Luc 2, 15

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »

Lorsque les anges eurent quitté les bergers pour le ciel, ceux-ci se disaient entre eux : « Allons jusqu’à Bethléem pour voir ce qui est arrivé, l’événement que le Seigneur nous a fait connaître. »
Louis-Claude Fillion
Après leur céleste concert, les anges disparurent aussi subitement qu'ils s'étaient montrés. Mais leur manifestation avait produit l'effet voulu par Dieu, et l'évangéliste, revenant aux pasteurs, nous les montre pleins de foi, admirablement dociles à la grâce, et s'excitant les uns les autres à partir en toute hâte pour la ville afin de voir l'Enfant divin qui leur est né. De la plaine où demeuraient les pasteurs (voyez la note du v. 8) il fallait environ vingt minutes pour se rendre sur la colline que domine Bethléem.
Saint Bède le Vénérable
C'est le langage d'hommes qui veillent véritablement; ils ne disent pas: voyons cet enfant, mais voyons le Verbe qui a été fait, c'est-à-dire, voyons comment ce Verbe qui a été de tout temps a été fait chair pour nous, car ce Verbe c'est le Seigneur, comme la suite l'indique: «Que le Seigneur a fait et nous a révélé», c'est-à-dire, voyons comment le Verbe s'est fait lui-même, et nous a manifesté sa chair.

Dans le sens mystique, les pasteurs du troupeau des âmes, disons mieux, tous les fidèles, à l'exemple de ces bergers doivent aller par la pensée jusqu'à Bethléem, et célébrer par de dignes hommages l'incarnation du Christ. Mais commençons par rejeter bien loin toutes les basses concupiscences de la chair avant de nous élever sur l'aile des plus ardents désirs de notre coeur jusqu'à la Bethléem céleste (c'est-à-dire la maison du pain vivant), où nous serons rendus dignes de voir régner sur le trône de Dieu le Père, celui que les bergers ont mérité de voir pleurant et gémissant dans la crèche. Point de négligence, point de langueur dans la recherche d'un si grand bonheur, c'est avec ardeur qu'il faut suivre les pas de Jésus-Christ. Après qu'ils eurent vu, ils connurent, et nous aussi, hâtons-nous de recevoir avec un coeur plein d'amour tout ce qui nous est dit sur le Sauveur du monde, afin que nous puissions arriver à le connaître parfaitement dans les splendeurs de la vision des cieux.