Luc 12, 28
Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui aujourd’hui est dans le champ et demain sera jetée dans le feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi !
Si Dieu revêt ainsi l’herbe qui aujourd’hui est dans le champ et demain sera jetée dans le feu, il fera tellement plus pour vous, hommes de peu de foi !
L'exemple des lis après celui des corbeaux. Jésus
décrit d'abord (v. 27), en se servant d'une comparaison bien forte pour quiconque est familiarisé avec
l'histoire juive, la beauté de ces gracieuses fleurs. Un lis, dit-il, est mieux vêtu que le roi Salomon ! Et
pourtant l'art israélite avait su réaliser des merveilles sous ce prince en fait de splendides ornements. Le
Sauveur indique ensuite au moyen d'un frappant contraste le néant de ces végétaux éphémères : aujourd'hui
dans les champs, dans toute leur splendeur ; demain jetés au four, pour faire cuire des aliments vulgaires
(voyez l'Evang. selon S. Matth., p. 440, et L. Abbott, The Gospel according to Luke, p. 79). Aussi la jolie
fleur ne porte-t-elle plus maintenant que le nom d'herbe. Donc, combien plus vous-mêmes ! Un homme créé
à l'image de Dieu n'a-t-il pas infiniment plus de valeur qu'un lis ?
Pourquoi Notre-Seigneur n'apporte pas ici l'exemple des oiseaux, tels que le cygne et le paon, mais celui des lis? C'est pour faire ressortir davantage ces deux extrêmes, la fragilité des choses qui brillent d'un si vif éclat, et la richesse de la parure qu'il a donnée aux lis. Aussi dans la suite de son discours, il ne les appelle plus les lis; mais l'herbe des champs: «Or, si l'herbe qui est aujourd'hui dans les champs». Il ne dit pas non plus: Et qui ne sera plus demain, mais: «Qui demain sera jetée au feu».Remarquez encore qu'au lieu de dire simplement: Si Dieu la revêt, il emploie cette locution plus expressive: «Si Dieu la revêt ainsi»,et qu'il ajoute: «Combien plus le fera-t-il pour vous», paroles qui expriment à la fois l'excellence du genre humain, et la providence dont il est l'objet. Enfin, au lieu des reproches que méritaient ses disciples, il leur parle avec douceur, et les accuse, non pas de leur manque absolu de foi, mais de leur peu de foi: «Combien plus le ferait-il pour vous hommes de peu de foi ?» Langage persuasif qui a pour objet de nous ôter la préoccupation des vêtements et de l'éclat des vaines parures.