Jean 6, 6
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Il disait cela pour le mettre à l’épreuve, car il savait bien, lui, ce qu’il allait faire.
Il disait cela pour le mettre à l'épreuve. Trait touchant de la « pédagogie » du Sauveur : nous
avons ici en abrégé toute sa méthode d’éducation envers les apôtres. Dans le cas actuel il mettait à l’épreuve
la foi de l’un d’entre eux. Comme dit S. Augustin, Tract. in Joan, h.l., « en Philippe il recherchait non pas le
pain mais la foi » - Car. Le narrateur va expliquer plus au long la demande de Jésus à Philippe. - Il savait ce
qu’il allait faire. Notre-Seigneur n’avait donc pas besoin qu’on le conseillât réellement. Il est frappant de
voir combien souvent le disciple privilégié signale les motifs les plus intimes de la conduite de Jésus. Cf. 3,
24, 25 ; 4, 1-3 ; 5, 6 ; 7, 1 ; 13, 1, 3, 11 ; 16, 19 ; 18, 4 ; 19, 28, etc.
Est-ce donc que Nôtre-Seigneur ignorait la réponse que lui ferait son disciple ? Non sans doute, mais l'Evangéliste se conforme ici à la manière déparier en usage parmi les hommes-Ainsi lorsque l'Ecriture dit de Dieu « qu'il sonde les cœurs des hommes, » (Rm 8, 27) cette expression ne signifie nullement un examen qui a pour cause l'ignorance, mais une absolue certitude, de même l'Evangéliste en rapportant que Jésus parlait de la sorte pour éprouver son disciple, veut simplement dire qu'il savait certainement ce que Philippe lui répondrait. On peut dire encore que par cette question, Nôtre-Seigneur voulait faire passer son disciple par cette épreuve pour le rendre plus certain du miracle qu'il allait opérer, et l'Evangéliste qui semble craindre que la manière dont il s'exprime ne donne une idée peu favorable du Sauveur, se hâte d'ajouter : « Car il savait ce qu'il devait faire. »