Marc 12, 37
David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.
David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir.
Comment donc est-il son fils ? M. Renan ose
affirmer que Notre-Seigneur Jésus-Christ, par cette argumentation, répudie pour ce qui le concerne toute
prétention à une origine davidienne. Un autre rationaliste, M. Colani, a été ou plus clairvoyant, ou plus
sincère, quand il a dit : « Ce raisonnement de Jésus n’est pas un argument frivole et des plus subtils, destiné à
jeter les Scribes à leur tour dans l’embarras, comme ils ont essayé de l’y jeter à plusieurs reprises. Ce n’est
pas un tour de sophiste. S’appuyant sur un passage d’un psaume, qu’il interprète comme les Scribes
eux-mêmes, il déclare que le Messie doit être infiniment plus grand qu’un David, qu’un roi temporel » [487].
En effet, infiniment plus grand, puisqu’il est vraiment Fils de Dieu. Telle est la clef de l’énigme : David
appelle le Christ son Seigneur, bien qu’il dût être son fils d’après la nature humaine, parce qu’il devait
participer en même temps à la nature divine. Ainsi donc, les Scribes n’ont pas tort, et le prophète royal a
raison. — La foule, qui était nombreuse, l’écoutait avec plaisir. Beau trait, que nous ne trouvons que dans le
second Évangile. La foule extrêmement nombreuse s’était groupée autour de Jésus. Le peuple, qui a si
facilement le sens du vrai et du divin, était donc charmé par l’éloquence du Sauveur, suspendu à ses lèvres,
comme l’on dit. Les Pharisiens s’étaient pourtant proposé de le rendre hostile à Jésus ; c’est le contraire qui
est arrivé.
Comme le temps de la passion du Sauveur approchait, il croit devoir redresser la fausse opinion des Juifs qui prétendaient que le Christ était le Fils de David, mais non son Seigneur: «Et Jésus, enseignant dans le temple, leur dit».
Or, Jésus-Christ prouve ici qu'il est le Seigneur par les paroles même de David: «Car David parle ainsi par l'Esprit saint: Le Seigneur a dit à mon Seigneur: Asseyez-vous à ma droite». C'est-à-dire vous ne pouvez objecter que David, en parlant de la sorte, n'était point inspiré, car c'est vraiment dans l'Esprit saint qu'il l'a appelé son Seigneur. Il prouve ensuite qu'il l'est véritablement par ces paroles: «Jusqu'à ce que je réduise vos ennemis à vous servir de marchepied», car les Juifs étaient eux-mêmes les ennemis dont Dieu le Père faisait le marchepied de son Fils. Que ce soit Dieu le Père qui assujettisse au Fils ses ennemis, c'est une preuve non point de l'impuissance du Fils, mais de l'unité de nature qui les fait agir conjointement l'un dans l'autre. En effet, le Fils assujettit aussi au Père ses ennemis, parce qu'il le glorifie sur la terre ( Jn 17, 4)
La GloseParce qu'ils admiraient la sagesse de ses questions et de ses réponses.
C'est ainsi que de tout ce qui précède Notre-Seigneur donne une conclusion claire à une question qui d'abord pouvait sembler douteuse. Les paroles de David établissent que le Christ est le Seigneur de David; la réponse des scribes prouve qu'il est son Fils, ce qui amène naturellement le Sauveur à leur demander: «David l'appelle son Seigneur, comment donc est-il son Fils ?»
Cette question que leur fait Jésus est pour nous jusqu'à ce jour un puissant argument contre les Juifs. Ils confessent que le Christ doit venir, mais ils ne veulent voir en lui qu'un homme et qu'un saint personnage de la race de David. Or, instruits que nous sommes par le Seigneur, demandons-leur comment s'il n'est qu'un homme et le Fils de David, David dans son langage inspiré, l'appelle son Seigneur. Nous ne leur reprochons point de dire qu'il est le Fils de David, mais de refuser de croire qu'il est le Fils de Dieu.
C'est-à-dire qu'il leur parle ouvertement de lui-même, pour leur ôter toute excuse. «Comment les scribes ( Mt 12, 35) disent-ils que le Christ est le Fils de David ?»