Luc 5, 33

Ils lui dirent alors : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »

Ils lui dirent alors : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »
Louis-Claude Fillion
D'après la narration de S. Marc, qui est ici la plus complète et par conséquent la plus exacte, ce ne furent pas tout à fait les mêmes interlocuteurs qui adressèrent à Jésus cette seconde question : elle lui fut posée conjointement par les Pharisiens et par les disciples du Précurseur. - Pourquoi est omis par les témoins les plus autorisés. Dans ce cas, il n'y aurait pas eu d'interrogation proprement dite : les adversaires de Notre-Seigneur se seraient contentés de signaler le fait. Cette leçon rendrait peut-être plus frappant encore le contraste établi entre les jeûnes austères des Joannites et les bons repas reprochés à Jésus. - Des prières : ces mots, qu'on trouve seulement dans le troisième Évangile, représentent des prières spéciales et prolongées, qui ont toujours été associées au jeûne pour le rendre plus méritoire.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Jésus-Christ ayant répondu à leur première question, ils passent à un autre point, et veulent lui montrer que les disciples et Jésus lui-même ne prennent aucun soin d'observer la loi: « Alors ils lui demandèrent: Pourquoi les disciples de Jean jeûnent-ils, etc., tandis que les vôtres mangent ? »etc., c'est-à-dire: Vous mangez avec les publicains et avec les pécheurs, bien que la loi défende toute communication avec ceux qui sont impurs ( Lv 15 ), et vous excusez cette transgression par un motif de miséricorde; mais pourquoi donc ne jeûnez-vous pas comme tous ceux qui conforment leur conduite aux prescriptions de la loi? Les saints jeûnent, il est vrai, pour réprimer leurs passions par la mortification du corps; mais Jésus-Christ n'avait pas besoin du jeûne pour s'élever à la perfection de la vertu, puisque, comme Dieu, il était inaccessible à tout entraînement des passions. Le jeûne n'était pas plus nécessaire à son humanité, puisqu'elle participait à la grâce qui était en lui, et y puisait une force qui la maintenait au même degré de vertu. Si donc le Sauveur se soumit à un jeûne de quarante jours, ce ne fut point pour réprimer en lui les passions, mais pour donner aux hommes charnels une leçon et une règle de mortification.