Marc 12, 17

Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.

Jésus leur dit : « Ce qui est à César, rendez-le à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. » Et ils étaient remplis d’étonnement à son sujet.
Catéchisme de l'Église catholique
Dès le commencement de l’histoire chrétienne, l’affirmation de la seigneurie de Jésus sur le monde et sur l’histoire (cf. Ap 11, 15) signifie aussi la reconnaissance que l’homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre, mais seulement à Dieu le Père et au Seigneur Jésus-Christ : César n’est pas " le Seigneur " (cf. Mc 12, 17 ; Ac 5, 29). " L’Église croit (...) que la clé, le centre et la fin de toute histoire humaine se trouve en son Seigneur et Maître " (GS 10, § 2 ; cf. 45, § 2).
Louis-Claude Fillion
La pensée de Jésus est extrêmement claire. Ce denier vient de Rome, veut-il dire, qu’il retourne à Rome ! Sa présence en Judée prouve les droits du gouvernement romain sur la Judée ; soyez donc les fidèles sujets de César. La réponse de Notre-Seigneur, présentée sous cette forme, était non seulement d’une vérité indiscutable ; mais les plus fougueux Zélotes n’y pouvaient rien trouver à reprendre. Si les Juifs avaient suivi le conseil qu’elle contenait, ils auraient évité une affreuse guerre avec Rome, la ruine de Jérusalem, du temple et de leur nation. — Et à Dieu ce qui est à Dieu. Si César peut exiger qu’on lui rende ce qui lui appartient, à plus forte raison Dieu a-t-il droit que l’homme, marqué à son image et à sa ressemblance, n’oublie pas ses devoirs envers lui. — Que de lumière dans ces quelques paroles de Jésus ! Combien de rapports délicats elles pourraient régler, si des politiques anti-chrétiens voulaient se laisser régler ? — Notons que chacun des deux partis qui étaient venus tenter Jésus reçoit ici la leçon qui lui convient. Les Pharisiens refusaient à César ce qui lui était dû ; les Hérodiens donnaient bien peu de chose à Dieu : aux uns et aux autres d’importants devoirs sont ainsi rappelés. — Et ils étaient dans l’étonnement. Jésus avait parlé comme un nouveau Salomon : chacun admire donc justement sa sagesse.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Nous avons dit ailleurs que les hérodiens formaient une secte nouvelle qui soutenait qu'Hérode était le Christ, parce qu'il n'y avait plus alors de successeurs naturels au sceptre des rois de Juda ( Gn 49, 10). D'autres prétendent que les hérodiens étaient des soldats d'Hérode embauchés par les pharisiens, pour être témoins des paroles de Jésus-Christ, s'emparer de sa personne et le leur amener. Voyez quelle est leur malice, et comme ils cherchent à tromper le Sauveur par leurs flatteries: «Et étant venus, ils lui dirent: Maître, nous savons que vous êtes sincère et véritable».

C'est-à-dire, que vous seriez prêt à refuser tout honneur à César, si vous ne le pouviez qu'aux dépens de la vérité: «Mais vous enseignez la voie de Dieu dans la vérité», etc. Leur question perfide cachait de toute part un précipice, si Jésus répondait qu'il est permis de payer le tribut à César, ils exciteraient contre lui le peuple, en l'accusant de vouloir le réduire en servitude. Si au contraire, il défendait de payer le tribut, ils le présenteraient comme un homme qui soulevait le peuple contre César. Mais celui qui est la source de la sagesse sut échapper à leurs embûches. «Jésus, connaissant leur hypocrisie, leur dit: Pourquoi me tentez-vous? Apportez-moi un denier».

C'est-à-dire, rendez l'image à celui dont elle reproduit les traits. En d'autres termes, rendez ce denier à César, car vous pouvez très-bien à la fois payer le tribut à César, et rendre à Dieu ce qui lui appartient.

César peut encore être considéré ici comme l'emblème de toutes les nécessités vie la vie. Le Seigneur nous ordonne donc de donner au corps la nourriture qui lui est propre et le vêtement, et de rendre à Dieu ce qui est à Dieu, c'est-à-dire, les veilles, les prières, etc. «Et ils admirèrent sa réponse». Une si grande sagesse aurait du ouvrir leur coeur à la foi; ils se contentent d'admirer que leurs desseins artificieux n'aient pas abouti.
Saint Bède le Vénérable
Les princes des prêtres cherchaient à se saisir de Jésus, mais ils craignaient le peuple; ce qu'ils n'osent donc faire par eux-mêmes, il essaient de le mettre à exécution par l'intermédiaire du pouvoir séculier, pour se décharger de la responsabilité de sa mort. «Et ils lui envoyèrent quelques-uns des pharisiens et des hérodiens».

Cette question si flatteuse mais pleine de fourberie, tend à provoquer du Sauveur cette réponse, qu'il craint Dieu plus que César, et à lui faire dire qu'il ne faut point payer le tribut, afin que les hérodiens prennent occasion pour l'accuser de vouloir soulever une révolte contre les Romains, ils ajoutent: «Vous n'avez égard à qui que ce soit et vous ne considérez point la qualité des personnes».

Le denier est une pièce de monnaie qui valait dix as et qui portait l'effigie de César. «Et il leur demanda: De qui est cette image et cette inscription? De César, leur dirent-ils». Que ceux qui pensent que la question du Sauveur est l'effet de l'ignorance et non d'un dessein particulier, se détrompent; ils savaient fort bien de qui était cette effigie; si donc il interroge, c'est afin de se ménager l'occasion d'une réponse convenable: «Jésus leur répondit: Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu».

C'est-à-dire, les dîmes, les prémices, les oblations, les victimes, à l'exemple de Jésus-Christ, qui a payé le tribut pour Pierre et pour lui, tout en rendant à Dieu ce qui est à Dieu, par l'accomplissement fidèle de la volonté de son l'ère.
Saint Jérôme
Ils l'interrogent avec des paroles mielleuses, et l'entourent comme des abeilles qui ont le miel à la bouche et l'aiguillon par derrière.

Ou bien dans un autre sens: Rendez forcément à César la pièce de monnaie qui porte son empreinte, et offrez vous vous-mêmes volontairement à Dieu; car la lumière de votre visage, Seigneur, et non celle de César, a été gravée sur nous ( Ps 4)