Jean 5, 35
Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.
Jean était la lampe qui brûle et qui brille, et vous avez voulu vous réjouir un moment à sa lumière.
Pour leur faciliter ce salut par la foi, Jésus fait un splendide éloge de S.
Jean. - Jean était... L'imparfait, attendu que le Précurseur avait été emprisonné, sinon déjà mis à mort par
Hérode Antipas ; la glorieuse lampe est maintenant éteinte. - Une lampe. Belle et vivante image. Mais
remarquons bien que l'on compare seulement Jean-Baptiste à une lampe, λύχνος ,tandis que le Christ est
appelé la lumière, φῶς. Cf. 1, 7. Dans le texte grec, l'article (ὁ λύχνος) semble dire que S. Jean devait être,
relativement au Messie, la lampe par antonomase destinée à éclairer pour les Juifs le chemin qui conduisait à
leur Libérateur. Comp. 2 Reg. 21, 17, où David est appelé la lampe d'Israël, et surtout Eccli. 48, 1, où il est
écrit d’Élie, type du Précurseur : « Le prophète Elie se leva ensuite comme un feu, et sa parole brûlait
comme une torche ». - Qui brûle et qui brille, ὁ καιόµενος ϰαὶ φαίνων : allumée et brillante. Ces épithètes
ne font pas allusion à deux qualités distinctes de Jean-Baptiste, car elles n'expriment qu'une seule et même
idée : la lampe, une fois allumée, continue de luire jusqu'à ce qu'elle soit éteinte. - La fin du verset
caractérise, et en même temps flagelle admirablement, la conduite qu'avaient tenue les hiérarques envers le
Précurseur. - Et vous avez voulu... Aux si graves desseins que Dieu s'était proposés en envoyant
Jean-Baptiste, Jésus oppose les projets futiles et frivoles des Juifs. A ces hommes pleins de légèreté, le rôle
de Jean n'avait fourni qu'une heure d'amusement. Quelle ironie, mais aussi quelle vérité historique dans ces
mots vous réjouir une heure ! « Pour une heure » : en effet, leur enthousiasme du premier moment avait été
une émotion transitoire ; quand, au lieu d'une joie mondaine, ils ne trouvèrent que des reproches à recueillir
auprès de Jean-Baptiste (Cf. Matth. 3, 7-12 et parall.), ils se mirent à le haïr de toute leur âme.
’Aγαλλιασθῆναι, « tressaillir d'allégresse », car ils pensaient que leurs vaines espérances messianiques
allaient s'accomplir : ils allaient à l'austère Précurseur pour jouer autour de lui comme font les enfants autour
du feu et de la lumière (à sa lumière). Comparez dans Ezéchiel, 33, 30 et suiv., une manière de faire analogue
et non moins insensée.
Le témoignage de Jean-Baptiste n'était autre que le témoignage de Dieu, car c'est Dieu lui-même qui le lui avait dicté. Mais Nôtre-Seigneur va au-devant d'une objection, que les Juifs pouvaient lui faire : Où est la preuve que c'est Dieu lui-même qui a dicté ce témoignage à Jean-Baptiste, en ajoutant : « Je vous dis ces choses, afin que vous soyez sauvés, » c'est-à-dire , moi qui suis Dieu, je n'avais pas besoin d'un témoignage humain, mais je vous rappelle ce témoignage, parce qu'il a eu le privilège d'attirer votre attention, et que vous l'avez jugé digne de confiance à l'exclusion de tout autre, tandis que vous n'avez pas voulu croire en moi malgré les miracles que j'ai opérés. Ils pouvaient encore lui dire : Qu'importé le témoignage de Jean, si nous ne l'avons pas reçu ? Jésus leur prouve qu'ils ont cru aux paroles du Précurseur : « Il était la lampe ardente et luisante, et un moment vous avez voulu vous réjouir à sa lumière. » Cette expression : « un moment » prouve la facilité avec laquelle ils ont cru, et le peu de durée de leur foi ; si cette foi avait persévéré, Jean les aurait conduits comme par la main à Jésus-Christ. Il appelle le saint Précurseur une lampe, parce que sa lumière ne venait pas de lui-même, mais de la grâce de l'Esprit saint.