Luc 21, 36

Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »

Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme. »
Louis-Claude Fillion
Veillez : mot principal de cette exhortation pratique. - Priant en tout temps. Dans le texte grec, le verbe prier n'est pas celui que les autres évangélistes emploient habituellement pour exprimer l'idée de la prière : S. Matthieu seul en fait une fois usage (9, 38) ; mais nous le trouvons quinze fois dans les écrits de S. Luc, et six fois dans ceux de S. Paul. Notez cette association de la vigilance et de la prière (Cfr. 18, 1 ; Eph. 6, 18) : la prudence humaine serait insuffisante sans les divins secours que la prière nous obtient. - Afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper… Comp. 20, 26. - Paraître devant le Fils de l'homme : c'est-à-dire, d'après Ps. 1, 5 et Mal. 3, 2, vous tenir avec confiance pour louer et aimer éternellement Dieu dans le ciel. C'est là un doux et consolant horizon que nous ouvre Jésus.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Notre-Seigneur vient de prédire les signes terribles et manifestes des calamités qui doivent fondre sur les pécheurs, mais il donne comme préservatif contre ces maux la vigilance et la prière: «Prenez donc garde à vous», etc.

C'est-à-dire, la faim, la peste et les autres fléaux de ce genre, qui menacent les élus aussi bien que les autres hommes, et les supplices éternels réservés aux coupables, car nous ne pouvons éviter ces malheurs que par la vigilance et la prière.

Et comme il est du devoir d'un chrétien, non seulement de fuir le mal, mais de s'efforcer de parvenir à la gloire que Dieu lui réserve, le Sauveur ajoute: «Et de paraître avec confiance devant le Fils de l'homme», car c'est la gloire des anges de se tenir devant le Fils de l'homme, qui est notre Dieu, et de contempler éternellement sa face.
Saint Bède le Vénérable
Si un habile médecin nous recommandait de prendre bien garde au suc de quelque plante, de peur qu'elle ne nous donnât aussitôt la mort, avec quel soin nous observerions ses prescriptions. Cependant le Sauveur nous avertit de nous préserver de l'ivresse, de l'excès de la débauche et dés sollicitudes de cette vie, et nous ne craignons ni les blessures, ni la mort, dont toutes ces choses sont pour nous la cause, parce que, nous refusons d'accorder aux paroles du Seigneur, la même confiance que nous accordons aux paroles d'un médecin.
Saint Augustin
C'est dans ce sens qu'il faut entendre cette fuite dont parle saint Matthieu, et qui ne doit avoir lieu ni dans l'hiver, ni le jour du sabbat. L'hiver est la figure des soucis de cette vie qui sont tristes comme la saison d'hiver; le sabbat figure les excès de l'intempérance et de l'ivresse, qui submergent et étouffent le coeur dans les jouissances et les voluptés de la chair. Ces excès sont figurés par le sabbat, parce que c'est le jour où les Juifs se livrent à toutes les jouissances de la terre, dans l'ignorance où ils sont du sabbat spirituel.
Eusèbe de Césarée
Notre-Seigneur nous recommande donc la vigilance pour nous prémunir contre l'appesantissement que produisent les plaisirs et les sollicitudes de la terre: «Veillez donc et priez en tout temps, afin que vous soyez trouvés dignes d'échapper à tous ces maux qui arriveront».
Clément d'Alexandrie
L'ivresse, c'est l'usage immodéré du vin, la crapule, c'est le malaise et les vomissements qui sont la suite de l'ivresse, elle est ainsi appelée d'un mot grec qui veut dire branlement de tête. Or, de même que nous ne devons faire usage des aliments que pour apaiser la faim, nous ne devons user de la boisson que pour éteindre la soif, et nous devons éviter avec soin tout excès, car le vin est un breuvage trompeur. L'âme qui sera libre des excès du vin aura la prudence et la sagesse en partage; mais celle qui se plonge dans les vapeurs de l'ivresse, sera comme couverte d'un nuage épais.