Marc 10, 17
Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Mais si Dieu seul est le Bien, aucun effort humain, pas même l'observance la plus rigoureuse des commandements, ne réussit à « accomplir » la Loi, c'est-à-dire à reconnaître le Seigneur comme Dieu et à lui rendre l'adoration qui n'est due qu'à lui (cf. Mt 4, 10). « L'accomplissement » ne peut venir que d'un don de Dieu : il est l'offrande d'une participation à la bonté divine qui se révèle et qui se communique en Jésus, celui que le jeune homme riche appelle « bon Maître » (Mc 10, 17 ; Lc 18, 18). Ce que, pour l'instant, le jeune homme ne réussit peut-être qu'à pressentir, sera pleinement révélé à la fin par Jésus lui-même dans son invitation : « Viens et suis-moi » (Mt 19, 21).
Comme il
se mettait en chemin : plus littéralement, d’après le grec, « Tandis qu’il sortait », au moment même où il se
mettait en route. Jésus quittait alors la maison mentionnée plus haut, v. 10, ou du moins l’endroit où il avait
béni les petits enfants. — Quelqu’un accourut, et, fléchissant le genou. Si S. Marc laisse dans l’ombre la
condition de ce personnage, que les deux autres synoptiques ont mieux caractérisée (cf. Matth. 19, 20, « un
jeune homme » ; Luc 18, 18, « un chef de synagogue »), il décrit tous ses gestes de la façon la plus
pittoresque. Il nous le montre d’abord courant au plus vite pour atteindre Jésus, puis, quand il l’eut rejoint, se
prosternant à ses pieds comme on faisait parfois devant les Rabbins les plus vénérés. Le premier acte
prouvait le zèle de ce jeune homme, l’ardeur de ses désirs ; le second témoignait de sa profonde estime pour
le Sauveur. — Bon maître. Le suppliant dut appuyer sur l’épithète « bon », comme le montre la réponse de
Jésus. — Que dois-je faire… Désireux d’acquérir la vie éternelle comme un précieux héritage, et pressentant
que la justice vulgaire que lui enseignaient les Docteurs juifs était insuffisante pour cela, il vient demander
au Sauveur quelque œuvre spéciale, au moyen de laquelle il pourra se fixer dans le port bienheureux du salut.
« Je suis étonné de cet homme, qui, au moment où tous viennent au Seigneur pour des guérisons corporelles,
lui demande la vie éternelle ! » Théophylacte.
J'admire ce jeune homme, qui, tandis que tous les autres ne viennent trouver le Seigneur que pour la guérison de leurs maladies, ne lui demande que la possession de la vie éternelle, malgré la pernicieuse passion de l'avarice qui, tout à l'heure, le jettera dans la tristesse.
Ce jeune homme avait entendu le Seigneur déclarer que ceux-là seuls seront dignes d'entrer dans le royaume des cieux, qui travaillent à ressembler aux petits enfants, il demande donc qu'on lui explique, non plus en paraboles, mais en termes précis quelles sont les oeuvres méritoires de la vie éternelle. «Comme il sortait pour se mettre en chemin, une personne accourut, et se jetant à genoux devant lui, dit: Bon maître, que dois-je faire, je vous prie, pour acquérir la vie éternelle ?»
Ce n'est pas sans dessein que Notre-Seigneur promet à ce jeune homme, non la vie éternelle, mais un trésor: «Et vous aurez un trésor dans le ciel». Il vient de lui parler du renoncement aux richesses et à tout ce qu'il possède, il lui apprend que les récompenses promises à ceux qui auront pratiqué ce renoncement, seront aussi élevées au-dessus des biens qu'ils auront quittés, que le ciel l'est au-dessus de la terre.