Luc 6, 5

Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »

Il leur disait encore : « Le Fils de l’homme est maître du sabbat. »
Louis-Claude Fillion
Seconde partie de l'apologie. Non seulement la conduite des disciples pouvait être justifiée au moyen d'exemples célèbres, mais le Fils de l'homme, c'est-à-dire le Messie, leur Maître, avait eu le droit de l'autoriser, en sa qualité de Législateur souverain. Si le service du temple, comme l'admettaient les Rabbins eux-mêmes, l'emportait de beaucoup sur le repos du sabbat, à plus forte raison la volonté du Messie.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Il leur répond encore d'une autre manière: «Et il ajouta: Le Fils de l'homme est maître même du sabbat»; comme s'il disait: Je suis maître du sabbat, et j'en dispose à mon gré, et comme législateur, j'ai le pouvoir de supprimer le sabbat. Jésus-Christ était appelé Fils de l'homme, parce que tout Fils de Dieu qu'il était, il a daigné devenir miraculeusement Fils de l'homme et en porter le nom par amour pour les hommes.
Saint Bède le Vénérable
L'importunité de la foule ne laissait pas aux disciples le temps de manger, et comme ils éprouvaient le besoin de la faim, ils l'apaisent en mangeant les épis qu'ils froissent entre leurs mains, preuve d'une vie simple et austère, qui, loin de chercher des mets apprêtés, se contente des aliments les plus simples.

Il en est qui prétendent que ce reproche fut fait à Notre-Seigneur en personne, mais il a pu très-bien être fait par différentes personnes et au Sauveur lui-même, et à ses disciples; et quoiqu'il en soit, c'était surtout à lui que le reproche s'adressait.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Comme s'il disait: La loi de Moïse fait cette recommandation expressément: «Jugez selon la justice, ne faites point acception de personnes dans vos jugements»; pourquoi donc accusez-vous mes disciples, vous qui ne cessez d'exalter David comme un saint et comme un prophète, bien qu'il n'ait pas observé le commandement de Moïse?
Saint Jean Chrysostome
Il y avait alors une double fête, celle du jour même du sabbat et celle de la solennité qui lui succédait, et à laquelle on donnait aussi le nom de sabbat.

Remarquez que, lorsque Notre-Seigneur prend la défense de ses serviteurs (c'est-à-dire de ses disciples), il cite à l'appui l'exemple de simples serviteurs, celui de David et des prêtres, mais quand il répond à ses propres accusateurs, il en appelle à l'exemple de son Père, comme lorsqu'il dit: «Mon Père agit sans cesse, et moi j'agis aussi ( Jn 5, 17) ».

D'après saint Marc, Notre-Seigneur justifie ses disciples par une considération propre à tous les hommes: «Le sabbat, leur dit-il, a été fait pour les hommes, et non l'homme pour le sabbat». Donc il faut mettre le sabbat au-dessous de l'homme, plutôt que de placer l'homme sous le joug du sabbat,
Saint Ambroise
Cette action des disciples renferme un grand mystère. Le champ de blé, c'est le monde entier; la moisson, dont ce champ est couvert, c'est la prodigieuse fécondité des saints répandus dans le champ du genre humain; les épis sont les fruits de l'Église; les Apôtres en font tomber les grains et les mangent, c'est-à-dire qu'ils se nourrissent de nos progrès dans la vertu, en séparant de leur enveloppe extérieure les oeuvres et les fruits de l'âme pour les faire paraître à la lumière de la foi par les miracles éclatants de leurs oeuvres.

Mais puisque le sabbat a été fait pour les hommes, et que leur utilité demandait que l'homme ne fût plus soumis au jeûne prolongé d'une faim mortelle (lui qui avait été si longtemps privé des fruits de la terre), la loi, loin d'être détruite, reçoit ici son accomplissement.