Luc 9, 29
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante.
Pendant qu'il priait : répétition pleine d'emphase pour relever le
rapport qui exista entre le prodige et la prière de Jésus. Pendant que le Sauveur était plongé dans sa profonde
et mystérieuse oraison, sa personne devint tout à coup l'objet d'un merveilleux phénomène. Pour décrire la
particularité principale du miracle, S. Luc n'emploie pas le verbe métamorphoser, dont S. Matthieu et S.
Marc avaient fait usage : peut-être, comme on l'a dit, l'a-t-il évité à dessein, parce que les païens en abusaient
pour désigner les métamorphoses de leurs dieux, et qu'il voulait écarter de l'esprit de ses lecteurs tout
souvenir profane et superstitieux. Il a donc recours à une circonlocution, l'aspect de son visage devint tout
autre ; ce qu'il ne faut pas entendre d'un changement opéré dans les linéaments du visage, mais de l'éclat
surnaturel, de la beauté divine, qui firent resplendir la physionomie de Jésus. « La transformation ajoute de la
splendeur, mais ne fait pas disparaître la face », S. Jérôme. - Ses vêtements devinrent blancs et brillants, le
dernier mot signifiant littéralement : lançant des éclairs. « Il est transfiguré dans une clarté éblouissante,
convenable à Dieu; et même son vêtement de lumière émettait des rayons, et ressemblait à la foudre », S.
Cyrill. in Cat. graec. Patr. Le texte grec contient une préposition qui indique que la lumière éblouissante des
vêtements provenait du corps transfiguré de Jésus.
Prenant avec lui uniquement Pierre, Jacques et Jean, Jésus les emmena à l'écart, sur une haute montagne, et il fut transfiguré devant eux (Mt 17,1-2), c'est-à-dire sous leurs yeux. "Que signifie: 'Il fut transfiguré"?", demande Chrysostome, le théologien. Cela veut dire qu'il laissa entrevoir, comme il le jugea bon, un peu de sa divinité, et qu'il montra à ses disciples Dieu habitant en lui. Pendant qu'il priait, dit saint Luc, son aspect changea (Lc 9,29), tandis que saint Matthieu écrit: Il devint brillant comme le soleil (Mt 17,2).
Il dit comme le soleil, non pour que nous concevions cette lumière comme une chose sensible <>, mais il veut nous faire comprendre ceci: ce que le soleil est pour ceux qui vivent selon les sens, et qui voient par les sens, le Christ l'est, dans sa nature divine, pour ceux qui vivent selon l'Esprit et voient dans l'Esprit. Dans la vision divine, ceux qui sont semblables à Dieu n'ont nul besoin d'une autre lumière que lui, car, pour ceux qui sont dans l'éternité, il n'est pas d'autre lumière que lui. Pourquoi, en effet, auraient-ils besoin d'une deuxième lumière, alors qu'ils ont la lumière primordiale?
Or, pendant qu'il priait, il resplendit ainsi et révéla, d'une manière indescriptible, en présence des prophètes les plus éminents, cette lumière mystérieuse aux disciples qu'il avait choisis. Il nous montre ainsi que cette vision bienheureuse est le fruit de la prière. Et il nous apprend que ceux qui sont proches de Dieu par la vertu et lui sont unis en esprit parviennent à la vision de cette splendeur. Celle-ci s'offre aux regards de tous ceux qui tendent sans cesse vers Dieu, par la pratique exacte des bonnes oeuvres et la prière sincère. Car, comme le dit saint Jean Chrysostome , "seul celui dont l'esprit a été purifié peut contempler la beauté véritable et très désirable qui entoure la bienheureuse nature divine. " En contemplant ses rayons et ses beautés, il en reçoit une part, pour ainsi dire un rayon de lumière éclatante, qui fait briller son propre regard.
C'est pourquoi le visage de Moïse fut aussi glorifié pendant qu'il s'entretenait avec Dieu (cf. Ex 34,29). Pensez-y: Moïse ne fut-il pas aussi transfiguré, une fois monté sur la montagne, et n'est-ce pas qu'il vit la gloire du Seigneur? Mais il subit la transfiguration et n'en fut pas l'auteur.
Notre Seigneur Jésus Christ, lui, possédait cette splendeur par nature. Dès lors, il n'avait même pas besoin de prier pour faire resplendir son corps de lumière divine. Mais il a indiqué aux saints par quel moyen ils recevraient la splendeur de Dieu et comment ils en auraient la vision. Car dans le Royaume de leur Père les justes resplendiront comme le soleil (Mt 13,43). Ainsi, devenus tout entiers lumière divine, et en tant qu'enfants de la lumière divine, ils verront le Christ éminemment rayonnant de lumière ineffable et divine. La gloire qui émane naturellement de sa divinité s'est manifestée sur le Thabor, également partagée par son corps, à cause de l'unité de sa personne. C'est donc aussi par une telle lumière que son visage devint brillant comme le soleil (Mt 17,2).
