Luc 2, 50

Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.

Mais ils ne comprirent pas ce qu’il leur disait.
Pape Saint Jean-Paul II
Toutefois, après que Jésus, agé de douze ans, eut été retrouvé dans le temple, et que, à la question de sa mère: «Pourquoi nous as-tu fait cela?», il eut répondu: «Ne savez-vous pas que je dois être aux affaires de mon Père?», l'évangéliste ajoute: «Mais eux (Joseph et Marie) ne comprirent pas la parole qu'il venait de leur dire» (Lc 2, 48-50). Jésus avait donc conscience de ce que «seul le Père connaît le Fils» (cf. Mt 11, 27), à tel point que même celle à qui avait été révélé plus profondément le mystère de sa filiation divine, sa Mère, ne vivait dans l'intimité de ce mystère que par la foi! Se trouvant aux côtés de son Fils, sous le même toit, et «gardant fidèlement l'union avec son Fils», elle «avançait dans son pèlerinage de foi», comme le souligne le Concile. Et il en fut de même au cours de la vie publique du Christ (cf. Mc 3, 21-35), de sorte que, de jour en jour, s'accomplissait en elle la bénédiction prononcée par Elisabeth à la Visitation: «Bienheureuse celle qui a cru».
Louis-Claude Fillion
La rougeur monte au front de l'exégète chrétien, quand il lit cette profonde réflexion. Il ose, lui, ténèbres et péché, commenter ce que Marie et Joseph ne comprirent pas ! Mais la suite de la vie du Sauveur et les enseignements de l'Église nous ont fourni des lumières qu'il n'avait pas plu à la divine Providence de donner aux saints époux dès cette époque avancée. Du reste, ce verset ne signifie pas que la parole de Jésus fut pour ses parents une énigme absolue, puisque, mieux que personne, ils connaissaient sa nature divine. S. Luc a seulement voulu dire qu'ils n'en saisirent pas alors toute l'étendue. Quelle relation y avait-il entre le séjour actuel de l'Enfant dans le temple et les affaires de son Père céleste ? Allait-il donc dès maintenant se manifester au monde ? Ces problèmes et d'autres semblables se pressaient dans leur esprit, et ils n'en pouvaient trouver la complète solution. Voyez Wouters, Dilucid. Select. S. Script. t. 2, c. 6, q. 3 ; Calmet, Comment. in h. l.
La Glose
Peut-être aussi craignaient-ils que d'autres ennemi de Jésus, profitant de l'occasion, ne missent à exécution, contre ce divin enfant, les desseins homicides qu'Hérode avait formés contre lui dès son berceau.
Saint Bède le Vénérable
Pour montrer qu'il était homme, il écoutait modestement des docteurs qui n'étaient que des hommes; mais pour prouver qu'il était Dieu, il répondait à leurs questions d'une manière sublime.

Nous pouvons encore dire que, comme le nombre sept, le nombre douze (formé des deux parties du nombre sept multipliées l'une par l'autre) figure l'universalité et la perfection des temps et des choses; c'est donc pour nous apprendre que la lumière qu'il apporte au monde, doit remplir tous les temps et tous les lieux, que Jésus-Christ commence à en répandre les premiers rayons à l'âge de douze ans.

Ses paroles, en effet, révélaient une sagesse divine, mais son âge le couvrait des dehors de la faiblesse humaine; aussi les Juifs, partagés entre les choses sublimes qu'ils entendaient et la faiblesse extérieure qui paraissait à leurs yeux éprouvaient un sentiment d'admiration mêlé de doute et d'incertitude. Mais pour nous rien ici de surprenant, car nous savons par le prophète Isaïe, que s'il a voulu naître petit enfant pour nous, il n'en reste pas moins le Dieu fort.

Ils ne comprirent pas ce qu'il venait de leur dire de sa divinité.
Saint Cyrille d'Alexandrie
La manifestation de la sagesse ne dépasse pas ici la portée de l'âge, c'est à l'époque de la vie où nous devenons capables de discernement et de réflexions (c'est-à-dire, à l'âge de douze ans), que la sagesse de Jésus-Christ se révèle.
Saint Jean Chrysostome
Le Sauveur n'a fait aucun miracle dans son enfance, et saint Luc ne nous en raconte que ce seul fait, qui ravit d'admiration et d'étonnement ceux qui en furent témoins.
Saint Ambroise
Ou bien il commence ses divins enseignements à l'âge de douze ans, pour figurer le nombre des premiers prédicateurs de l'Évangile.

Il y a en Jésus-Christ deux générations, l'une paternelle, l'autre maternelle. La première est une génération divine; c'est par la seconde qu'il est descendu jusqu'à notre pauvre nature pour la sauver.
Origène
Ne soyons pas surpris de voir l'Évangéliste donner à Marie et à Joseph le nom de parents de Jésus, alors que Marie par son enfantement, et Joseph par les soins dont il entourait ce divin enfant, ont mérité d'être appelés son père et sa mère.

Ils ne le trouvèrent point parmi leurs parents, car une parenté toute naturelle ne pouvait avoir au milieu d'elle le Fils de Dieu, qui est supérieur à toute connaissance et à toute science humaine. Où donc le trouvent-ils? Dans le temple. Si vous voulez aussi chercher le Fils de Dieu, cherchez-le d'abord dans le temple, hâtez-vous d'y entrer, c'est là que vous trouverez le Christ, la parole et la sagesse du Père, c'est-à-dire le Fils de Dieu.

Cette Vierge sainte savait bien qu'il n'était point le fils de Joseph, et cependant elle appelle son chaste époux le père de Jésus, pour se conformer à l'opinion des Juifs qui pensaient que son divin Fils avait été conçu comme les autres enfants.

L'explication la plus simple est de dire que l'Esprit saint a honoré Joseph du nom de père de Jésus, parce qu'il a été chargé de l'élever. D'après une interprétation plus recherchée, on peut dire que l'Évangéliste ayant fait descendre la généalogie de Jésus-Christ de David à Joseph, cette généalogie paraîtrait donnée sans raison, si Joseph n'était pas appelé le père de Jésus.

Mais pourquoi le cherchaient-ils? craignaient-ils qu'il n'ait péri ou qu'il se fût égaré? Loin de nous cette pensée. Comment auraient-ils pu craindre la perte de cet enfant dont ils connaissaient la divinité? Lorsque vous lisez les saintes Écritures, vous cherchez avec une certaine peine à en découvrir le sens, ce n'est pas, sans doute, que vous pensiez que la divine Écriture puisse renfermer des erreurs ou des choses dites au hasard; mais vous désirez trouver la vérité qui est cachée sous l'écorce de la lettre. C'est ainsi que Marie et Joseph cherchaient l'enfant Jésus, en craignant que peut-être il ne les eût quittés et ne fût remonté dans les cieux, pour en descendre de nouveau lorsqu'il le jugerait à propos. Celui donc qui cherche Jésus, ne doit point agir avec négligence et avec mollesse, comme font plusieurs qui le cher chent et ne le trouvent point, mais il doit faire de grands efforts, et se donner de la peine.