Jean 5, 28
Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ;
Ne soyez pas étonnés ; l’heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront sa voix ;
La résurrection de tous les morts, " des justes et des pécheurs " (Ac 24, 15), précédera le Jugement dernier. Ce sera " l’heure où ceux qui gisent dans la tombe en sortiront à l’appel de la voix du Fils de l’Homme ; ceux qui auront fait le bien ressusciteront pour la vie, ceux qui auront fait le mal pour la damnation " (Jn 5, 28-29). Alors le Christ " viendra dans sa gloire, escorté de tous les anges (...). Devant lui seront rassemblés toutes les nations, et il séparera les gens les uns des autres, tout comme le berger sépare les brebis des boucs. Il placera les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche (...). Et ils s’en iront, ceux-ci à une peine éternelle, et les justes à la vie éternelle " (Mt 25, 31. 32. 46).
La vivification et le jugement accomplis d'abord par
le Fils d'une manière successive et partielle, vont trouver maintenant leur consommation dans une
résurrection et un jugement qui auront un caractère universel. - Ne vous étonnez pas : de ce que je viens de
vous expliquer. Et pourtant Jésus disait plus haut, v. 20 : « pour que vous soyez dans l'admiration ». Mais il
va parler de merveilles plus étonnantes encore, qui exciteront à un degré supérieur l'admiration et
l'étonnement. - Car l'heure vient. Quoique le verbe soit encore au présent (ἔρχεται), Notre-Seigneur n'ajoute
plus : « et elle est déjà venue » (Cf. v. 25), parce que le fait qu'il va signaler ne devra pas s'accomplir
immédiatement. - Tous : tous sans exception, les méchants aussi bien que les saints (« à qui il lui plaît », v.
21) ; nouvelle preuve qu'il n'est plus question de phénomènes spirituels et mystiques, mais des grandes
assises de la fin des temps. - Ceux qui sont dans les tombeaux : dans leurs tombeaux de divers genres. -
Entendront la voix du Fils de Dieu. Cette voix toute puissante les fera tous sortir du sommeil de la mort, et
les appellera tous au jugement. Cf. 1 Cor. 15, 54-55.
« Parce qu'il est le Fils de l'homme ne vous étonnez pas. » Paul de Samosate dispose ainsi le texte sacré : « Il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu'il est le Fils de l'homme. » Mais cette manière de lire est contraire à toute logique ; le Sauveur en effet n'a pas reçu la puissance de juger parce qu'il est homme, car alors pourquoi tous les hommes ne recevraient-ils pas le même pouvoir ? Mais il est juge parce qu'il est le Fils ineffable de Dieu. Voici donc comment il faut lire : « Ne vous étonnez pas de ce qu'il est le Fils de l'homme. » Un des grands obstacles qui s'opposaient dans l'esprit des Juifs à la parfaite intelligence des enseignements du Sauveur, c'est qu'ils ne voyaient en lui qu'un homme ; tandis que sa doctrine était de beaucoup supérieure à celle des hommes, à celle des anges et semblait ne convenir qu'à un Dieu. Il va donc au-devant de cette difficulté et leur dit : « Ne vous étonnez point, parce qu'il est le Fils de l'homme, » et il en donne la raison : « Car l'heure vient où tous ceux qui sont dans les tombeaux entendront la voix du Fils. » Et pourquoi leur dit-il : « Ne vous étonnez point parce qu'il est le Fils de l'homme, parce qu'il est en même temps le Fils de Dieu. » Il vient de parler de la résurrection, comme d'une oeuvre qui est l'œuvre de Dieu par excellence, et il laisse à ses auditeurs à tirer la conséquence qu'il était Dieu et Fils de Dieu. En effet ceux qui font usage de raisonnements, lorsque les propositions qu'ils avancent prouvent évidemment la vérité qu'ils établissent, se dispensent de tirer eux-mêmes la conclusion, mais pour rendre la victoire plus éclatante, ils laissent à leurs contradicteurs le soin de tirer cette conséquence contre eux-mêmes. Lorsqu'il a fait allusion précédemment à la résurrection de Lazare, il n'a point parlé du jugement, car Lazare n'est point ressuscité pour le jugement ; mais lorsqu'il parle de la résurrection générale, il y joint le souvenir du jugement : « Et ceux qui auront fait le bien en sortiront pour une résurrection de vie, et ceux qui auront fait le mal pour une résurrection de châtiment. » Il avait dit précédemment : « Celui qui écoute ma parole et qui croit à celui qui m'a envoyé, n'entre point en jugement ; » mais pour ne point laisser croire que la foi suffît pour être sauvé, il y joint ici la nécessité d'une vie pleine de bonnes œuvres : « Et ceux qui ont fait le bien en sortiront pour une résurrection de vie. »