Jean 6, 51
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »
Dans la communion, précédée de la prière du Seigneur et de la fraction du pain, les fidèles reçoivent " le pain du ciel " et " la coupe du salut ", le Corps et le Sang du Christ qui s’est livré " pour la vie du monde " (Jn 6, 51) :
Jésus dit : " Je suis le pain vivant, descendu du ciel. Qui mangera ce pain vivra à jamais... Qui mange ma Chair et boit mon Sang a la vie éternelle ... il demeure en moi et moi en lui " (Jn 6, 51. 54. 56).
Le Père du ciel nous exhorte à demander comme des enfants du ciel, le Pain du ciel. (cf. Jn 6, 51). Le Christ " lui-même est le pain qui, semé dans la Vierge, levé dans la chair, pétri dans la Passion, cuit dans la fournaise du sépulcre, mis en réserve dans l’Église, apporté aux autels, fournit chaque jour aux fidèles une nourriture céleste " (S. Pierre Chrysologue, serm. 71 : PL 52, 402D).
La Pâque du Christ comprend aussi, avec sa passion et sa mort, sa résurrection, comme le rappelle l'acclamation du peuple après la consécration: « Nous célébrons ta résurrection ». En effet, le Sacrifice eucharistique rend présent non seulement le mystère de la passion et de la mort du Sauveur, mais aussi le mystère de la résurrection, dans lequel le sacrifice trouve son couronnement. C'est en tant que vivant et ressuscité que le Christ peut, dans l'Eucharistie, se faire « pain de la vie » (Jn 6, 35. 48), « pain vivant » (Jn 6, 51). Saint Ambroise le rappelait aux néophytes, en appliquant à leur vie l'événement de la résurrection: « Si le Christ est à toi aujourd'hui, il ressuscite pour toi chaque jour ». Saint Cyrille d'Alexandrie, quant à lui, soulignait que la participation aux saints Mystères « est vraiment une confession et un rappel que le Seigneur est mort et qu'il est revenu à la vie pour nous et en notre faveur ».
Je suis. C’est pour la troisième fois que Jésus réitère cette proposition dans un bien court intervalle. Cf. versets 35 et 48. Il veut
insister sur des vérités essentielles et de premier ordre. - Le pain vivant (en grec, avec deux articles qui
appuient sur l’idée de vie). Le pain « vivant », qui possède en soi la plénitude de la vie ; plus haut, versets 35
et 48, le pain « de vie », qui communique la vie. Là on marquait le résultat produit, ici on indique la nature
du pain. - Qui suis descendu du ciel. Encore une nuance à signaler (et nous aimons à relever ces petits
détails, qui sont tous significatifs sur les lèvres de Notre-Seigneur, et sous la plume des écrivains sacrés qui
racontent sa vie ) : au lieu du temps présent (verset 50, dans le grec), nous avons maintenant le passé. C’est
qu’il est question dans notre verset du mystère de l’Incarnation, de la personne même du Verbe ; or le Fils de
Dieu ne s’est incarné qu’une fois pour toutes, le fait est depuis longtemps accompli. La « descente du pain
céleste », mentionnée au verset 50, est d’un autre genre et a lieu continuellement.
Dans les éditions grecques, tout ce verset de la Vulgate
est regardé comme partie intégrante du précédent ; la version latine est ainsi en avance d’un verset jusqu’à la
fin du chapitre : elle en compte 72 au lieu de 71. - Si quelqu’un mange… La promesse qui naguère avait été
faite en termes négatifs (verset 50) est actuellement renouvelée d’une manière positive, avec une grande
vigueur. - Il vivra éternellement dit en effet beaucoup plus que « ne mourra pas ». - Mais quel est-il donc au
juste, ce pain qui crée des immortels ? Jésus va le définir avec une grande clarté. C’est un pain qu’il donnera
lui-même, c’est sa propre chair, ce sera le salut du monde. Chaque expression mérite un bref commentaire. -
Et le pain que je... Je, le Fils de Dieu, et pas seulement Moïse. - Donnerai ; le futur, car Jésus formule une
promesse qui ne sera tenue que plus tard. - C’est ma chair : en latin et en grec, inversion qui fait mieux
ressortir l’expression « ma chair » ; dans le grec surtout, à cause de l’article. Hier, j’apaisais votre faim avec
un pain matériel, quoique miraculeux ; demain je vous nourrirai de ma propre chair. Expression bien humble
pour désigner le Christ tout entier, l’Homme-Dieu. Cf. 1, 14. - Pour la vie du monde : fin si aimable pour
laquelle N.-S. Jésus-Christ donnera aux hommes sa chair en nourriture. La plupart des auteurs protestants
appliquent tout ce passage à la Passion, durant laquelle Jésus donna sa chair, c’est-à-dire, prétendent-ils, sa
vie, pour notre salut. Mais ils sont réfutés par le langage même du Sauveur, qui ne fait ici aucune allusion à
ses souffrances et à sa mort, mais qui se maintient strictement dans les notions de pain et de viande à manger,
de breuvage.
