Marc 13, 32
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.
Quant à ce jour et à cette heure-là, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père.
Depuis l’Ascension, l’avènement du Christ dans la gloire est imminent (cf. Ap 22, 20) même s’il ne nous " appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa seule autorité " (Ac 1, 7 ; cf. Mc 13, 32). Cet avènement eschatologique peut s’accomplir à tout moment (cf. Mt 24, 44 ; 1 Th 5, 2) même s’il est " retenu ", lui et l’épreuve finale qui le précédera (cf. 2 Th 2, 3-12).
Le Fils de Dieu ignore ce jour, non selon sa divinité, qui connaît tout, mais selon son humanité, qui ne le connaît pas par elle-même, c’est-à-dire par ses propres lumières, mais par la seule révélation que lui en fait la divinité, laquelle lui est intimement unie.
Quant à ce jour ou à cette heure. C’est-à-dire l’époque précise de la fin du
monde. Après avoir affirmé d’une manière générale que personne ici-bas ne connaît ce jour et cette heure
terribles, nul ne sait rien, Jésus spécifie davantage, et signale deux sortes d’êtres qui, par suite de leur nature
sublime et de leurs rapports intimes avec Dieu, sembleraient devoir posséder sur ce point des connaissances
particulières : ce sont, d’un côté, les anges dans le ciel, de l’autre, le Fils de l’homme, le Messie. Or, des
Anges et du Fils de l’homme il assure qu’eux aussi ils ignorent le jour et l’heure du jugement dernier. On
conçoit que les mots ni le Fils, propres à S. Marc, aient créé quelque difficulté au point de vue théologique.
Les hérétiques anciens et modernes (autrefois les Ariens et les « Agnoetæ », aujourd’hui les protestants) en
ont abusé pour imposer à la science du Christ des limites plus ou moins étroites. Mais il y a longtemps que
les Pères, par des distinctions aussi claires que solides, en ont indiqué le véritable sens. Citons quelques-unes
de leurs paroles : « Comment le Fils peut-il ne pas savoir ce que sait le Père, puisque le Fils est dans le Père ?
Mais dans un autre endroit, il montre pourquoi il ne veut pas le dire » (Ac 1.7) [498]. De même saint
Augustin, Discours sur les psaumes, 36, 1 : « Notre-Seigneur Jésus-Christ, envoyé pour nous instruire, a dit
que le Fils de l’homme lui-même ne connaît point ce jour, parce qu’il n’était point dans ses attributions de
nous le faire connaître. Le Père, en effet, ne sait rien que le Fils ne sache également, puisque la science du
Père est identique à sa sagesse, et que sa sagesse est son Fils, son Verbe. Mais comme il n’était pas utile pour
nous de connaître ce que connaissait fort bien celui qui était venu nous instruire, sans nous apprendre ce qu’il
ne nous était pas avantageux de savoir : alors, non-seulement c’est en qualité de maître qu’il nous a donné
certains enseignements, mais encore en qualité de maître qu’il nous en a refusé d’autres. ». Cf. saint Augustin
[499], saint Hilaire [500] et les commentaires de Jansenius, de Maldonat, de Patrizi, h. l. Nous citerons
encore l’excellente interprétation de Fr. Luc : « Il dit que c’est le Fils de l’homme, c’est-à-dire lui en tant
qu’homme, qui ne sait pas, non absolument parlant, mais d’une manière qui lui est propre… Dieu ne révèle à
aucune créature ce jour qu’il est impossible à aucune créature de découvrir. Mais l’âme du Christ, bien
qu’elle soit une créature, le voit dans la nature de Dieu à laquelle elle est unie. Car, que le Christ fils
d’homme soit aussi fils de Dieu, c’est une chose qui lui est propre, et qui n’est le partage d’aucune créature.
Et c’est du seul fait que le Fils de l’homme est uni au Fils de Dieu qu’il sait qu’il ignorera, comme les autres
créatures, certaines choses, même les plus subtiles… C’est dans ce sens que Grégoire dit que le Christ a
connu ce jour dans la nature humaine, mais pas par la nature humaine » [501]. Voyez aussi Bossuet [502]. —
Mais le Père seul. « Par ce secret impénétrable, dit fort bien D. Calmet, Jésus veut nous contenir dans une
vigilance et une attention continuelles, et réprimer en nous la vaine curiosité et les recherches inutiles au
salut ».
Le Seigneur veut détourner ses disciples de le questionner sur le jour et l'heure où ces choses arriveront: «Quant à ce jour et à cette heure, leur dit-il, nul ne les sait, ni les auges qui sont dans le ciel, ni le Fils, mais le Père seul». S'il leur avait dit, je le sais, mais je ne veux pas vous le découvrir, il les aurait singulièrement attristés; il agit donc plus sagement, il éloigne leur esprit de toute question de ce genre, et il échappe à toutes leurs difficultés on leur disant: «Ni les anges ne le savent, ni moi-même».