Luc 12, 48
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, on demandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.
A
l'idée du châtiment infaillible qui atteint les mauvais serviteurs de Dieu, ces versets en ajoutent une autre. Ils
nous apprennent que la punition sera en raison directe de la culpabilité, et que la culpabilité se mesurera d'après le degré de connaissance. Rien de plus juste, par conséquent, que les jugements divins. - Le serviteur
qui a connu la volonté… Tel était l'économe mentionné précédemment, tels étaient les Apôtres et les
disciples de Jésus. Cfr. Joan. 15, 15. En pareil cas, lorsqu'on désobéit on ne peut apporter aucune excuse, car
l'on a commis une faute de pure malice ; aussi est-on châtié en toute rigueur de justice. On sait que le fouet
était le châtiment habituel des esclaves. - Celui qui ne l'a pas connue… Au serviteur grièvement coupable, et
grièvement puni parce qu'il a enfreint en pleine connaissance de cause les ordres de son maître,
Notre-Seigneur Jésus-Christ en oppose un autre, qui a transgressé les mêmes ordres, mais sans le savoir, et
de celui-ci encore il affirme qu'il sera châtié, quoique avec moins de sévérité. On est tout d'abord surpris de
cette assertion. « Pourquoi l'ignorant est-il puni ? » se demandait déjà Théophylacte. Mais il donne aussitôt la
vraie réponse : « Parce que, tandis qu'il pouvait s'instruire, il ne l'a pas voulu, et que, par sa paresse, il est
lui-même la cause de son ignorance ». Il s'agit donc d'une ignorance coupable, puisque Jésus parle d'un
serviteur, et qu'un serviteur ne peut guère ignorer que par sa faute la volonté de son maître. Cfr. Rom. 2, 12.
Du reste, depuis la législation mosaïque jusqu'à nos jours, il n'est pas de code pénal qui n'inflige quelque
punition pour les délits commis par ignorance. Cfr. Lev. 5, 17-19. - A quiconque beaucoup aura été donné…
Autre règle des jugements divins. Elle est analogue à la précédente, quoique un peu plus générale. La pensée
qu'elle exprime est répétée deux fois de suite dans deux phrases parallèles : les verbes donné (un don pur et
simple) et confié (un dépôt) établissement seuls une légère différence, qui existe d'ailleurs beaucoup plus
dans la forme que dans l'idée.
Il explique ensuite pourquoi le châtiment des docteurs et de ceux qui sont plus instruits sera plus sévère: «Car on demandera beaucoup à celui à qui l'on a beaucoup donné, et on exigera davantage de celui à qui on a confié beaucoup».Dieu donne aux docteurs la grâce de faire des miracles, il leur confie le ministère de la parole et le pouvoir d'enseigner; il ne dit pas qu'il demandera davantage, pour ce qu'il a donné, mais pour ce qu'il a confié comme un dépôt; car la grâce du ministère de la parole demande un accroissement continuel, et on demandera au docteur plus qu'il n'a reçu, il ne doit donc jamais rester oisif, mais développer de jour en jour le talent de la parole qui lui a été confié.
Ou bien encore, souvent Dieu donne de plus grandes grâces à de simples fidèles, qui reçoivent la connaissance de sa volonté, et la grâce de mettre en pratique ce qu'ils connaissent. Mais il confie beaucoup à celui qui, avec le soin de son âme, est revêtu de la charge de paître le troupeau du Seigneur. Ceux donc qui ont reçu de plus grandes grâces, seront punis plus sévèrement s'ils viennent à pécher (Sg 6, 8.9). Pour ceux qui ne sont coupables d'autre péché que du péché originel, le châtiment sera des plus doux, et pour les autres qui ont ajouté à ce péché des fautes volontaires, leur punition sera d'autant moins sévère, que leurs fautes seront moins grandes.
En effet, les mêmes actions ne seront pas soumises pour tous les hommes au même jugement, mais une connaissance plus parfaite deviendra la cause d'une punition plus, grande.