Luc 20, 19

À cette heure-là, les scribes et les grands prêtres cherchèrent à mettre la main sur Jésus ; mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, qu’il avait dit cette parabole à leur intention.

À cette heure-là, les scribes et les grands prêtres cherchèrent à mettre la main sur Jésus ; mais ils eurent peur du peuple. Ils avaient bien compris, en effet, qu’il avait dit cette parabole à leur intention.
Louis-Claude Fillion
Jésus n'avait pas seulement refusé de répondre à la « question dictatoriale » des Sanhédristes ; il avait en outre dénoncé à la face du peuple leur conduite anti-théocratique et fait retentir au-dessus de leurs têtes le tonnerre des vengeances célestes. Aussi, plus irrités que jamais, se mettent-ils à délibérer encore (Cfr. 19, 47 et ss.) pour trouver le moyen de s'emparer de lui sur-le-champ (à cette heure même : c'est là un trait propre à S. Luc) ; mais de nouveau la crainte du peuple les retint. - Car ils avaient reconnu que c'était contre eux qu'il avait dit cette parabole. Ils disaient juste. C'était la réalisation de l'adage « si l'on change le nom, cette histoire s'applique à vous ». Cette réflexion, commune aux trois synoptiques, est précieuse, parce qu'elle nous révèle le but immédiat de la parole des vignerons homicides.
Saint Bède le Vénérable
En cherchant à faire mourir le Sauveur, ils confirmaient la vérité de ce qu'il avait dit dans cette parabole, car il était l'héritier dont la mort injuste devait être vengée par le châtiment des meurtriers, et ils étaient eux-mêmes ces méchants vignerons, qui cherchaient à faire mourir le Fils de Dieu. La même chose se renouvelle encore tous les jours dans l'Église, lorsqu'un chrétien qui ne l'est que de nom, n'a aucune affection pour l'unité de la foi et de la paix dans l'Église, quoiqu'il rougisse ou qu'il craigne de la combattre, à cause de la multitude des fidèles dont il est environné. Les princes des prêtres voulaient se saisir de la personne de Jésus et ne pouvant le faire par eux-mêmes, ils cherchaient à le livrer aux mains du gouverneur: «C'est pourquoi l'épiant, ils lui envoyèrent des gens apostés», etc.