Jean 6, 70

Jésus leur dit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l’un de vous est un diable ! »

Jésus leur dit : « N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous, les Douze ? Et l’un de vous est un diable ! »
Louis-Claude Fillion
Le pronom est naturellement au pluriel, puisque S. Pierre avait parlé au nom de tous. La foi des Douze était admirable ; néanmoins Jésus va leur dire qu’ils ne doivent pas s’en attribuer personnellement le mérite, car n’est-ce pas lui-même qui leur a fait la grâce de les choisir ? et d’ailleurs, quoiqu’ils soient si peu nombreux, n’y a-t-il pas un traître parmi eux ? - Ne vous ai-je pas choisis…? « Je » et « vous » sont mis en opposition, et placés en avant par emphase. Le verbe composé exprime un triage soigneux, un choix délibéré. Cf Luc. 6, 13. - Douze ; douze seulement, et (« et pourtant », le ton tragique) l’un de vous (encore l’emphase) est un démon. (δίαϐολός sans article ; un démon). Quel nom pour un apôtre directement choisi par Jésus ! Mais, en réalité, il fallait être de nature diabolique pour commettre le crime de Judas. Comparez les passages non moins expressifs 13, 2, 27 et luc. 22, 3.
Saint Jean Chrysostome
Pierre venait de dire : « Et nous avons cru. » Nôtre-Seigneur excepte Judas du nombre des croyants : « Jésus leur répondit : Ne vous ai-je pas choisis tous les douze ? Et cependant parmi vous il y a un démon, » c'est-à-dire, ne croyez point, parce que vous vous êtes rangés à ma suite, que je m'abstienne de reprendre ceux qui sont mauvais. Mais pourquoi les disciples restent-ils ici dans le silence, eux qui plus tard diront en tremblant : « Est-ce moi, Seigneur ? » Jésus n'avait pas encore dit à Pierre : « Retire-toi de moi, Satan. » (Mt 16) Ces paroles ne lui inspirent donc aucune crainte. D'ailleurs Nôtre-Seigneur ne dit pas : Un de vous me trahira, mais : « Un de vous est un démon. » Ils ne comprenaient donc pas la portée de cette expression et n'y voyaient qu'une parole de blâme tombant sur les mauvaises dispositions de l'un d'eux. Les incrédules font ici à Jésus-Christ un reproche insensé, car le choix qu'il fait d'un homme ne lui impose aucune violence, aucune nécessité, et notre salut comme notre perte sont subordonnés à notre volonté.