Marc 12, 4

De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.

De nouveau, il leur envoya un autre serviteur ; et celui-là, ils l’assommèrent et l’humilièrent.
Louis-Claude Fillion
Il leur envoya de nouveau… D’après le premier Évangile, le maître de la vigne envoya successivement deux groupes de nombreux serviteurs. Cf. Matth. 21, 34, 36. Suivant le récit de S. Marc et de S. Luc, les ambassades furent plus fréquentes et se composèrent seulement de serviteurs isolés, qui vinrent l’un après l’autre réclamer aux vignerons la part du propriétaire. Cette description est a la fois plus pittoresque, plus naturelle et plus conforme à la réalité des faits. — Ils le blessèrent à la tête. L’expression grecque ainsi traduite par la Vulgate a donné lieu à une discussion assez vive entre les exégètes, qui aujourd’hui même ne peuvent s’accorder pour en fixer le véritable sens. La difficulté vient de ce que le verbe grec a, chez les classiques et même dans les livres grecs de l’Ancien Testament, la signification bien arrêtée de « j’additionne, je résume à grands traits » [480], et nulle part celle que lui attribue notre version latine. Aussi, les anciens commentateurs grecs l’interprètent-ils autrement que la Vulgate. Théophylacte en donne cette paraphrase : « Il lui infligèrent toutes sortes d’affronts qu’ils poussèrent à l’extrême », admise avec de légères modifications par plusieurs exégètes contemporains. Voyez les savantes notes de Fritzsche et de M. Schegg, h. l. Néanmoins, nous n’hésitons pas à accepter avec la plupart des interprètes des temps modernes la traduction de la Vulgate. Elle a en sa faveur : 1° plusieurs versions antiques, telles que l’arabe, l’arménien (le syriaque, עלף, « il frappa, blessa », s’en écarte à peine) ; 2° plusieurs analogies frappantes que Kuinoel a fort bien résumées. S. Marc aura donc employé ce verbe dans un sens extraordinaire, mais facile à découvrir. — La Vulgate n’a pas tenu compte du participe « frappant avec des pierres » qu’on lit dans la Recepta immédiatement avant « blessèrent » ; mais ce mot, qui manque aussi dans les manuscrits B, D, L, Δ, Sinaït., dans l’Itala et d’autres versions, pourrait bien être apocryphe.