Luc 9, 31

apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.

apparus dans la gloire. Ils parlaient de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem.
Louis-Claude Fillion
Apparaissant avec gloire : Moïse et Elie étaient, eux aussi, brillants et transfigurés. - Et ils parlaient de sa sortie du monde. Le mot grec signifie proprement « départ ». La suite du verset, qu'il devait accomplir à Jérusalem, désigne clairement de quelle espèce de départ il est ici question. Jésus avait eu son entrée (Act. 13, 24) à Bethléem : sa sortie de Jérusalem n'est autre que sa mort. Ce « terme extrêmement grave » (Bengel) ne correspond pas seulement au dernier soupir du Sauveur, mais il embrasse toutes les scènes du grand drame par lequel Jésus devait sortir de ce monde et remonter au ciel : « il contient la Passion, la croix, la mort, la Résurrection, l'Ascension ». Il est étonnant qu'à deux reprises S. Jean Chrysostome ait lu gloire pour sortie. Aucun manuscrit, aucune version n'appuie sa variante. - Quel thème de conversation entre Jésus, Moïse et Elie en ce moment glorieux : La mort du Christ était donc bien le point central de la Loi et des Prophètes ! De la Loi, par les nombreuses victimes figuratives ; des Prophètes, par leurs oracles aussi nets que nombreux.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou bien encore, il choisit ces trois disciples, comme plus capables de tenir caché ce miracle et de ne le révéler à personne. Or, il monta sur une montagne pour prier; il nous enseigne ainsi à chercher la solitude et à nous élever au-dessus des choses terrestres pour assurer le succès de nos prières.
Saint Bède le Vénérable
Il est ressuscité des morts après le septième jour de la semaine où il avait été mis dans le sépulcre; et nous aussi, après les six âges du monde écoulés, et le septième, qui est celui du repos des âmes dans l'autre vie, nous ressusciterons pour ainsi dire au huitième âge du monde.

Aussi, voyez le Sauveur monter sur une montagne pour y prier et y être transfiguré, et en même temps nous apprendre que ceux qui attendent le fruit de la résurrection et désirent voir le roi dans sa gloire ( Is 13, 17), doivent habiter les cieux en esprit, et faire de leur vie une prière continuelle.

Dans sa transfiguration, le Sauveur nous donne une idée de sa gloire, ou de sa résurrection future, ou de la notre, car après le jugement, il apparaîtra à tous les élus tel qu'il est apparu aux Apôtres. Le vêtement du Seigneur, c'est le choeur des saints qui l'environnent; tandis qu'il était sur la terre, ce vêtement paraissait méprisable, mais aussitôt qu'il monte sur la montagne, il brille d'un éclat nouveau; c'est ainsi que, «bien que nous soyons les enfants de Dieu, ce que nous serons un jour ne paraît pas encore, mais nous savons que quand il viendra dans sa gloire, nous serons semblables à lui». ( 1Jn 3 ).
Saint Cyrille d'Alexandrie
Ce n'est pas que son corps ait changé de forme, mais il fut environné d'une gloire éclatante. - S. Jean Damasc. A la vue de cet éclat qui environnait le Sauveur au milieu de sa prière, le démon se ressouvint de Moïse, dont le visage fut aussi rayonnant de gloire; mais cette gloire venait à Moïse d'un principe extérieur, tandis que pour le Seigneur, c'était la splendeur innée de la gloire divine. En effet, comme en vertu de l'union hypostatique, le Verbe et la nature humaine ont une seule et même gloire, la transfiguration du Sauveur n'est point l'usurpation de ce qu'il n'était pas, mais la manifestation, aux yeux de ses disciples, de ce qu'il était véritablement. C'est pour cela que saint Matthieu rapporte qu'il fut transfiguré devant eux, et que sa face resplendit comme le soleil; car Dieu est dans l'ordre des choses spirituelles, ce que le soleil est dans l'ordre des choses sensibles. Or de même que le soleil, qui est la source de la lumière, ne peut être regardé facilement, tandis que nous pouvons contempler sa lumière, parce qu'elle se répand sur la terre; ainsi le visage de Jésus-Christ resplendit du plus vif éclat, comme le soleil; et ses vêtements deviennent blancs comme la neige: «Et ses vêtements devinrent d'une éclatante blancheur»,éclairés comme par un reflet de la gloire divine.

C'est-à-dire, du mystère de son incarnation et aussi de sa passion qui devait être le salut du monde et qu'il devait accomplir sur sa croix adorable.
Saint Jean Chrysostome
Un autre motif de cette apparition, c'est que le peuple affirmait du Sauveur, qu'il était Elle ou Jérémie, il fallait donc distinguer le Maître du serviteur, faire voir d'ailleurs que le Sauveur n'était ni l'ennemi de Dieu, ni violateur de la loi, car autrement, ni Moïse, qui avait donné la loi, ni Elle, qui avait soutenu avec tant de zèle les intérêts de la gloire de Dieu, n'eussent paru à ses côtés. C'était encore pour manifester les vertus de ces deux grands hommes, car tous deux s'étaient plusieurs fois exposés à la mort pour la défense des commandements de Dieu. Le Sauveur vo ulait aussi les proposer comme modèles à ses disciples dans le gouvernement du peuple, en leur inspirant la douceur de Moïse et le zèle d'Élie. Enfin il les fait paraître pour montrer la gloire de la croix, et consoler ainsi Pierre, et tous ceux qui craignaient les souffrances: «Ils s'entretenaient de sa fin qu'il devait accomplir en Jérusalem.
Saint Ambroise
Ou bien encore, Pierre monte avec Jésus sur la montagne, parce qu'il devait recevoir les clefs du royaume des cieux; Jean, parce que le Sauveur devait lui confier sa mère; Jacques, parce qu'il devait souffrir le martyre le premier. ( Ac 12).

Dans un sens mystique, c'est après avoir enseigné à ses disciples la doctrine du renoncement et de la croix, que le Sauveur les rend témoins de sa transfiguration, parce que celui qui entend et croit les paroles du Christ, verra la gloire de la résurrection, car c'est le huitième jour qu'eut lieu la résurrection, et la plupart des psaumes sont intitulés, pour le huitième jour. Peut-être aussi, comme Notre-Seigneur avait dit précédemment, que celui qui perdra sa vie pour le Verbe de Dieu, veut-il nous montrer qu'il accomplira ses promesses au temps de la résurrection.

Saint Matthieu et saint Marc rapportent que le Sauveur prit avec lui ses disciples six jours après, ce qui nous autoriserait à dire que nous ressusciterons après six mille ans, car mille ans sont comme un jour devant Dieu ( Ps 89); mais on compte plus de six mille ans jusqu'à la résurrection, et nous préférons voir dans ces six jours la figure des six jours de la création du monde, en ce sens que par le temps, il faut entendre les oeuvres, et par les oeuvres, le monde. Aussi la résurrection ne doit s'accomplir qu'après que les temps marqués pour l'existence du monde seront écoulés. Peut-être encore, est-ce pour figurer que celui qui se sera élevé au-dessus du monde, et aura traversé la courte durée de la vie de ce siècle, sera placé comme en un lieu sublime pour attendre le fruit de la résurrection qui dure éternellement.

Dans ces trois disciples que le Sauveur conduit sur la montagne, je serais porté à voir la figure du genre humain tout entier, qui est descendu des trois enfants de Noé, si ces disciples n'avaient été expressément choisis. Ceux qui sont jugés dignes de monter sur la montagne, sont au nombre de trois, parce que personne ne peut voir la gloire de la résurrection, s'il n'a conservé dans toute son intégrité, la foi au mystère de la Trinité.