En disant : « Que je donnerai, » il fait ressortir sa puissance et prouve que s'il a été crucifié, ce n'est pas comme étant inférieur à son Père, mais de sa pleine volonté. Car bien que nous disions qu'il a été livré par son Père, cependant il s'est véritablement livré lui-même. Considérez encore que le pain que nous mangeons dans les saints mystères n'est pas seulement la figure de la chair de Jésus-Christ, mais qu'il est lui-même la vraie chair de Jésus- Christ. Car il ne dit pas : Le pain que je donnerai est la figure de ma chair, mais : « c'est ma chair. » En vertu de paroles ineffables, ce pain est changé au corps de Jésus-Christ par une bénédiction mystérieuse et par l'habitation de l'Esprit saint dans la chair de Jésus-Christ. Mais pourquoi ne voyons-nous pas cette chair ? Parce que la vue de cette chair nous inspirerait une vive horreur lorsque nous voudrions nous en nourrir. C'est donc pour condescendre à notre faiblesse que cette nourriture spirituelle nous est donnée d'une manière conforme à nos habitudes. Jésus donne sa chair pour la vie du monde, parce que c'est en mourant qu'il a détruit l'empire de la mort. Cette vie du monde, je puis l'entendre de la résurrection, car la mort du Seigneur a été pour tout le genre humain un principe de résurrection. Peut-être aussi peut-on entendre cette vie qui est le fruit de la justification et de la sanctification par l'Esprit ; car bien que tous n'aient pas reçu la vie qui consiste dans la sanctification et dans la participation de l'Esprit saint, cependant le Seigneur s'est livré pour le monde et il a fait ce qui dépendait de lui, pour que le monde tout entier fût sanctifié.
La GloseLe Seigneur explique ici dans quel sens il est un véritable pain, ce n'est pas seulement par sa divinité qui donne la nourriture à tout ce qui existe, mais par son humanité qui a été unie au Verbe de Dieu, et c'est pour cela qu'il ajoute : « Et le pain que je donnerai, c'est ma chair pour la vie du monde. »
Celui qui mange ce pain ne meurt pas « parce que je suis le pain vivant qui suis descendu du ciel. »
Le Seigneur a donné ce pain lorsqu'il a livré à ses disciples le mystère de son corps et de son sang, et quand il s'est offert lui-même à Dieu son Père sur l'autel de la croix. La vie du monde dont il parle ici ne doit point s'entendre des éléments matériels qui composent le monde, mais de tous ceux que l'on comprend sous le nom de monde.
Lorsque Jésus, le Verbe divin, dans sa bonté et son amour pour les hommes, a assumé notre nature humaine, son unité simple et cachée s'est rendue présente en un être composé et visible, sans en subir aucune altération. En unissant étroitement notre bassesse à sa souveraine divinité, il a généreusement établi entre lui et nous une intime communion.
Celle-ci ne peut se réaliser que si nous lui sommes unis harmonieusement, comme les membres au corps, si nous nous conformons à la même vie pure et divine et si nous ne nous livrons pas à la mort en cédant aux passions destructrices, qui nous rendraient incapables de nous adapter et d'adhérer aux membres parfaitement sains de Dieu, et de vivre en union avec eux.
Car si nous désirons être en communion avec lui, il faut que nous contemplions la vie toute divine qu'il a menée dans la chair. Il faut aussi qu'en mettant dans notre vie la sainte innocence qui la rendra semblable à la sienne, nous tendions vers l'état de pureté parfaite et la divinisation. C'est ainsi, en effet, qu'il nous donnera de bénéficier de sa ressemblance selon le mode qui nous convient.
Cela, l'évêque le révèle lorsque, dans la célébration des mystères, il découvre les dons cachés et divise leur unité en de nombreuses parts, et que, par l'union intime des réalités sacramentelles avec ceux qui les reçoivent, il accomplit en ceux qui y participent, la parfaite communion avec elles.
En présentant à notre regard le Christ Jésus, l'évêque montre d'une manière sensible, au moyen des éléments sacramentels, qui en sont comme les figures, ce qui constitue notre vie spirituelle. Il révèle que le Christ, sorti du secret de sa divinité, a pris la forme humaine par amour pour nous en assumant toute notre humanité sans se mélanger à elle; qu'il est descendu de son unité essentielle jusqu'à notre nature divisée sans subir aucun changement; qu'il appelle l'humanité à avoir part à sa divinité et à ses biens propres, en lui offrant les bienfaits de son amour pour les hommes.
Il nous demande seulement de nous unir à sa vie divine en imitant celle-ci autant que nous le pouvons, afin que s'accomplisse en nous la véritable communion avec Dieu et ses divins mystères.
Celle-ci ne peut se réaliser que si nous lui sommes unis harmonieusement, comme les membres au corps, si nous nous conformons à la même vie pure et divine et si nous ne nous livrons pas à la mort en cédant aux passions destructrices, qui nous rendraient incapables de nous adapter et d'adhérer aux membres parfaitement sains de Dieu, et de vivre en union avec eux.
Car si nous désirons être en communion avec lui, il faut que nous contemplions la vie toute divine qu'il a menée dans la chair. Il faut aussi qu'en mettant dans notre vie la sainte innocence qui la rendra semblable à la sienne, nous tendions vers l'état de pureté parfaite et la divinisation. C'est ainsi, en effet, qu'il nous donnera de bénéficier de sa ressemblance selon le mode qui nous convient.
Cela, l'évêque le révèle lorsque, dans la célébration des mystères, il découvre les dons cachés et divise leur unité en de nombreuses parts, et que, par l'union intime des réalités sacramentelles avec ceux qui les reçoivent, il accomplit en ceux qui y participent, la parfaite communion avec elles.
En présentant à notre regard le Christ Jésus, l'évêque montre d'une manière sensible, au moyen des éléments sacramentels, qui en sont comme les figures, ce qui constitue notre vie spirituelle. Il révèle que le Christ, sorti du secret de sa divinité, a pris la forme humaine par amour pour nous en assumant toute notre humanité sans se mélanger à elle; qu'il est descendu de son unité essentielle jusqu'à notre nature divisée sans subir aucun changement; qu'il appelle l'humanité à avoir part à sa divinité et à ses biens propres, en lui offrant les bienfaits de son amour pour les hommes.
Il nous demande seulement de nous unir à sa vie divine en imitant celle-ci autant que nous le pouvons, afin que s'accomplisse en nous la véritable communion avec Dieu et ses divins mystères.