Marc 1, 22
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
On était frappé par son enseignement, car il enseignait en homme qui a autorité, et non pas comme les scribes.
Ils étaient frappés de sa doctrine. S. Marc indique ici l’effet
causé par la prédication du Sauveur et le motif qui le produisait. Les auditeurs étaient vivement
impressionnés. Toutefois, leur étonnement n’avait rien d’extraordinaire, ajoutent de concert les deux
Évangélistes (cf. Luc 4, 32), car il enseignait avec autorité. — Comme ayant autorité. C’est le Verbe divin, la
Sagesse incarnée qui parle, c’est le Législateur céleste qui interprète ses propres lois ! Comment Jésus
n’aurait-il pas trouvé le chemin des esprits et des cœurs ? Ses ennemis eux-mêmes seront obligés d’avouer
que « jamais homme n’a parlé comme cet homme ». « Ses paroles pleines de vigueur, de vérité, de grâce,
convainquaient la raison et touchaient la volonté ; elles éveillaient le repentir, la frayeur et l’amour. En même
temps, elles donnaient la force de rechercher ce qu’on devait aimer, de fuir ce qu’on devait craindre, de
quitter ce qu’on aurait pu regretter » [170]. Voir les idées générales que nous avons exposées dans notre
Commentaire sur S. Matthieu, touchant l’éloquence de Jésus-Christ. — Et non pas comme les scribes. Quelle
différence profonde entre la méthode du Sauveur et celle de ces Légistes officiels ! Ces derniers n’étaient que
les organes impersonnels de la tradition, et d’une tradition toute humaine : leur enseignement était froid,
compassé, sans vie, aussi bien pour le fond que pour la forme. Qu’on lise de suite, si on le peut, quatre pages
du Talmud, et l’on aura une juste idée de la prédication des Scribes. Le peuple est donc justement ravi dès
qu’il a entendu Jésus : c’est un genre entièrement nouveau, approprié d’une façon admirable à ses besoins ;
aussi ne peut-il se lasser de l’entendre. Comparez Matth. 7, 28, 29. Quel éloge parfait pour Jésus orateur,
dans les trois lignes de ce verset !
Les scribes enseignaient au peuple ce qui est écrit dans Moïse et les prophètes; mais Jésus, en sa qualité de Dieu souverain et de Maître de Moïse lui-même, ou ajoutait à la loi les éclaircissements qu'il jugeait nécessaires, ou bien l'enseignait au peuple avec tel changement qu'il lui plaisait d'y introduire, comme nous le voyons dans saint Matthieu: «Il a été dit aux anciens, et moi je vous dis», etc. ( Mt 5).