Luc 4, 27
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
Au temps du prophète Élisée, il y avait beaucoup de lépreux en Israël ; et aucun d’eux n’a été purifié, mais bien Naaman le Syrien. »
Elisée, disciple d’Elie et héritier de son esprit, guérit Naaman, grand personnage de la cour de Syrie, de la maladie de la lèpre, en le faisant laver sept fois dans le Jourdain. Voir 4 Rois, 5, 1-15.
Second exemple, tiré de la vie d'Élisée. Voyez
les détails au quatrième livre des Rois, ch. 5. - Sur la multiplicité des lépreux à cette époque, comparez Ibid.
7, 3 et ss. - Au temps du prophète Élisée : cfr 3, 2 ; Marc. 2, 26 ; Act. 11, 28, etc. Les prophètes célèbres, de
même que les prêtres et les rois, servaient à marquer les principales périodes de l'histoire juive. - Guéri :
terme théocratique pour désigner la guérison de la lèpre, cette maladie rendant impurs au point de vue légal
les malheureux qu'elle atteignait. - De ce second fait, ainsi que du premier, il résultait d'une façon très
évidente que les faveurs célestes ne sont nullement restreintes à telle ou telle zone géographique : elles
accompagnent la foi et non la nationalité. Que les habitants de Nazareth croient donc en Jésus, et il fera des
prodiges chez eux comme il en a fait à Capharnaüm.
Que le Christ soit appelé prophète dans les Écritures, Moïse en fait foi quand il dit: «Dieu vous suscitera un prophète d'entre vos frères». ( Dt 18).
En effet, Naaman qui veut dire beau, représente le peuple des Gentils; il lui est ordonné de se laver sept fois, parce que le baptême qui nous sauve est celui qui nous régénère par les sept dons de l'Esprit saint. Sa chair, après avoir été lavée, devient comme celle d'un enfant, parce que la grâce, qui est notre mère, nous fait tous renaître à une seule et même enfance, ou bien parce que nous sommes rendus semblables à Jésus-Christ dont il est dit: «Un enfant nous est né». ( Is 9).
Comme s'il leur disait: Vous voulez me voir opérer de nombreux prodiges au milieu de vous, parmi lesquels se sont passées mes premières années; mais je n'ignore pas un sentiment trop commun à la plupart des hommes; ils n'ont que du mépris pour les choses les plus excellentes, lorsqu'elles se répètent fréquemment et comme à volonté. Il en est de même des hommes, celui avec lequel on vit dans une espèce de familiarité cesse d'être respecté par ses proches qui ont l'habitude de le voir toujours au milieu d'eux.
Puisque saint Luc rappelle ici les grands prodiges que Notre-Seigneur a déjà opérés, et qu'il sait bien n'avoir pas racontés lui-même, il est donc évident que c'est en connaissance de cause qu'il place en premier lieu cet événement. En effet, la distance qui le sépare du baptême du Sauveur, est trop peu grande pour qu'on puisse supposer qu'il a oublié qu'il n'a encore rien dit de ce qui s'est passé dans la ville de Capharnaüm.
Mais comme le fleuve où il se désaltérait était desséché, Dieu lui dit: «Allez à Sarepta, ville des Sidoniens, là je commanderai à une femme veuve de vous nourrir»,Et Notre-Seigneur ajoute: «Et Élie ne fut envoyé à aucune d'elles, mais à une veuve de Sarepta, dans le pays des Sidoniens». Élie agit en cela par une disposition toute particulière de Dieu, qui le conduisit par un long chemin jusque dans le pays de Sidon, afin qu'étant témoins de la famine qui désolait ces contrées, il priât Dieu de répandre la pluie sur la terre. Or il y avait alors bien des riches dans ce pays, et aucun d'eux n'imita l'exemple de cette veuve, la vénération qu'elle eut pour le prophète lui fit trouver des richesses, non dans l es biens qu'elle n'avait pas, mais dans sa bonne volonté.
Ce n'est pas sans raison que le Sauveur s'excuse de n'avoir fait aucun miracle dans sa patrie, il ne voulait pas qu'on pût croire que nous devions faire peu de cas de l'amour de la patrie: «Et il dit: Je vous dis en vérité, qu'aucun prophète n'est accueilli dans sa patrie», etc.
Cet exemple nous apprend qu'en vain nous espérons le secours de la miséricorde céleste, si nous portons envie au mérite de la vertu de nos frères. Dieu, en effet, méprise souverainement les envieux, et prive des miracles de sa puissance ceux qui persécutent dans les autres les bienfaits de sa main divine. Les oeuvres que Notre-Seigneur faisait pendant sa vie mortelle, étaient des preuves de sa divinité, et ses perfections invisibles nous étaient manifestées par ce qui paraissait aux yeux. Voyez quel mal produit l'envie, la patrie de Jésus est jugée indigne, à cause de son envie, d'être témoin des oeuvres du Sauveur, elle qui avait été jugée digne d'être le lieu de sa conception divine.
Dans le sens mystique, ces paroles: «Dans les jours d'Élie», signifient qu'Élie était pour eux comme la lumière du jour, parce qu'ils voyaient dans ses oeuvres l'éclat de la grâce spirituelle qui était en lui. Ainsi le ciel s'ouvrait pour ceux qui étaient témoins des divins mystères, et il se fermait durant la famine, alors qu'il n'y avait aucun moyen facile d'arriver à la connaissance de Dieu. Cette veuve, à laquelle Élie fut envoyé, est une figure de l'Église.
Nous avons dit précédemment que cette veuve vers laquelle Élie fut envoyé, était la figure de l'Église. Or, dans un sens allégorique, le peuple s'approche de l'Église pour marcher à sa suite. C'est ce peuple composé des nations étrangères, ce peuple couvert de lèpre avant qu'il fût plongé dans le baptême du fleuve mystique, mais qui après avoir reçu le sacrement de baptême qui l'a purifié de toutes les souillures du corps et de l'âme, a commencé à devenir une Vierge immaculée sans rides comme sans taches.
Lorsque, en effet, Élie eut considéré que l'abondance était la source des plus grands scandales, il imposa aux hommes par la famine, un jeûne nécessaire, pour mettre ainsi un frein à leurs excès qui ne connaissaient plus de bornes. C'est alors que l'on vit des corbeaux qui, d'ordinaire, dérobent aux autres leur nourriture, devenir les messagers du ciel pour nourrir cet homme juste.
On peut encore voir ici la figure de toute âme veuve, pour ainsi dire, dénuée de force et privée de la connaissance de Dieu, lorsque cette âme reçoit la parole divine, en reconnaissant ses fautes, Dieu lui apprend à nourrir cette parole avec le pain des vertus, et à arroser la science de la vertu avec la source de la vie.
Pendant que la famine désolait le peuple d'Israël, affamé d'entendre la parole de Dieu, le prophète est venu trouver cette veuve, dont il est dit dans le prophète Isaïe ( Is 54): «L'épouse abandonnée est devenue plus féconde que celle qui a un époux, et en demeurant chez elle il multiplia son pain et ses autres aliments.
Notre-Seigneur cite encore un autre fait à l'appui de la même vérité, en ajoutant: «Il y avait aussi beaucoup de lépreux en Israël, au temps du prophète Élisée, et aucun d'entre eux ne fut guéri, si ce n'est Naaman le Syrien», qui ne faisait point partie du peuple d'Israël.