Luc 8, 48

Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »

Jésus lui dit : « Ma fille, ta foi t’a sauvée. Va en paix. »
Louis-Claude Fillion
Après avoir exaucé tacitement la demande tacite de l'hémorrhoïsse, Jésus lui octroie maintenant sa grâce d'une manière ouverte. Il lui indique en même temps quelle avait été la vraie cause de son succès : Ta foi t'a sauvée. Cette foi était remarquable en effet. Dans ce même récit, nous avons vu Jaïre s'approcher hardiment du Sauveur comme un homme animé de la confiance la plus ferme ; mais un réalité un certain doute serrait son cœur (cfr. v. 50). L'hémorrhoïsse n'a pas osé se présenter directement à Jésus, mais au fond elle n'éprouvait pas la moindre hésitation, la plus légère défiance. Le divin Maître peut donc louer publiquement sa foi.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ils l'attendaient pour entendre sa doctrine et pour être témoins de ses miracles.
Saint Bède le Vénérable
Ou encore, le Seigneur reviendra trouver les Juifs à la fin des temps, et ils le recevront en s'empressant d'embrasser la foi.

Cette perte d e sang peut s'entendre de deux manières, et de la prostitution de l'idolâtrie, et des honteuses jouissances de la chair et du sang.

Car ce fut presque dans le même siècle que la synagogue prit naissance dans la personne des patriarches, et que les Gentils se souillèrent par les pratiques d'un culte idolâtrique.

Ces médecins représentent ou les faux théologiens, ou les philosophes, et les docteurs des lois humaines, qui font de longues dissertations sur les vertus et sur les vices, et promettent aux hommes de leur donner des règles utiles pour les diriger dans la conduite de la vie. Ou bien encore, ces médecins sont les esprits immondes qui, sous le voile d'un intérêt hypocrite, se faisaient adorer par les hommes à la place de Dieu. Or, plus la gentilité avait dépensé de facultés naturelles pour écouter tous ces docteurs, et plus il était difficile de la purifier des souillures de ses crimes.

Et Jésus-Christ lui-même a dit: «Si quelqu'un veut être mon serviteur, qu'il me suive» ( Jn 13). Ou bien encore, parce que celui qui ne voit point le Seigneur dans sa chair mortelle, après l'accomplissement et la consommation des mystères de sa vie temporelle, marche cependant sur ses traces par la foi.

Ou bien encore, il n'y a qu'une seule femme pour toucher le Seigneur avec foi, parce qu'on ne peut chercher avec foi que par le coeur de l'Église catholique celui qui est affligé par le désordre des diverses hérésies.
Saint Grégoire le Grand
Tandis que la foule presse de tous côtés le Rédempteur, une seule femme le touche véritablement, parce que dans l'Église, tous ceux qui suivent les penchants de la chair pressent le Sauveur, dont ils sont cependant bien éloignés, et ceux-là seuls le touchent, qui lui sont véritablement unis par l'humilité. Ainsi la foule le presse sans le toucher, parce qu'elle est importune par sa présence, et absente par sa vie.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Car il était défendu à ceux qui étaient souillés de quelque impureté, de toucher ceux qui étaient purs, ou de s'approcher de ceux que la loi réputait pour saints.

Le Seigneur ne pouvait ignorer le miracle qu'il venait d'opérer, mais bien qu'il connaisse toutes choses, il interroge comme s'il ne savait rien.
Saint Augustin
Après avoir raconté le miracle opéré chez les Géraséniens, l'Évangéliste passe à la résurrection de la fille du chef de la synagogue: «Jésus étant revenu, le peuple le reçut avec joie, parce qu'il était attendu de tous».

Le fait que salut Luc rapporte en cet endroit: «Un homme, appelé Jaïre», etc., n'arriva point aussitôt après celui qu'il vient de raconter. Il faut placer auparavant le repas des publicains dont parle saint Matthieu, et auquel il fait succéder si étroitement ( Mt 9, 18) ce miracle de la résurrection de la fille de Jaïre, qu'aucun autre ne peut être placé entre les deux.
Tite de Bostra
Il l'appelle sa fille, parce que sa foi a été la cause de sa guérison, et que la foi nous obtient aussi la grâce de l'adoption.
Saint Jean Chrysostome
Or, le Seigneur n'était pas venu sur la terre pour juger le monde, mais pour le sauver, il n'a donc point égard à la dignité de celui qui l'implore, mais il poursuit tranquillement son oeuvre, sachant bien qu'il allait opérer un miracle plus grand que celui qu'on lui demandait. En effet, on l'appelait pour guérir une jeune fille malade, mais il savait qu'il allait la ressusciter après sa mort, et inspirer ainsi aux hommes l'espérance certaine de la résurrection.

D'après la loi, cette maladie était regardée comme une des plus grandes souillures. ( Lv 15). D'ailleurs cette femme n'avait pas encore une bien juste idée du Sauveur, puisqu'elle espérait pouvoir lui cacher cette démarche; cependant elle s'approche de lui dans la ferme espérance d'être guérie.

Il commence par calmer la crainte de cette femme, dont la conscience alarmée aurait pu lui reprocher d'avoir comme dérobé la grâce de sa guérison; troisièmement, il fait l'éloge de sa foi devant tous ceux qui sont présents, et la propose à leur imitation; et en faisant voir que toutes choses lui sont connues, il ne fait pas un moindre miracle que celui de la guérison de cette femme.
Saint Ambroise
Dans un sens mystique, Jésus-Christ avait quitté la synagogue en s'éloignant des Géraséniens, et nous qui sommes étrangers, nous recevons celui que les siens n'ont pas voulu recevoir.

Mais que signifient cette fille du chef de la synagogue, qui meurt à l'âge de douze ans, et cette femme qui souffrait depuis douze ans d'une perte de sang, sinon que l'Église a été dans le travail et la souffrance, tant que la synagogue a existé?

Cette femme avait épuisé toute sa fortune pour se faire traiter par les médecins; ainsi le peuple des Gentils avait perdu tous les dons de la nature.
Eusèbe de Césarée
On rapporte que cette femme fit ériger dans la ville de Panéade (Césarée de Philippe), d'où elle était originaire, un monument remarquable, en souvenir du bienfait qu'elle avait reçu du Sauveur. On voyait à l'entrée de la porte de sa demeure, sur un piédestal élevé, une statue d'airain, représentant une femme à genoux, les mains jointes, dans l'attitude de la prière; de l'autre côté se dressait une autre statue de même matière, représentant un homme vêtu d'un manteau, la main étendue vers cette femme; à ses pieds, sur la base, on voyait une plante exotique, qui montais jusqu'au bord du manteau d'airain, et à laquelle on attribuait la propriété de guérir toutes les douleurs. Cette statue, disait-on, représentait Jésus-Christ, et l'empereur Maximin la fit détruire.
Origène
Le Sauveur confirme alors, par ses paroles, la guérison qu'elle a obtenue en touchant ses vêtements: «Et Jésus lui dit: Ma fille, votre foi vous a guérie, allez en paix», c'est-à-dire soyez délivrée de l'épreuve qui vous affligeait. Il ne guérit donc le corps qu'après avoir guéri l'âme par la foi.