Marc 11, 23
Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé !
Amen, je vous le dis : quiconque dira à cette montagne : “Enlève-toi de là, et va te jeter dans la mer”, s’il ne doute pas dans son cœur, mais s’il croit que ce qu’il dit arrivera, cela lui sera accordé !
En vérité. Notre-Seigneur commence par garantir au nom de l’éternelle vérité
l’exactitude du fait qu’il va signaler. — Quiconque dira… Ce fait est assurément bien extraordinaire ! Un
chrétien quelconque qui dit à une montagne : Jette-toi dans la mer, et qui voit son ordre immédiatement
obéi ! Une condition est pourtant exigée : s’il n’hésite pas dans son cœur, mais s’il croit... Saint Jacques
semble commenter cette promesse quand, parlant de la prière, il écrit, Jc 1, 6 : « Qu’il demande dans la foi
sans hésiter. Car celui qui hésite est semblable au flot de la mer que le vent agite et fait tourbillonner ».
L’idée d’hésitation, de défiance, est très bien rendue dans le texte grec par un verbe dont la signification
primitive indique des jugements portés en divers sens, un va et vient perpétuel de l’esprit qui ne sait se fixer,
voyez Bretschneider [475].
Cette montagne peut aussi être la figure du démon à cause de son orgueil; or, cette montagne est arrachée de terre et jetée dans la mer, à la parole de ceux qui sont forts dans la foi, lorsque les saints docteurs prêchant la parole de Dieu, l'esprit immonde est chassé du coeur de ceux qui sont prédestinés à la vie éternelle; il lui est alors permis d'exercer la violence de sa tyrannie dans les coeurs des infidèles remplis de trouble et d'amertume, et il se déchaîne contre eux avec une fureur égale à la douleur qu'il éprouve de n'avoir pu tourmenter et perdre les premiers.
Jésus-Christ, qui est cette pierre détachée de la montagne sans la main d'aucun homme et qui devient elle-même une grande montagne, est arraché et jetée dans la mer, lorsque les Apôtres tiennent aux Juifs ce langage justement mérité: «Nous allons vers les gentils, parce que vous vous jugez vous-mêmes indignes de la parole de Dieu.
Cet étonnement de Pierre et des autres disciples, prouve que leur foi n'était pas encore parfaite, car ce n'était point là pour Dieu un bien grand miracle. Ils ne connaissaient pas encore toute l'étendue de sa puissance, et leur ignorance les jette dans l'admiration. Aussi Jésus leur répond: «Ayez la foi en Dieu. Je vous dis en vérité, que quiconque dira à cette montagne: ôte-toi de là et te jette dans la mer, et cela sans hésiter dans son coeur... il le verra en effet arriver», c'est-à-dire, qu'il pourra non-seulement dessécher un arbre, mais transporter une montagne par la puissance de sa parole et de son commandement.