Marc 12, 14
et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
et ceux-ci vinrent lui dire : « Maître, nous le savons : tu es toujours vrai ; tu ne te laisses influencer par personne, car ce n’est pas selon l’apparence que tu considères les gens, mais tu enseignes le chemin de Dieu selon la vérité. Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à César, l’empereur ? Devons-nous payer, oui ou non ? »
Nous savons que vous êtes véridique… Nicodème, l’un des membres les plus
illustres du grand Conseil, avait autrefois adressé à Notre-Seigneur des compliments analogues à ceux-ci,
cf. Jean 3, 2 ; mais il parlait en toute sincérité. Actuellement au contraire, nous n’entendons que des flatteries
hypocrites. « Ils l’interrogeaient avec des paroles cauteleuses, et ils l’entouraient comme les abeilles qui
apportent du miel dans la bouche, mais un dard dans le dos » [483]. — Après ce préambule insinuant, ou
plutôt insidieux, vient la question plus insidieuse encore : Est-il permis de payer le tribut à César… ? On
avait précédemment tendu des pièges au Sauveur sur le domaine religieux ; cette fois on essaie de
l’embarrasser sur le terrain dangereux de la politique. La demande est reproduite d’une manière incomplète
dans la Vulgate. Le grec porte littéralement « Est-il permis de payer le tribut à César, ou non ? Le
payerons-nous, ou non ? » Il y eut donc deux interrogations successives, la première générale et théorique :
Est-il permis de payer le tribut à l’empereur romain ? la seconde particulière et pratique : Nous, peuple
théocratique, nous acquitterons-nous de cet impôt ? Cette rédaction est propre à S. Marc. Les Pharisiens,
ennemis de Rome, et les Hérodiens, chauds partisans de l’empire, se présentent donc à Jésus comme s’ils
avaient discuté sur ce point délicat sans pouvoir s’accorder, et comme s’ils venaient l’établir arbitre de leur
querelle, prêts à s’en rapporter à sa décision. Mais en réalité, dit Théophylacte, « cette parole était tout
artifice, et elle avait un précipice de chaque côté ; car, si Jésus répondait : Il faut payer le cens à César, on
excitait contre lui le peuple, en le lui présentant comme voulant le réduire en servitude ; s’il disait au
contraire que cela n’était pas permis, on l’accusait de soulever le peuple contre César », et les Hérodiens
étaient là pour le livrer aux autorités romaines.