Marc 1, 14

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;

Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
Louis-Claude Fillion
Après que Jean eut été mis en prison. Voyez l’Évangile selon S. Matthieu, Matth. 4, 12. Nous trouverons plus loin, Marc 4, 17-20, les détails de cet emprisonnement sacrilège. — Les évangélistes synoptiques sont unanimes pour rattacher l’activité messianique de Jésus à ce fait important, comme aussi pour en fixer le premier théâtre en Galilée. Le ministère auquel Notre-Seigneur s’était livré en Judée d’après Jean 3, 22, presque aussitôt après son baptême, doit être simplement envisagé comme une œuvre de préparation et de transition. En réalité, la Vie publique ne s’ouvre qu’au moment de l’arrestation du Précurseur, c’est-à-dire lorsque le héraut se retire pour faire place à son Maître. — Jésus vint en Galilée. La Galilée était la plus septentrionale des trois provinces palestiniennes situées à l’Ouest du Jourdain [166]. De magnifiques promesses lui avaient été autrefois adressées au nom de Jéhova, cf. Es 8, 22 ; 9,9, et Matth. 4, 14-16 ; Jésus vient actuellement les accomplir. Au reste, la Judée était alors peu disposée à recevoir l’Évangile : le Sauveur n’y trouvait presque personne à qui il pût se fier. Cf. Jean 2, 24. La Galilée au contraire était un terrain fécond, sur lequel la bonne semence devait promptement germer et abondamment fructifier, comme nous le montrera la suite du récit. — Prêchant l’Évangile du royaume de Dieu. Le mot « royaume », qui fait défaut dans les manuscrits B, L, Sinait., etc., dans Origène, dans les versions copte, arménienne et syriaque, est regardé par les meilleurs critiques comme une interpolation. La leçon primitive aurait donc été « l’Évangile de Dieu », et « de Dieu » indiquerait la provenance, pour signifier : l’Évangile dont Dieu est l’auteur. Peu importe du reste ; le sens est le même en toute hypothèse. — Voilà Jésus prêchant l’Évangile ! Comme la « bonne nouvelle » était bien placée sur ses lèvres divines !
Saint Bède le Vénérable
Il ne faut pas croire, du reste, que Jean ait été jeté en prison aussitôt la tentation des quarante jours, et le jeûne du Seigneur. Car pour tout lecteur attentif de l'Évangile de saint Jean, il est évident qu'avant l'emprisonnement de Jean-Baptiste, le Seigneur avait déjà enseigné pendant un assez long temps, et opéré un grand nombre de miracles. En effet nous lisons dans cet Évangéliste: «Ce fut le premier des miracles que fit Jésus» ( Jn 2). Et ensuite: «Jean n'avait pas encore été mis en prison». Ou rapporte que saint Jean ayant lu l'Évangile de Saint Matthieu, de saint Marc et de saint Luc, en approuva la teneur, et rendit témoignage à la vérité de leur récit, mais en faisant remarquer qu'ils n'avaient écrit que l'histoire des faits d'une seule année, celle où eut lieu la passion de Jésus, et qui suivit l'emprisonnement de Jean-Baptiste; il laissa donc de côté l'année dont les faits avaient été suffisamment racontés par les trois premiers Évangélistes, pour s'attacher à ce qui avait précédé l'emprisonnement du saint Précurseur. Après avoir dit q ue Jésus vint en Galilée prêcher l'Évangile du royaume, saint Marc ajoute: «Parce que le temps est accompli», etc.
Saint Jean Chrysostome
L'évangéliste saint Marc suit saint Matthieu pour l'ordre des faits. Ainsi après avoir dit que les anges le servaient, il ajoute: «Aussitôt l'emprisonnement de Jean, Jésus vint», etc. Après qu'il a été tenté, et après avoir été servi par les anges, Jésus vint en Galilée, nous apprenant par là à ne point résister aux violences des méchants. - thE ophyl. Il veut aussi nous enseigner qu'il vaut mieux fuir les persécutions que de les attendre; mais que lorsqu'elles nous surprennent, il faut alors les supporter avec courage.