Marc 1, 9

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.

En ces jours-là, Jésus vint de Nazareth, ville de Galilée, et il fut baptisé par Jean dans le Jourdain.
Louis-Claude Fillion
Or, il arriva... C’est la formule hébraïque ויהי, si fréquemment employée par les écrivains de l’Ancien Testament. Elle a ici un cachet tout à fait solennel, car elle introduit Notre-Seigneur Jésus-Christ sur la scène. — En ces jours-là : autre tournure hébraïque, בימים־ההם, assez vague en elle-même, mais qui est habituellement déterminée par le contexte. Dans ce passage, elle désigne l’époque de la prédication de S. Jean-Baptiste dont il vient d’être question. C’est donc peu de temps après l’apparition de son Précurseur que Jésus commença lui-même sa Vie publique. D’après Luc 3, 23, il avait alors environ trente ans, l’âge auquel les Lévites entraient en fonctions suivant la Loi juive, Nb 4.3. La 780e année depuis la fondation de Rome approchait de sa fin [150]. — Nazareth, en Galilée. Tandis que les deux autres Synoptiques se contentent de mentionner ici la Galilée en général, S. Marc, en vertu de l’exactitude de détails qui le caractérise, nomme le lieu spécial d’où venait Jésus. Le Sauveur avait donc récemment quitté sa douce retraite de Nazareth, dans laquelle s’était écoulée toute sa Vie cachée. Sur cette bourgade privilégiée, voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 2, 22. — Il fut baptisé. Notre Évangéliste omet le beau dialogue qui s’engagea entre le Baptiste et Jésus immédiatement avant l’administration du baptême, sur la signification duquel il jette de si vives lumières. (cf. Matth. 3, 13-15 et le commentaire) ; il se borne à signaler simplement le fait. — Dans le Jourdain. Saint Jérôme raconte que, de son temps, un grand nombre de pieux croyants avaient la dévotion d’aller se faire baptiser dans les eaux du Jourdain : il leur semblait que leur régénération y serait plus entière [151]. Aujourd’hui, les pèlerins aiment du moins se baigner dans le fleuve sacré ; c’est même pour les Grecs une cérémonie officielle, qui se renouvelle chaque année à la fête de Pâque au milieu d’un immense concours.
Saint Jérôme
L'évangéliste saint Marc, comme le cerf qui aspire aux sources d'eaux vives, bondit dans la plaine et sur le sommet des collines; comme l'abeille ruisselante de miel effleure et déguste le sommet des fleurs, et il nous montre aussitôt Jésus qui vient de Nazareth: «Et il arriva qu'en ces jours-là», etc.
Saint Jean Chrysostome
Jésus-Christ devait instituer un autre baptême; cependant il vient recevoir celui de Jean qui, rapproché du sien, était bien incomplet, et qui d'ailleurs différait du baptême des Juifs et tenait pour ainsi dire le milieu entre ces deux baptêmes. Il voulait nous apprendre, par la nature même de ce baptême, qu'il n'était point baptisé pour la rémission des péchés, ni comme ayant besoin de recevoir le Saint-Esprit; car le baptême de Jean ne conférait aucune de ces deux grâces. Mais il fut baptisé pour se faire connaître à tous, afin que tous pussent croire en lui et pour accomplir toute justic e, c'est-à-dire les préceptes du Seigneur, puisqu'ils commandaient entre autres choses de recevoir le baptême du Prophète.

Ou encore, c'était pour montrer que la sanctification dos hommes prenait sa source dans le ciel, et l'union étroite des choses de la terre avec les choses du ciel. «Le Saint-Esprit descendit sur lui», non pas qu'il vint en lui pour la première fois, mais pour faire comprendre que le Christ, qui était baptisé par Jean, était pour ainsi dire signalé du doigt à la foi de tous les hommes !