Marc 12, 12

Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.

Les chefs du peuple cherchaient à arrêter Jésus, mais ils eurent peur de la foule. – Ils avaient bien compris en effet qu’il avait dit la parabole à leur intention. Ils le laissèrent donc et s’en allèrent.
Louis-Claude Fillion
Description de l’effet produit sur les hiérarques par ces dernières paroles de Jésus. Ce fut comme de l’huile jetée sur du feu. Comprenant alors que la parabole des vignerons les désignait, les condamnait, ils devinrent furieux, exaspérés. Aussi auraient-ils exécuté sans retard les noirs complots qu’ils avaient depuis longtemps tramés contre Jésus, si un puissant obstacle ne les eût arrêtés pour la seconde fois : ils craignirent la foule. Cf. Marc 11, 18 ; Luc 20, 19. Ils remirent donc à une occasion plus propice la satisfaction de leur vengeance. En attendant, ils s’en vont, sans avoir appris ce qu’ils voulaient savoir (cf. Marc 11, 27 et ss.), et après avoir appris ce qu’ils auraient préféré ne pas connaître.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou bien encore, cette haie c'est la loi qui défendait aux Juifs de se mêler aux étrangers ( Nb 18, 4).
Saint Bède le Vénérable
Ou bien la haie, c'est le mur qui entourait la ville; le pressoir, l'autel; ou ces pressoirs dont il est question dans les titres de trois psaumes.

Ou bien encore, cette forme dubitative: «Peut-être ils auront quelque respect pour mon Fils», n'a point pour cause l'ignorance, mais le dessein arrêté en Dieu de laisser à l'homme toute sa liberté d'action.

Notre-Seigneur prouve ici jusqu'à l'évidence, que ce n'est point par ignorance, mais par envie que les chefs de la nation juive ont crucifié le Fils de Dieu, car ils savaient fort bien que c'était à lui qu'il avait été dit: «Je vous donnerai les nations pour héritage» ( Ps 2) En le mettant à mort, ces vignerons coupables cherchaient à s'emparer de son héritage, c'est-à-dire, que les Juifs en le crucifiant, se proposaient d'éteindre la foi dont il est l'auteur, d'établir sur ses ruines la justice qui vient de la loi, ( Rm 10, 2-3) et de pénétrer les nations de la nécessité de cette justice légale.

Les princes des prêtres rendirent témoignage à la vérité des paroles du Sauveur, par la résolution qu'ils prirent: «Et ils cherchaient le moyen de l'arrêter», car il est cet héritier dont il prédisait que la mort injuste serait vengée par son Père. Dans le sens moral, tout fidèle, lorsque l'Eglise lui donne le sacrement de baptême, reçoit comme une vigne qu'il doit cultiver. Il frappe, accable d'outrages, et chasse dehors le serviteur qui lui est envoyé, lorsque la parole qui lui est annoncée devient l'objet de son mépris, et ce qui est pis encore, de ses blasphèmes. Il met à mort l'héritier autant qu'il est en lui, lorsqu'il foule aux pieds le Fils de Dieu ( He 10, 28). Ce vigneron coupable est exterminé, et la vigne donnée à un autre, lorsque le don de la grâce, méprisé par les orgueilleux, vient enrichir l'âme qui est humble. Nous voyons même se renouveler tous les jours dans l'Eglise la conduite des princes des prêtres qui cherchaient à se saisir de Jésus, mais qui sont retenus par la crainte du peuple, lorsqu'un chrétien qui ne l'est que de nom, rougit ou craint d'attaquer l'unité de la foi et de la paix de l'Eglise, retenu qu'il est par la multitude d'âmes saintes qui font avec lui partie de cette même Eglise.
Saint Augustin
D'après le récit de saint Matthieu, ce sont les Juifs eux-mêmes qui répondent au Sauveur: «Il exterminera ces vignerons». Saint Marc, au contraire, place cette réponse dans la bouche du Sauveur, après la question qu'il leur a faite. Or, on peut admettre, sans aucune difficulté, que la réponse des Juifs suivit immédiatement la question de Notre-Seigneur, sans que l'Évangéliste ait cru nécessaire de dire: «Ils répondirent», ce qu'il était facile de sous-entendre, ou bien cette réponse est attribuée à Jésus-Christ, parce qu'étant conforme à la vérité, ils n'ont pu la faire que par l'inspiration de celui qui est la vérité même.
Saint Jérôme
Le nom d'homme est donné ici à Dieu le Père, par une manière de parler tout humaine; la vigne est la maison d'Israël; la haie, les anges qui la gardent; le pressoir est la loi; la tour, le temple; les vignerons, les prêtres.

Ce Fils chéri qui vient en dernier lieu, c'est le Fils unique de Dieu. C'est par une espèce d'ironie que le Père dit: «Ils auront quelque respect pour mon Fils».

Ou bien la vigne est donnée à d'autres qui viendront de l'Orient, de l'Occident du Nord et du Midi, et qui s'asseoiront dans le royaume de Dieu, avec Abraham, Isaac et Jacob.