Marc 12, 30

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.
Concile œcuménique
Maître divin et modèle de toute perfection, le Seigneur Jésus a prêché à tous et chacun de ses disciples, quelle que soit leur condition, cette sainteté de vie dont il est à la fois l’initiateur et le consommateur : « Vous donc, soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5, 48). Et en effet à tous il a envoyé son Esprit pour les mouvoir de l’intérieur à aimer Dieu de tout leur cœur, de toute leur âme, de toute leur intelligence et de toutes leurs forces (cf. Mc 12, 30), et aussi à s’aimer mutuellement comme le Christ les a aimés (cf. Jn 13, 34 ; 15, 12). Appelés par Dieu, non au titre de leurs œuvres mais au titre de son dessein gracieux, justifiés en Jésus notre Seigneur, les disciples du Christ sont véritablement devenus par le baptême de la foi, fils de Dieu, participants de la nature divine et, par la même, réellement saints. Cette sanctification qu’ils ont reçue, il leur faut donc, avec la grâce de Dieu, la conserver et l’achever par leur vie. C’est l’apôtre qui les avertit de vivre « comme il convient à des saints » (Ep 5,3) , de revêtir « comme des élus de Dieu saints et bien-aimés, des sentiments de miséricorde, de bonté, d’humilité, de douceur, de longanimité » (Col 3, 12), portant les fruits de l’Esprit pour leur sanctification (cf. Ga 5, 22 ; Rm 6, 22). Cependant comme nous nous rendons tous fautifs en bien des points (cf. Jc 3, 2), nous avons constamment besoin de la miséricorde de Dieu et nous devons tous les jours dire dans notre prière : « Pardonne-nous nos offenses » (Mt 6, 12).
Louis-Claude Fillion
À l’interrogation du docteur, Jésus répond de la manière la plus simple, par une citation de la Bible. Vous me demandez quel est le premier commandement. Pour vous le dire, je n’ai qu’à vous rappeler une parole de Moïse : Écoute, Israël ; le Seigneur ton Dieu… Ces paroles d’introduction, que S. Marc a seul conservées, sont célèbres dans le Judaïsme, où elles sont devenues comme l’expression populaire et condensée de la foi d’Israël. On les nomme le Schema (שמע, écoute) : c’est par elles que commence la prière du matin et du soir, et les Juifs aiment à les répéter en guise d’exclamation : Schema Israel ![486] — Et tu aimeras le Seigneur ton Dieu… S’il n’y a qu’un seul Dieu, nous devons l’aimer sans partage, de toutes les puissances de notre âme. C’est ce qu’exprime énergiquement la longue nomenclature de tout ton cœur, etc. Dans le passage du Deutéronome cité par Jésus, on ne lit que trois substantifs : ,מאד cœur, âme et force. Les Septante traduisent exactement le second et le troisième ; ils rendent le ,נפש, לב premier par « esprit, pensée ». Notre-Seigneur, d’après S. Marc, fondit ensemble le texte et la version, en ajoutant un quatrième substantif emprunté à cette dernière : ta force. S. Matthieu l’omet. — Tout, dans l’homme, doit donc aimer Dieu : le cœur d’abord, puisque c’est l’organe de l’amour ; mais aussi l’âme et l’esprit, c’est-à-dire les facultés intellectuelles ; mais aussi la force, c’est-à-dire l’ensemble de nos énergies et de nos puissances. Voyez Théophylacte, h. l.