Luc 9, 9
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Quant à Hérode, il disait : « Jean, je l’ai fait décapiter. Mais qui est cet homme dont j’entends dire de telles choses ? » Et il cherchait à le voir.
Le langage du tétrarque indique une perplexité qui ne fait
que s'accroître. Pourtant, le nom de sa victime semble avoir produit en lui une impression plus vive. Mais, se
hâte-t-il d'ajouter comme pour rassurer ses craintes, j'ai décapité Jean ; par conséquent il n'est pas
vraisemblable que ce soit Jean-Baptiste. Qui sera-ce donc ? Quel est donc celui ci, de qui j'entends dire de
telles choses ? (« telles », des choses si surprenantes). - Et il cherchait à le voir : trait spécial, bien naturel du reste après ce qui précède. Hérode espérait pouvoir s'assurer « de visu » que Jésus n'était pas Jean-Baptiste.
Son désir ne fut réalisé qu'au temps de la Passion, comme nous l'apprendra S. Luc, 23, 8. D'après les deux
autres synoptiques, le tétrarque Antipas, au lieu de demeurer ainsi en suspens dans savoir à quel parti
s'arrêter, se prononce au contraire sans hésiter sur la nature de Jésus : « Celui-là, c’est Jean le Baptiste, il est
ressuscité d’entre les morts, et voilà pourquoi des miracles se réalisent par lui. » Matth. 14, 2 (cfr. Marc. 11,
14). Est-ce une contradiction ? Pas le moins du monde. Il est aisé de résoudre cette antilogie apparente en
disant que le moment psychologique décrit par les narrateurs n'est pas le même. S. Luc nous représente les
premières impressions d'Hérode ; S. Matthieu et S. Marc considèrent le tétrarque un peu plus tard, alors qu'il
avait pris un parti définitif. « Hérode témoigna d'abord cette hésitation, puis, persuadé de ce qu'on disait
autour de lui, il dit à son tour ce que nous lisons dans saint Matthieu » (S. August., de Cons. Evang. l. 2, c.
43). - Notre évangéliste, qui avait mentionné plus haut, 3, 19 et 20, l'emprisonnement du Précurseur, ne
donne aucun détail sur son martyre, se contentant du « J'ai fait décapiter Jean » d'Hérode, v. 8. En cela, M.
Renan voit la preuve que S. Luc « cherche à diminuer les méfaits » du tétrarque, « et à présenter son
intervention dans l'histoire évangélique comme bienveillante à quelques égard ». Les Évangiles, Paris 1877,
p. 255. Il faut une grande puissance de critique pour arriver à de telles conclusions !
Si c'est Jean-Baptiste qui est ressuscité des morts, en le voyant, il me sera facile de le reconnaître: «Et il cherchait à le voir».