Marc 12, 27

Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »

Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. »
Louis-Claude Fillion
Second raisonnement, et preuve que les Sadducéens ignorent les Écritures. S’ils connaissaient mieux la Bible, ne sauraient-ils pas qu’elle renferme des textes très frappants en faveur de la résurrection, notamment celui où le Seigneur s’appelle le Dieu des trois illustres fondateurs de la nation juive ? Jéhova, voulant prendre un titre glorieux, se serait-il bien nommé le Dieu de quelques ossements réduits en poussière depuis plusieurs siècles ? C’est ce qu’il faudrait dire dans le cas où les Sadducéens auraient raison. Mais non, ils se trompent au contraire grossièrement ! Jésus le leur répète à la fin de son argumentation. Ils s’étaient appuyés sur le nom et sur l’autorité de Moïse pour embarrasser le Sauveur : celui-ci invoque le même nom et la même autorité pour les réfuter et les confondre. — L’expression à l’endroit du buisson, commune à S. Marc et à S. Luc, a été souvent mal comprise. Elle ne désigne pas le lieu célèbre auprès duquel Jéhova apparut à Moïse, mais l’endroit de l’Exode où se trouve le texte cité par Notre-Seigneur. Il faut donc la rattacher à « lu », et non à « dit ». Les anciens, n’ayant pas encore de divisions en chapitres et en versets, ne pouvaient renvoyer l’auditeur ou le lecteur à tel ou tel passage des livres qu’ils citaient, que par une indication tirée du sujet, d’une de ses circonstances principales, etc. C’est ainsi que les Juifs donnaient au chapitre 3 de l’Exode, à Ez 1, 15-28, à 2R 1, 17-27, les noms de Buisson, de Chariot, d’Arc. Comparez Rm 11, 2, où saint Paul emploie les mots « dans l’histoire d’Élie » pour désigner la section des Saints Livres relative à Élie. Les chapitres du Coran sont souvent indiqués de la même manière, comme aussi certaines parties des poésies d’Homère.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Les sadducéens formaient une secte parmi les Juifs; ils niaient la résurrection, aussi bien que l'existence des anges et des esprits. Ils viennent donc trouver Jésus, et au moyen d'un récit imaginaire et controuvé, ils cherchent à lui prouver que la résurrection n'a point eu lieu et qu'elle est à jamais impossible: «Et ils lui proposèrent cette question: Maître», etc. Ils donnent sept maris à cette femme, afin de rendre plus impossible toute idée de résurrection.
La Glose
Notre-Seigneur, par sa réponse pleine de sagesse, vient de déjouer la question artificieuse des pharisiens, il va maintenant confondre les sadducéens, qui viennent le tenter: «Après cela les sadducéens», etc.
Saint Bède le Vénérable
Il faut remarquer que l'usage de la langue latine ne répond pas à celui de la langue grecque, car le mot nubere ne se dit proprement que des femmes, et on emploie pour les hommes l'expression uxores ducere, prendre une épouse; cependant nous appliquons simplement le mot nubere aux hommes qui se marient, et le mot nubi aux femmes qu'ils épousent.
Saint Jérôme
Je dis «dans le buisson», emblème de ce que vous êtes, car le feu le brûlait, sans consumer ses épines, ainsi vous êtes comme entourés des flammes de ma parole, et elles ne peuvent consumer les épines qui sont le fruit de la malédiction.

Dans le sens allégorique, cette femme qui ne laisse aucun enfant de ses sept maris et qui meurt la dernière, est la figure de la synagogue juive; elle est abandonnée par l'Esprit aux sept dons qui a rempli les patriarches. Cependant ils ne lui ont point laissé de rejeton de la race d'Abraham, qui est Jésus-Christ. Car bien que cet enfant soit né au milieu d'eux ( Is 19), cependant c'est à nous, c'est aux nations qu'il a été donné. Cette femme était morte à Jésus-Christ, et ne pourra être unie dans la résurrection à aucun des patriarches; car le nombre sept exprime l'universalité des choses, comme nous le voyons dans le fait contraire prédit par le prophète Isaïe: «En ce jour sept femmes prendront un seul homme» ( Is 4), c'est-à-dire, que les sept Eglises que le Seigneur aime, reprend et châtie, s'uniront à lui et l'adoreront dans les sentiments d'une même foi: «Jésus leur répondit: Ne voyez-vous pas que vous êtes dans l'erreur», etc.