Marc 1, 1

COMMENCEMENT DE L’ÉVANGILE de Jésus, Christ, Fils de Dieu.

COMMENCEMENT DE L’ÉVANGILE de Jésus, Christ, Fils de Dieu.
Catéchisme de l'Église catholique
" Mais quand vint la plénitude du temps, Dieu envoya son Fils, né d’une femme, né sujet de la loi, afin de racheter les sujets de la loi, afin de nous conférer l’adoption filiale " (Ga 4, 4-5). Voici " la Bonne Nouvelle touchant Jésus-Christ, Fils de Dieu " (Mc 1, 1) : Dieu a visité son peuple (cf. Lc 1, 68), il a accompli les promesses faites à Abraham et à sa descendance (cf. Lc 1, 55) ; il l’a fait au-delà de toute attente : Il a envoyé son " Fils bien-aimé " (Mc 1, 11).

Les Évangiles sont écrits par des hommes qui ont été parmi les premiers à avoir la foi (cf. Mc 1, 1 ; Jn 21, 24) et qui veulent la faire partager à d’autres. Ayant connu dans la foi qui est Jésus, ils ont pu voir et faire voir les traces de son mystère dans toute sa vie terrestre. Des langes de sa nativité (cf. Lc 2, 7) jusqu’au vinaigre de sa passion (cf. Mt 27, 48) et au suaire de sa Résurrection (cf. Jn 20, 7), tout dans la vie de Jésus est signe de son mystère. A travers ses gestes, ses miracles, ses paroles, il a été révélé qu’" en Lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité " (Col 2, 9). Son humanité apparaît ainsi comme le " sacrement ", c’est-à-dire le signe et l’instrument de sa divinité et du salut qu’il apporte : ce qu’il y avait de visible dans sa vie terrestre conduisit au mystère invisible de sa filiation divine et de sa mission rédemptrice.
Fulcran Vigouroux
Evangile veut dire : bonne nouvelle. L’évangéliste saint Marc, prêtre en Israël et de race Lévitique se convertit au Seigneur et écrivit son Evangile en Italie (saint Jérôme).
Louis-Claude Fillion
S. Marc commence son récit de la façon la plus abrupte, nous conduisant aussitôt au centre de l’action. Dès sa première ligne, il se montre à nous comme l’Évangéliste de l’action (voir la Préface, § 7). Les deux autres synoptiques consacrent quelques pages aux origines humaines de Jésus ; Cf. Matth. 1–2 ; Luc 1–2. S Jean 1, 1-48, raconte tout d’abord au lecteur la génération éternelle du Verbe : rien de semblable dans S. Marc. Prenant Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la plénitude de sa vie, il passe directement aux faits qui préparèrent d’une manière immédiate le ministère messianique du Sauveur. Nous trouvons dès ce début tout ce qui le caractérise comme écrivain, c’est-à-dire la rapidité, la concision, le pittoresque. — Il règne parmi les exégètes le plus complet désaccord sur l’enchaînement et l’organisation intérieure des quatre premiers versets. Qu’il suffise de mentionner les trois opinions principales. 1° Théophylacte, Euthymius, Vatable, Maldonat, etc., suppléent ἦν ou « fut » à la fin du v. 1, qu’ils rattachent ainsi aux deux suivants. Une nouvelle phrase commence avec le v. 4. 2° D’autres critiques, tels que Lachmann, Mgr Mac-Evilly, le P. Patrizi [138], sous-entendent les mots « se déroula ainsi » après « Fils de Dieu » au v. 1 ; ils ouvrent ensuite une parenthèse dans laquelle ils placent les vv. 2 et 3. Le v. 4 se relie par là-même directement au v. 1, qu’il complète et explique. « Voici quel fut le début de l’Évangile… : Jean parut dans le désert… » 3° On isole tout à fait le premier verset des suivants, de manière à en faire une sorte de titre ; puis on traite les vv. 2, 3 et 4 comme une longue phrase conditionnelle, de sorte que le dernier membre, « Jean était… », retombe sur le premier, « Selon qu’il est écrit ». « Ainsi qu’il est écrit dans le prophète Isaïe… : Jean fut dans le désert baptisant et prêchant ». Cet arrangement nous paraît le plus naturel et le plus logique des trois. — De l’Évangile. Voyez l’explication de cette expression dans l’Introduction générale, chap. 1. Évidemment, elle ne désigne pas ici le livre composé par S. Marc, mais la bonne nouvelle messianique dans toute son étendue. Quoique cette bonne nouvelle eût déjà été annoncée si fréquemment par les prophètes, quoique Dieu lui-même eût daigné en faire entendre les premiers accents à Adam et à Ève aussitôt après leur péché, Gn 3, 15 (les Pères ont justement nommé ce passage « le Protévangile »), néanmoins, à proprement parler, l’Évangile ne commence qu’avec la prédication de S. Jean-Baptiste. — De Jésus-Christ. Nous avons expliqué l’étymologie et le sens de ces beaux noms dans notre commentaire sur Matth. 1, 16 et Matth. 1, 21. La manière dont ils sont rattachés au mot Évangile indique que Jésus est l’objet de la bonne nouvelle que l’Évangéliste se propose de raconter tout au long. — Fils de Dieu. Ces mots ne sauraient être ici, comme le prétendent plusieurs rationalistes, un simple synonyme de « Messie » : on doit les prendre dans leur acception théologique la plus stricte et la plus relevée. S. Marc attribue à Notre-Seigneur Jésus-Christ, dès le début de sa narration, un titre dont toutes les pages suivantes prouveront la parfaite vérité, un titre que les premiers prédicateurs du Christianisme joignaient immédiatement à son nom dès qu’ils s’adressaient à un auditoire païen. S. Matthieu, écrivant pour des Juifs, commence au contraire par dire que Jésus est fils d’Abraham et de David : il ne parle qu’un peu plus tard de sa divinité. Quoique le but fût le même, la méthode variait suivant les circonstances. Cette appellation de « Fils de Dieu » est employée sept fois par S. Marc ; S. Jean l’appliqua jusqu’à 29 fois à Jésus. Voilà, dès le début du second Évangile, trois noms qui contiennent tout le caractère et tout le rôle du Sauveur. Jésus, c’est l’homme ; Christ, c’est la fonction ; Fils de Dieu, c’est la nature divine.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Le nom d'ange est donc donné au Précurseur de Jésus-Christ, à cause de sa vie tout angélique, et de sa sublime dignité. Ces paroles: «Devant votre face», signifient: Votre envoyé est près de vous, ce qui prouve combien le Précurseur touchait de près à Jésus-Christ; car ceux-là seuls sont admis à marcher aux côtés des rois, qui tiennent de plus près à leur personne. «Il préparera la voie devant vous». C'est en effet par le baptême qu'il a préparé les âmes des Juifs à recevoir Jésus-Christ.
Saint Césaire d'Arles
La lecture de l'évangile, frères bien-aimés, nous a fait entendre ces paroles du Seigneur: Convertissez-vous, car le Royaume des cieux est tout proche (Mt 4,17). Le Royaume des cieux est le Christ qui, nous en avons la certitude, connaît les actes bons et mauvais et juge tous les motifs de nos actes.

