Luc 12, 31

Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît.

Cherchez plutôt son Royaume, et cela vous sera donné par surcroît.
Louis-Claude Fillion
Après avoir dit plus haut à ses disciples, v. 29, qu'ils ne devaient pas se livrer à des inquiétudes exagérées par suite de leurs nécessités temporelles, Jésus désigne maintenant à leur activité un vaste domaine sur lequel elle pourra s'exercer en première ligne et sans réserve, le royaume de Dieu et sa justice. A quiconque fera du céleste royaume l'objet principal de ses recherches, il promet une ample satisfaction des légitimes besoins de la vie.
Saint Théophylacte d'Ohrid
Ou bien cette élévation de l'esprit que le Sauveur défend, c'est un mouvement inconstant de l'âme qui embrasse une foule de pensées, et passe de l'une à l'autre pour nourrir son orgueil.
Saint Bède le Vénérable
Il distingue dans les dons de Dieu, ce qui est essentiel de ce qui n'est que de Surcroît, parce qu'en effet nous devons nous proposer les biens éternels comme la fin de notre vie, et faire simplement usage des biens du temps présent.
Saint Cyrille d'Alexandrie
Il suffit aux sages en effet d'avoir, pour satisfaire à la nécessité, des vêtements convenables et simples, et la nourriture dont ils ont besoin. Et quant aux saints ils se contentent de ces délices spirituelles que donne l'union avec Jésus-Christ, et de la gloire qui doit les suivre.

Il eût été contraire à la raison que les Apôtres, qui devaient donner aux autres la règle et l'exemple d'une vie parfaite, se rendissent coupables des défauts dont ils devaient préserver les autres. Aussi écoutez la recommandation du Sauveur: «Ne vous mettez donc pas en peine de ce que vous mangerez, ou de ce que vous boirez». En détachant ainsi ses disciples des préoccupations de la terre, il les applique tout entiers aux intérêts de la prédication. Remarquez cependant qu'il ne dit pas: Ne vous occupez pas, ne vous inquiétez point de la nourriture, ou de la boisson, ou du vêtement; mais: «Ne vous mettez pas en peine de ce que vous mangerez, ou de ce que vous boirez». Paroles qui condamnent ceux qui, dédaignant la manière de vivre, ou de se vêtir du commun des hommes, recherchent un genre de nourriture, ou de vêtement plus somptueux, ou plus austère que ne l'adoptent ceux au milieu desquels ils vivent.
Saint Augustin
Après avoir défendu toute sollicitude de la nourriture et du vêtement, Notre-Seigneur nous recommande conséquemment d'éviter l'orgueil: «Ne vous élevez pas si haut». Car l'homme recherche d'abord ces choses pour satisfaire à ses besoins, mais lorsqu'il les a en abondance, il en conçoit de l'orgueil, semblable à un homme qui, s'étant blessé, se vanterait d'avoir quantité de remèdes dans sa maison, alors qu'il lui serait mille fois plus avantageux d'être sans blessure, et de n'avoir point besoin de remèdes.
Saint Jean Chrysostome
Ce n'est pas seulement son royaume, mais des richesses que Jésus-Christ nous promet; car si nous-mêmes nous nous faisons un devoir de délivrer de tout souci, ceux qui sacrifient leurs intérêts pour s'occuper des nôtres, à plus forte raison Dieu agira-t-il de la sorte.
Saint Ambroise
Notre-Seigneur met une simple fleur en comparaison avec l'homme, il lui donne même la préférence sur l'homme dans la personne de Salomon, pour nous faire voir dans l'éclat de ses vives couleurs une image de la grâce des anges du ciel, qui sont véritablement les fleurs de ce monde, parce qu'ils en sont l'ornement par l'éclat de leur perfection, qu'ils répandent partout le parfum de leur sainteté, et que sans être préoccupés d'aucun souci, ni fatigués d'aucun travail, ils conservent en eux les dons de la libéralité divine et de leur nature toute céleste. Aussi est-ce avec raison qu'il est dit ici que Salomon était revêtu, et dans saint Matthieu ( Mt 6, 9), qu'il était couvert de sa gloire, parce qu'en effet il revêtait de la gloire de ses oeuvre s la faiblesse de sa nature corporelle, qui était comme couverte et enveloppée par les vertus de son âme. Quant aux anges dont la nature plus parfaite est exempte des infirmités du corps, ils sont justement mis au-dessus du plus grand des hommes. Cependant nous ne devons pas pour cela désespérer de la miséricorde de Dieu, nous à qui Dieu promet par la grâce de la résurrection, des qualités aussi éclatantes que celles des anges.

Notre-Seigneur montre ensuite que la providence et la grâce de Dieu ne feront jamais défaut aux fidèles, ni pour le temps présent, ni pour l'avenir, à la condition toutefois qu'en désirant les biens du ciel, ils ne chercheront pas avec inquiétude les biens de la terre, car il serait honteux à des hommes qui combattent pour un royaume de s'inquiéter de la nourriture. Est-ce que le roi n e sait pas comment il doit entretenir, nourrir et vêtir sa maison? «Cherchez donc premièrement le royaume de Dieu et sa justice, et toutes ces choses vous seront données par surcroît».
Saint Grégoire de Nysse
Car c'est le propre de ceux qui n'ont ni l'espérance de la vie future, ni la crainte du jugement, de s'inquiéter de tous ces biens extérieurs.

Il en est qui ont demandé et obtenu en priant la puissance, les honneurs, les richesses, pourquoi donc nous défend-on d'en faire l'objet de nos prières? Que tous ces biens dépendent de la volonté divine, il n'est personne qui n'en soit convaincu; cependant Dieu les accorde à ceux qui les demandent, afin que nous nous élevions au désir de biens plus parfaits, en voyant que Dieu nous accorde des grâces bien moins importantes; c'est ainsi que nous voyons les enfants, aussitôt qu'ils sont nés, s'attacher de toutes leurs forces au sein maternel, mais lorsque l'enfant grandit, il laisse le sein de sa mère, et demande des parures ou quelqu'autre chose qui charme ses yeux; lorsqu'enfin son esprit s'est développé avec le corps, il rompt avec tous les désirs de l'enfance, et demande à ses parents ce qui est en rapport avec son âge plus parfait.