Jean 5, 22
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
Car le Père ne juge personne : il a donné au Fils tout pouvoir pour juger,
Le Christ est Seigneur de la vie éternelle. Le plein droit de juger définitivement les œuvres et les cœurs des hommes appartient à Lui en tant que Rédempteur du monde. Il a " acquis " ce droit par sa Croix. Aussi le Père a-t-il remis " le jugement tout entier au Fils " (Jn 5, 22 ; cf. Jn 5, 27 ; Mt 25, 31 ; Ac 10, 42 ; 17, 31 ; 2 Tm 4, 1). Or, le Fils n’est pas venu pour juger, mais pour sauver ( cf. Jn 3, 17) et pour donner la vie qui est en lui (cf. Jn 5, 26). C’est par le refus de la grâce en cette vie que chacun se juge déjà lui-même (cf. Jn 3, 18 ; 12, 48), reçoit selon ses œuvres (cf. 1 Co 3, 12-15) et peut même se damner pour l’éternité en refusant l’Esprit d’amour (cf. Mt 12, 32 ; He 6, 4-6 ; 10, 26-31).
Seconde œuvre supérieure du Fils : le jugement. - Une nouvelle connexion de pensées nous est annoncée
par car : Au pouvoir de ressusciter correspond en effet celui de juger, que nous prendrons par conséquent au
moral et au figuré dans cette même série de versets (22-27). - Le Père ne juge personne... C'est-à-dire le Père
seul, à l'exclusion du Fils. L'expression grecque κρίνειν réunit trois notions : juger, séparer, condamner. Ici,
c'est la dernière qui prévaut, par opposition à vivifier. Cf. 3,17 et 18. - Mais il a remis tout (en avant d'une
manière emphatique) jugement au Fils. C'est le Fils qui est chargé de juger les hommes au nom du Père et en
son propre nom. Donc, à ce point de vue encore ils ont communauté et identité d'opérations. S. Jean se sert
fréquemment du verbe « donner » pour désigner les prérogatives du Fils de Dieu. Cf. v. 36 ; 3, 35 ; 6, 37, 39 ;
10, 29 ; 17, 2, 4, 22, etc. - Jésus avait affirmé plus haut, 3, 17, que « Dieu n'a pas envoyé son Fils dans le
monde pour juger le monde mais pour le sauver » ; se contredirait-il actuellement ? Non certes, car il parlait
seulement alors du but direct et immédiat de son Incarnation, lequel consiste dans le salut des hommes, mais
qui n'exclut pas le droit et le pouvoir de condamner ceux qui rejetteront le salut.
De même qu'il lui a donné la vie, c'est-à-dire qu'il l'a engendré vivant, ainsi lui a-t-il donné tonte puissance pour juger, c'est-à-dire qu'il lui a communiqué cette puissance avec la génération. II se sert ici du mot « il a donné,» pour éloigner toute idée qui exclurait la génération, ou supposerait l'existence de deux Pères. Il dit : « Toute puissance de juger, » parce qu'il est le maître de punir et de récompenser selon son bon plaisir.
On bien encore, Nôtre-Seigneur ne voulant pas que ces paroles : « Le Fils donne la vie à qui il veut, » fussent prises comme une négation de sa génération divine, et comme une preuve que sa puissance ainsi que sa nature ne venaient que de lui-même, il ajoute aussitôt : « Le Père ne juge personne,» etc. Dans ces seules paroles : « Il a donné tout jugement au Fils, » nous voyons tout à la fois la nature divine du Fils de Dieu et sa génération ; car la nature divine seule peut tout avoir, et celui qui est engendré ne peut rien avoir qu'il n'ait reçu.