Marc 13, 13

Vous serez détestés de tous à cause de mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.

Vous serez détestés de tous à cause de mon nom. Mais celui qui aura persévéré jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé.
Fulcran Vigouroux
Ce n’est pas tant la peine qui fait le martyr, mais la cause pour laquelle il souffre (saint Augustin).
Louis-Claude Fillion
Vous serez haïs de tout le monde… Ces paroles résument le sort des chrétiens aux deux grandes époques de crise prophétisées par Jésus : ils seront de la part de tous ceux qui ne partageront par leur foi, amis et ennemis, l’objet d’une profonde inimitié. — Mais celui qui persévérera… Conclusion de ce premier tableau. De toutes parts, soit avant la ruine de Jérusalem, soit avant la fin du monde, il surgira pour les disciples du Christ des dangers redoutables, qui menaceront leur salut éternel. Que faire pour ne pas succomber ? Une seule chose, tenir ferme, persévérer jusqu’au bout. Le verbe grec traduit ici par persévérera, cf. Matth. 24, 13, est très expressif : il signifie littéralement « je reste dessous », et suppose qu’on demeure debout malgré toute sorte de difficultés provenant du dehors. On ne le rencontre que trois fois dans les Évangiles. — Celui qui est emphatique : Celui-là et pas un autre.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il leur prédit encore quelque chose de plus cruel, c'est que leurs proches deviendraient leurs propres persécuteurs: «Le frère livrera son frère à la mort, et le père son fils», etc.

C'est avec dessein que Notre-Soigneur parle tout d'abord de ce que les Apôtres devaient souffrir, il veut leur faire trouver quelque consolation à leurs épreuves personnelles dans les souffrances et les tribulations qui seront communes à tous les autres. «Et vous serez conduits devant les gouverneurs et devant les rois», etc. Ces rois et ces gouverneurs, c'est Agrippa, Néron, Hérode ( Ac 15; 12). Ces paroles: «Vous serez conduits devant les rois et les gouverneurs à cause de moi», étaient d'une grande consolation pour les Apôtres, puisque c'était pour Jésus-Christ lui-même qu'ils devaient souffrir. Il ajoute: «Pour me rendre témoignage devant eux», ou, si l'on veut, en témoignage contre eux, c'est-à-dire, qu'ils seront inexcusables de ne s'être point rendus à la vérité malgré les travaux des Apôtres». Cependant qu'ils se gardent de croire que ces tribulations et ces dangers seront un obstacle à la prédication des Apôtres: «Car, ajoute-t-il, il faut d'abord que l'Évangile soit prêché à toutes les nations», etc.

En leur annonçant ce danger, le Sauveur veut les préparer à supporter patiemment ce nouveau genre de persécutions et d'épreuves. Selon sa coutume, il joint à cette prédiction une vérité consolante: «Et vous serez haï de tout le monde à cause de mon nom». Etre un objet de haine à cause de Jésus-Christ, c'est là un motif suffisant pour nous de souffrir patiemment les persécutions (car ce n'est point la souffrance, mais la cause pour laquelle on souffre qui fait le martyr). Enfin, rien de plus consolant au milieu des persécutions que ce que le Sauveur ajouta: «Celui qui aura persévéré jusqu'à la fin sera sauvé».
La Glose
Une autre préoccupation pouvait naître dans l'esprit des disciples. Jésus leur avait prédit qu'ils seraient conduits devant les rois et les gouverneurs; ils pouvaient donc se demander, si dépourvus qu'ils étaient de science et d'éloquence, ils ne seraient pas dans l'impossibilité de répondre; le Seigneur les rassure donc en leur disant: «Et lorsque vous serez conduits», etc.
Saint Bède le Vénérable
Lorsque nous sommes traduits devant les juges pour la cause de Jésus-Christ, il nous suffit d'offrir notre volonté pour lui. Jésus-Christ qui habite en nous parlera pour nous, et la grâce du Saint-Esprit nous dictera la réponse que nous devons faire, «car ce n'est pas vous qui parlez, mais l'Esprit saint».

C'est ce que nous avons vu souvent dans les persécutions, et des coeurs divisés sur le point de la foi ne peuvent être unis par une affection véritable et sûre.

Notre-Seigneur fait ici connaître la justice des châtiments effroyables qui devaient fondre sur la Judée: «Prenez bien garde à vous, car on vous fera comparaître dans les assemblées des juges, vous serez fouettés de verges dans les synagogues».En effet, la cause principale de la ruine du peuple juif, c'est que non content d'avoir mis à mort le Sauveur, il poursuivit avec une cruauté impie les prédicateurs de son nom et de sa foi.

Les monuments historiques attestent à l'envi l'accomplissement de cette prédiction. Nous y lisons que tous les Apôtres, peu de temps avant la ruine de la Judée, se répandirent dans tout l'univers pour y prêcher l'Évangile, à l'exception de Jacques, fils de Zébédée, et de Jacques, frère du Seigneur, qui avaient déjà versé leur sang dans la Judée pour la parole du Seigneur. Le Seigneur savait que le coeur de ses disciples serait contristé de la destruction et de la ruine de leur nation, il veut donc leur donner cette consolation, en leur apprenant qu'au défaut des Juifs qu'il rejetait, ils auraient d'autres compagnons de la gloire et du royaume des cieux, et qu'il se choisirait parmi toutes les nations un plus grand nombre d'élus que la ruine de la Judée n'en ferait perdre.
Saint Augustin
Saint Matthieu ajoute: «Et alors viendra la consommation»; mais l'expression de saint Marc: «Il faut d'abord», a la même signification.