Luc 24, 24
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Quelques-uns des nôtres sont aussi
allés… Il suit de là que S. Pierre n'était pas allé seul au sépulcre. Cfr. Joan. 20, 2 et ss. Il est vraisemblable
que d'autres disciples encore l'avaient visité, soit par groupes, soit isolément. Ils trouvèrent donc à leur tour le
sépulcre vide ; toutefois, ajoutent les narrateurs en termes pleins d'emphase, lui, ils ne l'ont pas trouvé,
semblant sous-entendre : Ne l'auraient-ils pas vu lui-même, s'il était vraiment ressuscité ? Telle fut la
« conclusion dramatique » (Meyer) de leur récit. Certes, quoi que disent les écrivains rationalistes, espérant
par leurs assertions audacieuses jeter des doutes sur la Résurrection de Jésus, il n'y a guère d'enthousiasme en
tout cela ! Il fallut des faits bien palpables pour convaincre des hommes qui espéraient si peu, et dont la foi
s'était à demi brisée contre le tombeau de Notre-Seigneur.
C'est-à-dire, êtes-vous donc seul étranger, habitez-vous si loin de Jérusalem et vous inquiétez-vous si peu de ce qui s'est passé au milieu de cette ville que vous l'ignoriez complètement?
Lorsqu'ils espéraient, en effet, que le Christ délivrerait le peuple d'Israël des maux qui l'accablaient et de la servitude des Romains, ils croyaient qu'il serait roi à la manière des rois de la terre, et qu'il aurait pu par conséquent échapper à la sentence de mort portée contre lui.
Il en est qui prétendent que l'un de ces deux disciples était saint Luc lui-même, et que c'est la raison pour laquelle il a caché son nom.
Ils rapportent même le bruit que les saintes femmes avaient répandu de la résurrection de Jésus: «A la vérité, quelques-unes des femmes qui sont avec nous, nous ont fort étonnés», etc. ils rapportent ce bruit sans y croire, la seule impression qu'il ait produite sur eux, c'est l'étonnement, la frayeur, car ils ne pouvaient supposer la vérité de ce qui leur était raconté ni croire à l'apparition des anges, cette nouvelle les jetait donc dans l'étonnement et le trouble. Le témoignage de Pierre lui-même ne leur paraissait pas certain, car il n'affirmait pas qu'il avait vu le Seigneur, mais de ce que son corps n'était plus dans le sépulcre, il conjecturait qu'il pouvait être ressuscité: «Quelques-uns des nôtres sont allés au sépulcre, et ont trouvé toutes choses comme les femmes les leur avaient rapportées, mais pour lui, ils ne l'ont point trouvé».
C'est donc avec raison qu'ils sont dans la tristesse, ils se reprochent pour ainsi dire d'avoir placé leurs espérances de rédemption dans celui qu'ils ont vu mourir sur la croix, et à la résurrection duquel ils ne peuvent croire, et ils s'affligent de la mort injuste de celui dont ils connaissaient l'innocence.
Saint Marc a pu sans absurdité appeler campagne le bourg d'Emmaüs. Saint Luc fait connaître ensuite la situation de ce bourg, en ajoutant: Il était éloigné d'environ soixante stades de Jérusalem et s'appelait Emmaüs.
Saint Luc vient de dire précédemment que Pierre courut au sépulcre, et en rapportant les paroles de Cléophas: «Quelques-uns des nôtres sont allés au sépulcre», il confirme le récit de Jean, d'après lequel deux disciples ( Jn 20 ) allèrent au sépulcre; mais saint Luc n'a parlé d'abord que de Pierre, comme étant le premier à qui Marie annonça ce qu'elle avait vu.
Le Sauveur se manifeste sur le soir et séparément à ces deux disciples nommés Ammaon et Cléophas, comme il se manifesta plus tard séparément aux onze Apôtres.