Jean 6, 69
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »
En d'autres occasions, Jésus parle de vie éternelle, en utilisant un adjectif qui ne renvoie pas seulement à une perspective supratemporelle. « Eternelle » est la vie promise et donnée par Jésus, parce qu'elle est plénitude de participation à la vie de l'« Eternel ». Quiconque croit en Jésus et entre en communion avec lui a la vie éternelle (cf. Jn 3, 15; 6, 40), car c'est de lui qu'il entend les seules paroles capables de révéler et de communiquer une plénitude de vie pour son existence; ce sont les « paroles de la vie éternelle » que Pierre reconnaît dans sa profession de foi: « Seigneur, à qui irons-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle; nous croyons et nous avons reconnu que tu es le Saint de Dieu » (Jn 6, 68-69). La vie éternelle est définie par Jésus lui-même lorsqu'il s'adresse au Père dans la grande prière sacerdotale: « La vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent, toi, le seul véritable Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ » (Jn 17, 3). Connaître Dieu et son Fils, c'est accueillir le mystère de la communion d'amour du Père, du Fils et de l'Esprit Saint dans notre vie qui s'ouvre dès maintenant à la vie éternelle dans la participation à la vie divine.
Il y a longtemps qu’on l’a fait observer, S. Pierre est bien le même dans le
quatrième évangile que dans les trois premiers : le même au point de vue du rôle prépondérant, qui deviendra
plus tard la primauté d’honneur et de juridiction ; le même sous le rapport du caractère ardent, prompt,
résolu, et de l’âme tendrement attachée à son Maître. Cf. 13, 6 et s., 24-36 ; 18, 10 ; 20, 2 ; 21, 3, etc. Ici
comme en tant d’autres occasions il prend la parole au nom de tous. Les quelques mots qu’ils prononce
renferment trois puissants motifs d’adhérer étroitement à Jésus.
- 1° Seigneur, il n’y a que vous au monde à qui nous puissions nous attacher : à qui irions-nous ?
Jean-Baptiste, l’ancien maître de S. Pierre et de plusieurs des Douze, était mort à cette époque ; où aller si
l’on abandonnait Jésus ?
- 2° Les apôtres trouvaient auprès de Notre-Seigneur la satisfaction de tous leurs besoins intellectuels et
moraux : vous avez (vous les possédez en propre et abondamment, de manière à les distribuer toujours et
toujours) les paroles (sans article, des paroles) de la vie éternelle ( qui procureront la vie éternelle). On
croirait entendre un écho du verset 64. S. Pierre avait compris et goûté la richesse des enseignements de son
second Maître.
- 3° Jésus était à leurs yeux le Messie, le Fils de Dieu. Le langage de S. Pierre a ici une emphase et une
solennité particulières, ainsi qu’il convient à une énergique profession de foi. C’est la première de ses
confessions glorieuses ; on trouvera la seconde dans S. Matthieu, 16, 16 : elles sont tout à fait explicites
l’une et l’autre. - Et nous pour répondre à la question de Jésus (verset 68) Est-ce que vous voulez aussi vous
en aller ? - Nous avons cru : le parfait exprime « des faits acquis, sur lesquels il n’y a plus à revenir ». - Et
nous avons connu. La connaissance n’est mentionnée qu’après la foi. Les apôtres avaient commencé par
croire en Jésus ; unis à lui par une foi docile, ils avaient vu ensuite leurs connaissances grandir de plus en
plus à son sujet. « Nous avons cru, afin de connaître ; car si nous voulions connaître d’abord, pour croire
ensuite, nous ne parviendrions ni à connaître, ni à croire. Qu’avons-nous cru, et qu’avons-nous connu? « Que
vous êtes le Christ, Fils de Dieu », c’est-à-dire, que vous êtes la vie éternelle, et que vous ne donnez dans
votre corps et votre sang que ce que vous êtes », S. Augustin, Traité 27 sur S. Jean, 9. - Le Christ, le Fils de
Dieu. Les variantes sont ici assez nombreuses dans les manuscrits grecs. La vraie leçon pourrait bien être « le
Saint de Dieu », ce qui équivaudrait à Messie. Beaucoup de manuscrits moins anciens et le syriaque ont
toutefois : « le Christ, le fils du Dieu vivant ».