Jean 5, 45

Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.

Ne pensez pas que c’est moi qui vous accuserai devant le Père. Votre accusateur, c’est Moïse, en qui vous avez mis votre espérance.
Louis-Claude Fillion
Jésus va maintenant prophétiser aux hiérarques le terme affreux auquel aboutira leur incrédulité : la damnation, vv. 45-47. - Ne pensez pas que ce soit moi (pronom emphatique)... Il les avait attaqués vigoureusement dans les versets qui précèdent ; il leur annonce néanmoins qu'il ne se fera pas leur accusateur auprès de Dieu, son Père. C'est inutile, car un autre sera là pour les accuser. Cette image, toute dramatique, est empruntée à ce qui se passe dans les tribunaux humains, où l'on voit, entre le juge et l'accusé, l'accusateur officiel et l'avocat. Donc le défenseur manque ici ! - Moïse, en qui vous espérez. Le grec a ἠλπίϰατε, au parfait ; ce qui signifie : « en qui vous aviez mis toute votre espérance ». La pensée acquiert ainsi plus de force, quoique elle soit déjà bien énergique par elle-même : Moïse, l'avocat né des Juifs, leur grand législateur et prophète, leur plus grand espoir après Dieu et le Messie, Moïse devenant la cause intermédiaire de leur condamnation !
Saint Bède le Vénérable
Or, le moyen, le plus efficace pour nous garantir de ce vice, c'est de rentrer dans notre conscience, de considérer que nous ne sommes que poussière, et si nous découvrons quelque bien en nous, de l'attribuer, non point à nous, mais à Dieu seul. Le Sauveur nous apprend en même temps à toujours être tels que nous voulons paraître aux yeux des autres. Ils pouvaient enfin lui faire cotte question : c'est donc vous qui nous accuserez près de votre Père ? Jésus les prévient et leur dit : « Ne pensez pas que ce soit moi qui doive vous accuser devant mon Père, » etc.
Saint Jean Chrysostome
Car je ne suis point venu pour condamner, mais pour sauver. « Votre accusateur sera Moïse, en qui vous mettez votre espoir. » Il leur a dit plus haut, en parlant des Ecritures : « Vous pensez trouver eu elles la vie éternelle, » de même il leur dit ici : « Moïse, dans lequel vous espérez, » cherchant à les convaincre par leurs propres croyances. Mais ils pouvaient encore lui faire cette objection. Comment Moise pourra-t-il nous accuser ? Qu'y a-t-il de commun entre Moïse et vous, qui transgressez la loi du sabbat ? Jésus répond à cette objection : « Si vous croyez Moïse, peut-être me croiriez-vous aussi, car il a écrit de moi. » La preuve de ce que j'avance se trouve dans ce qui précède, puisqu'en effet les oeuvres que j'ai faites, le témoignage de Jean-Baptiste et celui de mon Père prouvent jusqu'à l'évidence que je suis envoyé de Dieu, il est également certain que Moïse sera votre accusateur, car il a dit : S'il s'élève parmi vous un homme qui opère des prodiges, conduise les hommes vers Dieu, et fasse des prédictions que les événements justifient, vous devrez lui obéir. Or, Jésus-Christ a fait toutes ces choses, et ils n'ont pas cru en lui.