Luc 2, 17

Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.

Après avoir vu, ils racontèrent ce qui leur avait été annoncé au sujet de cet enfant.
Louis-Claude Fillion
D'après la Vulgate, ce verset est la continuation du précédent et signifie qu'après avoir trouvé les choses telles qu'elles leur avaient été prédites, les bergers « découvrirent dans les faits qu’étaient vraies les choses que les anges leur avaient dites » (Maldonat), et reconnurent leur Sauveur dans le petit enfant de la crèche. Dans une autre interprétation, il se rattache au v. 18 pour indiquer d'une manière anticipée ce que firent les bergers aussitôt après leur visite à l'étable, et l'accueil qui fut fait à leur récit. Cette seconde interprétation, que favorisent les versions syrienne, arménienne, etc., paraît être la plus probable. Elle nous montre, dans les pasteurs de Bethléem, les premiers prédicateurs de l'Évangile. « Il fallait, dit Bossuet, 11è Elévat. de la 16è semaine, de tels témoins à celui qui devait choisir des pêcheurs pour être ses premiers disciples et les docteurs futurs de son Église. Tout est, pour ainsi parler, de même nature dans les mystères de Jésus-Christ ».
Saint Cyrille d'Alexandrie
Le mystère de la piété (cf. 1Tm 3,16) est profond, magnifique, admirable, et les anges eux-mêmes désirent grandement le comprendre! En effet, un disciple du Sauveur dit au sujet des paroles prophétiques concernant le Christ, notre Sauveur à tous: Mystères qui vous ont été proclamés par ceux qui vous ont apporté l'Evangile sous l'action de l'Esprit Saint envoyé du ciel, alors que les anges eux-mêmes voudraient y plonger leurs regards (cf. 1P 1,12). Certes, ils ont tous plongé leurs regards dans ce grand mystère de la piété lorsque le Christ est né dans la chair, et qu'ils disaient: Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes qu'il aime (Lc 2,14).

Alors que, par nature, il était vrai Dieu, le Verbe issu de Dieu le Père, consubstantiel et coéternel au Père, resplendissant au zénith de sa gloire, étant dans la condition de son Père et dans l'égalité avec lui, il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu; mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant, de la Vierge Marie, la condition de serviteur, devenu semblable aux hommes et reconnu comme un homme à son comportement, il s'est abaissé jusqu'à mourir, et à mourir sur une croix (Ph 2,6-8). C'est ainsi qu'il s'est volontairement abaissé à ce point, lui qui donne à tous sa plénitude. Il s'est abaissé pour nous, sans y être forcé par personne, mais il est allé jusqu'à prendre pour nous la condition d'esclave, lui qui, par nature, était libre; il s'est fait l'un de nous, lui qui était au-dessus de toute la création; il est devenu mortel lui qui vivifie toutes choses, car il est le pain vivant, qui donne la vie au monde (cf. Jn 6,51 Jn 6,33); il s'est mis avec nous sous l'autorité de la loi, lui qui, comme Dieu, était supérieur à la loi et fondateur de la loi. Oui, il s'est rendu pareil à un nouveau-né qui entre dans la vie, lui qui existait avant tous les âges et tous les siècles, lui qui était l'auteur et le créateur des siècles.

Comment donc est-il devenu égal à nous? En prenant corps de la Vierge Marie, un corps non pas inanimé mais informé par une âme spirituelle. C'est ainsi qu'il est sorti de sa mère comme un homme véritable, mais sans péché. En vérité, et non pas en apparence ou en imagination. Ne perdant certes pas sa divinité, et ne rejetant pas ce qu'il avait toujours été, ce qu'il est et ce qu'il sera: Dieu.