Luc 5, 33
Ils lui dirent alors : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »
Ils lui dirent alors : « Les disciples de Jean le Baptiste jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, les tiens mangent et boivent ! »
D'après la
narration de S. Marc, qui est ici la plus complète et par conséquent la plus exacte, ce ne furent pas tout à fait
les mêmes interlocuteurs qui adressèrent à Jésus cette seconde question : elle lui fut posée conjointement par
les Pharisiens et par les disciples du Précurseur. - Pourquoi est omis par les témoins les plus autorisés. Dans
ce cas, il n'y aurait pas eu d'interrogation proprement dite : les adversaires de Notre-Seigneur se seraient
contentés de signaler le fait. Cette leçon rendrait peut-être plus frappant encore le contraste établi entre les
jeûnes austères des Joannites et les bons repas reprochés à Jésus. - Des prières : ces mots, qu'on trouve
seulement dans le troisième Évangile, représentent des prières spéciales et prolongées, qui ont toujours été
associées au jeûne pour le rendre plus méritoire.
Jésus-Christ ayant répondu à leur première question, ils passent à un autre point, et veulent lui montrer que les disciples et Jésus lui-même ne prennent aucun soin d'observer la loi: « Alors ils lui demandèrent: Pourquoi les disciples de Jean jeûnent-ils, etc., tandis que les vôtres mangent ? »etc., c'est-à-dire: Vous mangez avec les publicains et avec les pécheurs, bien que la loi défende toute communication avec ceux qui sont impurs ( Lv 15 ), et vous excusez cette transgression par un motif de miséricorde; mais pourquoi donc ne jeûnez-vous pas comme tous ceux qui conforment leur conduite aux prescriptions de la loi? Les saints jeûnent, il est vrai, pour réprimer leurs passions par la mortification du corps; mais Jésus-Christ n'avait pas besoin du jeûne pour s'élever à la perfection de la vertu, puisque, comme Dieu, il était inaccessible à tout entraînement des passions. Le jeûne n'était pas plus nécessaire à son humanité, puisqu'elle participait à la grâce qui était en lui, et y puisait une force qui la maintenait au même degré de vertu. Si donc le Sauveur se soumit à un jeûne de quarante jours, ce ne fut point pour réprimer en lui les passions, mais pour donner aux hommes charnels une leçon et une règle de mortification.