Luc 21, 4
Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Car tous ceux-là, pour faire leur offrande, ont pris sur leur superflu mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle avait pour vivre. »
Plus d'un spectateur dut sourire
dédaigneusement quand l'humble veuve glissa son offrande dans le tronc : Jésus loue au contraire
publiquement cet acte, dont il dévoile toute la générosité. - En vérité… Affirmation solennelle, pour mieux
relever le grand principe qui va suivre. - Elle a mis plus que tous les autres. Et pourtant, d'après S. Marc, « de
nombreux riches avaient donné beaucoup ». Mais Dieu juge parfois autrement que les hommes. « Car s’il y a
de l’ardeur, on est bien reçu avec ce que l’on a, peu importe ce que l’on n’a pas. », 2 Cor. 8, 12. Les païens
eux-mêmes admettaient ce juste critère. « Ce n'est pas la somme qui détermine le plus ou le moins, mais la
condition de celui qui donne », Xénoph. Anab. 7, 7, 36. cfr. Memorab. 1, 3, 3. « La magnanimité ne se
mesure pas d'après la grandeur du don, mais d'après le rapport qui existe entre lui et la fortune du donataire »,
Aristote, Ethic. 4, 2. Le Talmud raconte (ap. Wetstein, Horae in Marc. 12, 43) qu'un grand-prêtre, ayant
durement refusé une poignée de farine qu'une pauvre femme lui offrait pour le temple, fut réprimandé par
Dieu dans une vision et obligé d'accepter ce modeste sacrifice. « Et quel mérite y a-t-il à cela ? » nous disait
un jour un gentilhomme aussi généreux que riche. - Celle-ci a donné de son indigence : l'acte de cette femme
était donc vraiment héroïque. « La petite somme d’argent est celle qui a le plus de valeur parce que le
montant d’argent dépensé ne se calcule pas d’après ce qui est donné mais d’après ce qui reste. Personne n’a
plus donné que celle qui ne s’est rien réservé », S. Ambr. De viduis, c. 5. Les anges seuls, avec Dieu, sont
capables de supputer les gros intérêts qu'a produits l'obole de la pauvre veuve.
Ou encore, cette veuve est l'image de toute âme qui, veuve de la loi ancienne, comme de son premier mari, n'est pas encore digne de s'unir au Verbe de Dieu; elle donne à Dieu pour gage sa foi et sa bonne conscience, et c'est ainsi qu'elle paraît offrir beaucoup plus que ceux qui sont riches en paroles, beaucoup plus que toutes les vertus morales qui forment les richesses des Gentils.
Dieu a pour agréable tout ce que nous lui offrons d'un coeur généreux; il pèse les intentions bien plus que l'objet même de notre offrande, et il considère moins la matière de notre sacrifice que la disposition généreuse de celui qui l'offre: «Car tous ceux-là ont fait des offrandes à Dieu de leur superflu, mais cette femme a mis de son indigence même tout ce qu'elle avait pour vivre».
Ce n'est pas la modicité de l'offrande, mais la richesse du coeur que Dieu considère ici.
L'aumône en effet ne consiste pas à donner une petite partie des grandes richesses qu'on possède, mais à imiter cette veuve qui s'est dépouillée de tout ce qu'elle possédait. Si vous ne pouvez donner autant qu'elle, donnez au moins tout votre superflu.