cri du Crucifié : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mc 15, 34).
Louis-Claude Fillion
Mon âme est triste… « Je ne crains point de vous assurer qu’il y avait assez de douleur pour lui donner le coup de la mort… La seule douleur de nos crimes suffisait pour… épuiser sans ressource les forces du corps, en renverser l’économie, et rompre enfin tous les liens qui retiennent l’âme. Il serait donc mort, il serait mort très certainement par le seul effort de cette douleur, si une puissance divine ne l’eût soutenu pour le réserver à d’autres supplices » [531]. — Demeurez ici, et veillez. S. Matthieu ajouté « avec moi ». Peut-être avons-nous ici la seule requête personnelle que Jésus ait jamais adressée à ses amis. Hélas ! elle ne fut pas exaucée, comme nous l’apprend la suite du récit.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Notre-Seigneur avait coutume de se retirer seul pour prier, et il nous apprend ainsi à chercher le silence et la solitude lorsque nous devons prier: «Et il prit avec lui Pierre, Jacques et Jean». Il prend seulement avec lui les trois disciples qui ont été témoins de sa gloire sur le Thabor, pour associer à ses tristesses ceux qu'il avait associés à sa gloire, et que ces tristesses mêmes fussent pour eux une preuve de la vérité de son humanité: «Et il commença à se troubler et à être accablé d'ennui». Par là même qu'il avait pris l'humanité tout entière, il en avait pris toutes les passions, la crainte, l'ennui, la tristesse, car les hommes ont un éloignement naturel pour la mort: «Et il leur dit: Mon âme est triste jusqu'à la mort».