Il dit comme le soleil, non pour que nous concevions cette lumière comme une chose sensible <>, mais il veut nous faire comprendre ceci: ce que le soleil est pour ceux qui vivent selon les sens, et qui voient par les sens, le Christ l'est, dans sa nature divine, pour ceux qui vivent selon l'Esprit et voient dans l'Esprit. Dans la vision divine, ceux qui sont semblables à Dieu n'ont nul besoin d'une autre lumière que lui, car, pour ceux qui sont dans l'éternité, il n'est pas d'autre lumière que lui. Pourquoi, en effet, auraient-ils besoin d'une deuxième lumière, alors qu'ils ont la lumière primordiale?
Or, pendant qu'il priait, il resplendit ainsi et révéla, d'une manière indescriptible, en présence des prophètes les plus éminents, cette lumière mystérieuse aux disciples qu'il avait choisis. Il nous montre ainsi que cette vision bienheureuse est le fruit de la prière. Et il nous apprend que ceux qui sont proches de Dieu par la vertu et lui sont unis en esprit parviennent à la vision de cette splendeur. Celle-ci s'offre aux regards de tous ceux qui tendent sans cesse vers Dieu, par la pratique exacte des bonnes oeuvres et la prière sincère. Car, comme le dit saint Jean Chrysostome , "seul celui dont l'esprit a été purifié peut contempler la beauté véritable et très désirable qui entoure la bienheureuse nature divine. " En contemplant ses rayons et ses beautés, il en reçoit une part, pour ainsi dire un rayon de lumière éclatante, qui fait briller son propre regard.
C'est pourquoi le visage de Moïse fut aussi glorifié pendant qu'il s'entretenait avec Dieu (cf. Ex 34,29). Pensez-y: Moïse ne fut-il pas aussi transfiguré, une fois monté sur la montagne, et n'est-ce pas qu'il vit la gloire du Seigneur? Mais il subit la transfiguration et n'en fut pas l'auteur.
Notre Seigneur Jésus Christ, lui, possédait cette splendeur par nature. Dès lors, il n'avait même pas besoin de prier pour faire resplendir son corps de lumière divine. Mais il a indiqué aux saints par quel moyen ils recevraient la splendeur de Dieu et comment ils en auraient la vision. Car dans le Royaume de leur Père les justes resplendiront comme le soleil (Mt 13,43). Ainsi, devenus tout entiers lumière divine, et en tant qu'enfants de la lumière divine, ils verront le Christ éminemment rayonnant de lumière ineffable et divine. La gloire qui émane naturellement de sa divinité s'est manifestée sur le Thabor, également partagée par son corps, à cause de l'unité de sa personne. C'est donc aussi par une telle lumière que son visage devint brillant comme le soleil (Mt 17,2).
Toutefois, la prière du Seigneur est différente de la prière des serviteurs; la prière du serviteur est une élévation de l'esprit vers Dieu, mais la sainte intelligence du Christ (unie hypostatiquement à Dieu), qui nous conduit comme par la main et par degrés, au moyen de la prière, jusqu'à Dieu, nous enseigne par là, que loin d'être l'adversaire de Dieu, il honore son Père comme le principe de toutes choses. Par cette conduite, il tend aussi un piège au démon qui cherchait à savoir s'il était Dieu, ce que l'éclat de ses miracles attestait suffisamment. Il cachait ainsi le hameçon sous l'appât de la nourriture, pour prendre, comme avec un hameçon, par l'humanité dont il était revêtu, celui qui avait séduit le premier homme par l'appât trompeur de la divinité. La prière est une révélation de la gloire divine; aussi l'Évangéliste ajoute «Et pendant qu'il priait, l'aspect de sa face devint tout autre».
Ou bien dans un autre sens: Le Verbe de Dieu se rapetisse ou s'agrandit selon la mesure de vos dispositions, et si vous ne montez au sommet le plus élevé de la sagesse, vous ne pouvez voir toute la grandeur de Dieu qui est dans le Verbe. Les vêtements du Verbe sont les paroles de l'Écriture et comme l'enveloppe de l'intelligence divine, et le sens des divins enseignements se dévoile aux yeux de votre âme dans toute sa clarté, de même que les vêtements du Sauveur devinrent d'une blancheur éclatante.