Marc 1, 44

en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »

en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Fulcran Vigouroux
Montre-toi. Comparer à Lévitique, 14, 4. ― En témoignage pour eux, c’est-à-dire pour que cela leur serve de témoignage et de preuve incontestable de ma puissance et de ma fidélité à faire observer la loi.
Louis-Claude Fillion
Ces versets contiennent deux injonctions du Sauveur adressées à celui qu’il venait de guérir. Jésus le menaça ; l’expression grecque correspondante est d’une force extraordinaire ; le verbe, qu’on ne trouve qu’en cinq endroits du Nouveau Testament (Matth. 9, 30 ; Marc 1, 43 ; 14.5 ; Jean 11, 33,38), signifie tantôt être sous le coup d’une vive indignation, tantôt, et c’est ici le cas, donner un ordre sur un ton sévère et menaçant. Voilà donc que Jésus, qui s’était attendri sur l’état du lépreux, le menace maintenant après l’avoir guéri ! — Et le renvoya aussitôt. Encore aussitôt ! Jésus renvoie brusquement le lépreux, sans lui permettre de demeurer plus longtemps auprès de lui. Ces détails sont spéciaux à S. Marc. Le Sauveur, par cette conduite sévère, se proposait d’intimer avec plus d’énergie les ordres qu’il allait donner. — Premier ordre : Garde-toi de rien dire à personne. Dans le grec, il y a deux négations (ne rien dire… à personne), ce qui est conforme au genre de S. Marc, cf. la Préface, § 7. Jésus redoute les agitations politiques de la foule : de là ces soins minutieux qu’il prend pour les empêcher. Il veut agir sur les esprits plutôt par le dedans que par le dehors, les convertir et non les éblouir : c’est pourquoi il recommande si souvent le silence à ceux qu’il a guéris. Voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 8, 4. — Second ordre : Va, montre-toi au prince des prêtres, ou mieux, d’après le grec, au prêtre de semaine. — Et offre… Le détail de ces sacrifices est indiqué tout au long dans le chap. 14 du Lévitique [185]. — Afin que cela leur serve de témoignage. Les hommes sauront ainsi que tu es entièrement guéri, et ils l’admettront de nouveau dans les rangs de la société. Tel est probablement le véritable sens de ces mots sur lesquels on a beaucoup discuté. Voir notre Commentaire sur Matth. 8, 4.
Saint Jean Chrysostome
Ce n'est point par sa seule parole qu'il guérit ce lépreux, mais il le touche de sa main, parce qu'il est écrit dans la loi de Moïse: «Celui qui aura touché un lépreux sera impur jusqu'au soir». ( Lv 12, 45). Il voulait montrer que cette souillure n'était qu'extérieure, et que la loi n'avait pas été portée pour lui, mais pour les simples mortels, et que pour lui, il est en réalité le Maître de la loi, et qu'il guérissait ce lépreux, non en serviteur, mais comme Maître de la loi; il convenait donc qu'il touchât ce lépreux, bien que cependant ce contact ne fût pas nécessaire pour opérer sa guérison.