Luc 6, 17
Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Jésus descendit de la montagne avec eux et s’arrêta sur un terrain plat. Il y avait là un grand nombre de ses disciples et une grande multitude de gens venus de toute la Judée, de Jérusalem, et du littoral de Tyr et de Sidon.
Avec les apôtres qu'il venait de se choisir, Jésus descend du sommet
mentionné au v. 12 et il rejoint la foule pour lui donner la grande charte du royaume des cieux. C'est ainsi
que Moïse était autrefois descendu de la cime du Sinaï, portant les tables de la loi. Ex. 34, 29. - Il s'arrêta
dans une plaine. Il n'y a rien, dans ces expressions, qui contredise le récit de S. Matthieu. Plaine peut fort
bien s'entendre d'un plateau situé, il est vrai, au-dessous du sommet élevé sur lequel Jésus avait passé la nuit,
mais faisant encore partie de la montagne. Telle était déjà la pensée de S. Augustin, de Cons. Evang. 2, 47 :
« on pourrait admettre encore que d'abord le Seigneur était seul avec ses disciples sur la partie la plus élevée
de la montagne, quand parmi eux il choisit les douze Apôtres; qu'ensuite il descendit, non jusqu'au bas, mais
dans un lieu qui est spacieux, c'est-à-dire une espèce de plaine qui se trouvait au flanc de cette montagne et
qui pouvait contenir une foule nombreuse; qu'il s'arrêta là, y resta debout attendant que la multitude fût
rassemblée autour de lui ; qu'enfin s'étant assis et les disciples s'étant approchés, il leur fit à eux et à toute la
foule un seul et même discours: discours que saint Matthieu et saint Luc auront rapporté, non de la même manière, mais sans varier pour le fond des choses et des pensées reproduites par tous deux ». Voir dans
l'explication du premier Évangile , p. 98, comment cette heureuse conjecture se trouve justifiée par la
configuration du Kouroun-Hattîn, ou montagne des Béatitudes. - La troupe de ses disciples et une grande
multitude… Autour de Jésus se forme donc comme une triple couronne d'auditeurs : les Douze, puis la foule
déjà nombreuse des disciples, puis la masse du peuple. Les détails géographiques ajoutés par l'évangéliste
montrent jusqu'où s'étendait alors la renommée du Sauveur. Au cœur de la Galilée, où se passe la présente
scène, Jésus voyait à ses côtés des habitants de Jérusalem et de la Judée, de Tyr et de Sidon, même de
l'Idumée et de la Pérée, ajoute S. Marc. , 3, 7 et 8 (voyez le commentaire). La contrée maritime représente
tout le littoral palestinien de la Méditerranée. Néanmoins, l'omission de la conjonction et dans le texte grec
entre ce mot et Tyr montre qu'il ne désigne directement ici que les côtes de la Phénicie.
Cette région maritime, d'où venait cette multitude qui suivait le Sauveur, n'est point celle qui avoisinait la mer de Galilée, il n'y aurait eu en cela rien d'extraordinaire, mais c'était la région qui touche à la grande mer (et où po uvaient se trouver Tyr et Sidon), comme l'indique l'Évangéliste: «Et de Tyr et de Sidon». Ces deux villes qui étaient habitées par des Gentils, sont expressément désignées pour faire ressortir la grandeur de la renommée et de la puissance du Sauveur, qui presse des villes idolâtres de venir lui demander la guérison de leurs maux et les enseignements de la vérité: «Qui étaient venus pour l'entendre».
Après avoir choisi ses Apôtres, alors qu'il voyait rassemblée autour de lui une grande multitude de peuples de la Judée et aussi de la région maritime de Tyr et de Sidon (contrées dont les habitants étaient idolâtres), il les établit docteurs de tout l'univers; pour affranchir les Juifs de la servitude de la loi, et rappeler des erreurs des Gentils à la connaissance de la vérité, ceux qui rendaient au démon un culte idolâtre: «Il descendit ensuite avec eux, et s'arrêta avec la troupe de ses disciples, et une grande multitude de peuple de toute la Judée, de Jérusalem et de la contrée maritime de Tyr et de Sidon».
La signification de ces mots beaucoup et peu, doit se mesurer par la grandeur et la dignité de celui qui les emploie. Or, quel est celui qui promet une grande récompense? Un prophète ou un Apôtre, qui ne sont que des hommes, eussent estimé peut-être comme considérable ce qui ne l'était pas, mais ici celui qui promet cette grande récompense, c'est le Seigneur qui possède des trésors éternels et des richesses au-dessus de toute conception humaine.
Cependant gardons-nous de croire que tous ceux que la pauvreté accable, aient part à cette béatitude, elle est réservée à ceux-là seuls qui sacrifient les richesses de la terre aux préceptes de Jésus-Christ. Combien, en effet, sont pauvres des biens de la terre, mais on ne peut plus cupides par leurs désirs; la pauvreté ne les sauve point, mais leurs désirs sont la cause de leur damnation, car rien de ce qui est involontaire ne peut mériter le bonheur éternel, parce qu'on ne peut comprendre la vertu sans le libre arbitre. Bienheureux donc celui qui est pauvre, comme l'est un disciple de Jésus-Christ, qui a souffert pour nous la pauvreté, car le Seigneur a voulu accomplir le premier toutes les oeuvres qui conduisent à la béatitude, en se rendant le modèle de ses disciples.