Aussi nous faut-il devancer Dieu en confessant nos fautes et réprimer tous les dérèglements de l'âme avant le jugement. Nous nous exposons au danger si nous ne savons quel traitement suivre pour nous guérir du péché. Nous devons faire pénitence avant tout parce que nous savons que nous aurons à rendre compte des raisons de nos errements.

Voyez, frères bien-aimés, combien la bonté de notre Dieu est grande envers nous, si grande qu'il veut remettre le péché de celui qui s'en reconnaît coupable et le répare avant le jugement. Car lui, le juste juge, fait toujours précéder le jugement d'un avertissement, pour n'avoir jamais à exercer une justice sévère. Si Dieu veut tirer de nous des ruisseaux de larmes, ce n'est pas pour rien, frères bien-aimés, mais pour que nous puissions recouvrer par le repentir ce que nous avions perdu par la négligence.

Car notre Dieu sait que l'homme n'a pas toujours une volonté droite, et qu'il peut souvent pécher dans sa chair ou commettre des écarts de langage. Au ssi nous a-t-il appris la voie du repentir par laquelle nous pouvons réparer les dommages que nous avons causés, et nous corriger de nos fautes. Pour être sûrs d'en obtenir le pardon, nous ne devons donc jamais cesser de regretter nos péchés.

Si affaiblie que soit la nature humaine par tant de blessures, personne ne doit désespérer. Car le Seigneur est d'une générosité si grande qu'il répand de bon coeur sur tous ceux qui sont à bout de force les dons de sa miséricorde.

Mais l'un de vous dira peut-être: "Pourquoi craindrais-je, puisque je ne fais aucun mal?" Sur ce point, écoutez ce que dit l'apôtre Jean: Si nous disons que nous n'avons pas de péché, nous nous égarons nous-mêmes, et la vérité n'est pas en nous (1Jn 1,8). Que personne donc ne vous égare, mes bien-aimés, car la pire espèce de péché est de ne pas apercevoir ses péchés. Alors que tous ceux qui reconnaissent leurs fautes peuvent se réconcilier avec Dieu en se repentant, aucun pécheur ne mérite davantage notre pitié que celui qui croit n'avoir rien à se reprocher.

Je vous exhorte donc, mes bien-aimés, avec les paroles de l'Écriture, à vous tenir humblement sous la main toute-puissante de Dieu (1P 5,6). Et que personne ne refuse de réparer son péché, puisque personne n'en est exempt, car ce serait déjà une faute que de prétendre être sans péché. Il peut se faire que l'un soit moins coupable que l'autre, mais nul n'est exempt de tout péché. Les hommes sont certes pécheurs à des degrés divers; il n'y en a pourtant aucun qui soit net de toute souillure.

Voilà pourquoi, mes bien-aimés, il faut que ceux qui se sont rendus coupables d'offenses plus graves implorent leur pardon avec plus de foi. Quant à ceux qui se sont préservés des fautes les plus honteuses, qu'ils prient afin de ne pas les commettre. Par la grâce de Jésus Christ notre Seigneur, qui vit et règne avec le Père et l'Esprit Saint pour les siècles des siècles. Amen.