Jean 7, 7

Le monde ne peut pas vous haïr, mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises.

Le monde ne peut pas vous haïr, mais il a de la haine contre moi parce que je témoigne que ses œuvres sont mauvaises.
Louis-Claude Fillion
A son tour (Cf. v. 4) Jésus développe et motive son assertion. - Ne peut vous haïr. Les frères avaient dit : Manifeste-toi au monde. Il relève cette dernière expression, mais en lui donnant un sens plus profond, conforme à la triste réalité des choses. C'est d'ailleurs presque toujours en mauvaise part que le substantif le monde est employé dans le quatrième évangile. L'impossibilité signalée par Notre-Seigneur repose sur le principe bien connu (Platon, Lys. 214) : tout ce qui est homogène s'attire, les choses hétérogènes se repoussent (Bisping). Cf. 3, 3, 5; 5, 19; 6, 44, etc. - Vous haïr. Vous qui lui ressemblez, qui partagez ses goûts et ses sentiments, qui lui appartenez comme ses membres. Cf. 15, 19. - Il me hait. Moi qui suis en guerre perpétuelle avec lui, moi qui le critique et le condamne sans cesse. Les faits étaient là pour démontrer la haine implacable du monde contre N.-S. Jésus-Christ. - Et pourquoi Jésus était-il détesté du monde? Car je rends de lui le témoignage... Et ce témoignage consistait à dévoiler nettement, sans ambages (Cf. 1 Joan 5, 19), que ses œuvres sont mauvaises.
Saint Jean Chrysostome
Ou bien encore, Nôtre-Seigneur fait allusion aux dispositions secrètes de ceux qui lui tenaient ce langage. Peut-être avaient-ils l'intention de le trahir et de le livrer aux Juifs ; il leur dit donc : « Mon temps n'est pas encore venu (c'est-à-dire le temps de ma croix et de ma mort) ; mais votre temps est toujours prêt, car vous êtes bien toujours au milieu des Juifs, » mais ils ne vous mettront point à mort, puisque vous partagez leurs sentiments. C'est pourquoi il ajoute : « Le monde ne saurait vous haïr, mais il me hait, parce que je rends de lui le témoignage que ses œuvres sont mauvaises. » C'est-à-dire, comment voulez-vous que le monde haïsse ceux qui n'ont point d'autres volontés que les siennes, et obéissent aux mêmes inclinations ? Pour moi, au contraire, il me hait, parce que je le reprends de ses vices. Je suis si loin de rechercher la gloire des hommes, que je me fais un devoir de leur adresser de sévères reproches, bien que je sache qu'ils en concevront une haine violente, et qu'ils chercheront à me faire mourir. Nous avons ici une preuve que la cause de la haine des Juifs contre le Sauveur, n'était point la transgression du sabbat, mais les reproches publics qu'il leur adressait.